Soutien aux sans-papiers et à Resf, le PS persiste et signe dans la démagogie

Publié le 2 février 2009 - par
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Nous avons déjà dénoncé dans Riposte laïque l’attitude incompréhensible d’élus de la République, qui osent parrainer des sans papiers et ainsi bafouer ostensiblement la loi sans d’ailleurs que cela ne suscite beaucoup de réactions de la part des Préfets.

Récemment, la direction du Parti socialiste a décidé d’apporter son soutien à l’appel fondateur du Réseau Éducation sans frontière qui demande la régularisation des élèves et des parents d’élèves sans papiers et appelle ses militants et ses élus à prendre part à l’action de RESF.

Cette attitude totalement irresponsable témoigne une nouvelle fois de la démagogie permanente de ce parti. Et pourquoi pas le soutien à l’appel des Indigènes de la République pendant qu’on y est !

Ayant accepté l’ultralibéralisme, abandonné la classe ouvrière depuis belle lurette, le PS veut ainsi satisfaire les bobos bienpensants qui forment la base de son électorat. Face à la montée du NPA de Besancenot, du parti de Gauche de Mélenchon et du parti des 1,96% (le PC faut-il le rappeler), la démagogie va y aller bon train pour ratisser à gauche de la gauche.

Nous avons déjà expliqué combien cette politique de soutien aux immigrés clandestins était un signal donné à tous ceux qui vivent mal dans leur pays, et ils sont nombreux, qu’ils pouvaient venir comme bon leur semble et s‘installer en France aux mépris des lois de la République.

Comme l’expliquait benoîtement François Pupponi, Maire de Sarcelles, dans l’émission C’ dans l’air : « dans sa ville, la population étrangère se renouvelle tous les dix ans. Comment condamner, disait-il, ces personnes qui font preuve d’une telle solidarité ? ». « Quand ils ont un logement, ils laissent une pièce à des cousins qui viennent, scolarisent leurs enfants e et bon an mal an, ils finissent par être régularisés. » Et jamais, au grand jamais, notre héroïque maire n’aurait l’idée saugrenue d’empêcher ces pauvres gens de s’installer en France mais intervient pour leur trouver un logement. Ce qui ne l’empêche pas ensuite de clamer que l’État n’apporte pas l’aide suffisante, de réclamer plus de mixité sociale, etc. etc. On connaît la chanson.

On s’étonne ensuite à l’ONZUS (Observatoire des zones urbaines sensibles dont il est membre d’ailleurs) que malgré de multiples et coûteuses aides de l’État, la situation ne s’améliore pas. Bien sûr, car c’est le tonneau des Danaïdes. Les aides multiples, souvent efficaces permettent à ceux qui s’en sortent de partir. Ils sont ensuite, grâce à la bienveillance des élus socialistes et communistes, remplacés immédiatement pas de nouveaux étrangers. Mais l’État paye… et ceux qui osent dénoncer cette situation sont comme on le sait, traités de racistes et autres aimables épithètes.

L’autre volet de cette politique maintes fois dénoncée, est d’inciter à faire des enfants. RESF prône la régularisation des parents d’enfants étrangers. Et que faire pour être parents d’enfants étrangers ? Faire un enfant et dans n’importe quelles conditions. Au lieu d’informer sur la contraception, on encourage plus ou moins implicitement à ce que ces adultes aient des enfants quelles que soient les conditions de précarité dans lesquelles ils vivent. Des parents en situation extrêmement fragile, sans logement ou dans des logements insalubres, sans ressources autres que celles tirées d’un emploi illégal (lorsque l’on travaille sans autorisation ou avec la carte de séjour de son cousin, on est dans l’illégalité faut-il le rappeler) sont incités à faire des bébés.

Toutes les organisations de charité (restaurants du cœur, secours populaire ou catholique) voient ainsi affluer des mères dont de nombreuses Africaines sans-papiers qui viennent chercher couches et petits pots. Ces associations feraient mieux de distribuer contraceptifs et préservatifs. Que pensez des conditions de vie d’un enfant conçu pour des obtenir des papiers ! Mais ce n’est pas le problème de RSEF ou du PS… Et puis pour ces petits enfants là, qu’importe Dolto et la psychanalyse. D’ailleurs le seul responsable, c’est l’État et aujourd’hui le méchant Sarko. Eux sont irresponsables, ils ont le cœur en bandoulière et qu’importent les conséquences sociales de leurs discours…

Pourtant avec la crise mondiale financière qui révèle l’absurdité des théories de l’ultralibéralisme et de la mondialisation, toutes les théories de libre installation et de libre circulation des immigrés doivent également être versées aux oubliettes. Depuis plus de trente ans, des experts proclamés, financés grâce aux subsides de l’État, de la Commission de Bruxelles ou du Conseil de l’Europe comme Catherine de Wenden par exemple qui a participé à l’Atlas mondial de l’immigration sorti récemment, ou Patrick Weil à qui le journal le Monde a offert une double page, ne cessent de tenir le même discours : vive l’immigration suivi de son corolaire vive le métissage et le multiculturalisme.

Ces thèse immigrationnistes sont clairement explicitées dans un rapport rédigé en 2006 à la demande du ministère des affaires étrangères et préfacé par le ministre Bernard Kouchner, rapport auquel a évidemment participé Catherine Witold de Wenden.

