Signes extérieurs d’intégrisme

Publié le 2 mars 2008 - par - 254 vues
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Le voile, la kippa, la croix, quand ils deviennent ostentatoires, n’ont pas à avoir droit de cité dans les écoles, les administrations et tous les espaces qui dépendent, de près ou de loin, de l’esprit et du fonctionnement républicain.

Les intégristes, les fanatiques, islamistes ou autres, sectateurs de ce totalitarisme religieux, qui, après ses grands frères nazis, fascistes et staliniens, renaît furieusement des cendres d’un XX° siècle que l’on avait enterré beaucoup trop tôt, tous ceux-là ont, en effet, des ennemis abhorrés : la démocratie, la liberté individuelle, le choc des opinions, le droit des femmes à disposer d’elles-mêmes, la possibilité de vivre sans le regard omnipotent et omniprésent de la police des cerveaux, des corps et des comportements. Le goût du plaisir, l’aspiration au bonheur et le choix souverain de sa propre vie sont, à la lettre, intolérables aux fondamentalistes qui ne souhaitent qu’une chose : retourner à la pureté originelle et cristalline d’une Inquisition de fer et de sang, d’hommes et de femmes entièrement soumis à une Loi écrite pour toujours.

Telle est la contradiction fondamentale entre ceux, croyants et non croyants, qui ont intériorisé la laïcité et considèrent définitivement que la religion appartient au domaine privé -celui du choix et de la liberté – et ceux pour qui Dieu ne peut être que partout régnant, et ses représentants maîtres absolus des conduites et des âmes.

Ceux qui croient naïvement, nouveaux compagnons de route et idiots utiles, que le choc des cultures et des civilisations n’existe pas, vont devoir remettre leur ouvrage. En rappelant que la laïcité fait, depuis plus d’un siècle, partie intégrante de l’identité française, nous faisons tout simplement notre devoir de citoyens. Le combat entre tentation totalitaire et liberté républicaine a repris. Sous d’autres oripeaux. Et il ne fait que commencer.

André Bercoff

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