On y lit par exemple : « Les défenseurs du droit d’immigrer soulignent la contradiction entre la libre circulation des idées, des marchandises, des fonds et les restrictions à la circulation des personnes (le « paradoxe libéral », développé par James Hollifield ), ce qui pénalise le marché du travail et l’économie (proposition n° 222 du rapport Attali « accueillir plus de travailleurs étrangers ») et porte atteinte aux droits fondamentaux.

Ils insistent sur le fait que dans le contexte mondialisé du XXIe siècle, ceux qui circulent ont dans l’ensemble paradoxalement moins de droits que ceux qui sont sédentaires. La fermeture des frontières favorise les inégalités de développement, met fin aux mobilités séculaires des « norias » bénéficiaires aux sociétés de départ et d’accueil. Elle bloque, également, le dialogue culturel et l’échange économique, social et démographique entre les grandes lignes de fractures du monde (rives nord et sud de la Méditerranée, frontière américano-mexicaine, frontières de la nouvelle Europe avec ses voisins, frontière orientale de la Russie. ». « Mais notre rapport est en même temps solidaire d’une lecture plus large de l’environnement institutionnel. Il s’inscrit dans une sensibilité plus globale qui refuse de considérer que chaque nation peut aujourd’hui construire des choix souverains, dans l’ignorance de ses partenariats proches ou éloignés.

Certes, on peut pérenniser l’illusion de décisions discrétionnaires hexagonales : mais celles-ci sont alors trompeuses, artificielles et peu efficaces. Nous suggérons donc de nous inscrire dans une gouvernance globale, elle-même actualisée et rénovée, tenant compte des paramètres nouveaux, issus notamment de la mondialisation et de la complexité croissante des sociétés.

En cela notre étude et nos propositions relèvent aussi de ce renouveau du multilatéralisme, qui doit prioritairement tenir compte des transformations profondes opérées depuis 1945, date d’adoption de la Charte des Nations unies. Ce qui est vrai des migrations l’est tout autant de quantité d’autres enjeux sociaux : non seulement ceux-ci sont plus que jamais au centre des défis internationaux, mais ils supposent, de par leur nature, un multilatéralisme ouvert, impliquant les acteurs sociaux dans leur grande diversité, trouvant ainsi des relais forts au sein des sociétés civiles, élargissant la responsabilité au-delà des frontières classiques et convenues du politique. C’est cette gouvernance multi-acteurs qu’il convient, sur ce sujet, comme sur d’autres, de promouvoir. »

La lecture de ce rapport éclaire déjà ce qui se cache derrière le concept fumeux de gouvernance qui vise à remettre en cause la démocratie et la souveraineté des Etats et des peuples pour y substituer une démocratie des experts, pseudo participative. Les peuples, pour ces experts, ne sont ni assez compétents, ni assez intelligents pour décider des questions importantes comme l’immigration ou le traité européen par exemple. Il vaut mieux laisser faire les spécialistes.

Ensuite, on comprend bien comment les thèses immigrationnistes sont intrinsèquement liées à la mondialisation. Or, si les experts de la finance mondialisées sont justement mis en cause, on ne voit guère ceux qui ont prôné cette immigration libre et non faussée amorcer la moindre autocritique ! En France, les experts forcément de gauche et le PS, n’ont cesse de dresser des louanges à l’Espagne ou l’Italie où encore la Grande Bretagne qui ont fait venir des millions d’immigrés pour participer à la bulle immobilière. Et aujourd’hui que disent-ils, que font-ils ? Que vont devenir tous ces travailleurs immigrés ? Grossir le nombre des chômeurs ? Grossir les rangs des manifestations ? Qui va les défendre, ceux qui ont subi ces politiques irresponsables ?

En Grande Bretagne, les travailleurs commencent à protester. C’est même la libre circulation des travailleurs européens qui est mise en cause ! Les grèves se multiplient pour exiger d’abord le travail pour ceux qui sont sur place. Gordon Brown, Premier ministre socialiste à la mode anglaise les dénoncent comme racistes, et xénophobes.

Et quid du collectif guadeloupéen qui réclame la priorité à l’embauche pour les Guadeloupéens et le recrutement obligatoire de Guadeloupéens dans toutes les entreprises qui bénéficient d’aides publiques » c’est quoi sinon de la préférence nationale, de la xénophobie, du racisme ?

Que va dire le Parti socialiste ? Que pour les Antilles c’est normal mais qu’en France il faut soutenir l’immigration clandestine ? Et que disent l’UMP et le gouvernement : qu’il faut toujours prôner l’immigration de travailleurs malgré l’augmentation du chômage ? Éric Besson va-t-il continuer à négocier des accords de main-d’œuvre comme son prédécesseur Brice Hortefeux ?

Le travail, c’est la seule richesse des travailleurs. Ils n’ont pas d’actions ni d’obligations ; pas de bonus ni de parachute doré. Pendant la spéculation immobilière et boursière, leurs emplois ont été délocalisés. La chute du CAC 40 , la baisse de Wall Street, la faillite de Lehman Brother ils ne sont en rien responsables. Leur travail, c’est tout ce qu’ils ont pour vivre. Alors, ils veulent au moins garder ça pour eux. Et c’est ce que défendait la CGT du temps où elle défendait encore les travailleurs en 1921 et la solidarité internationale. Maintenant la CGT défend les clandestins qui ont pris le travail en acceptant des conditions de travail et de salaires inférieurs. Combien de salariés du bâtiment se sont faits licenciés pour être remplacés par des clandestins. Qui les a défendus ?

Gabrielle Desarbres

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