Strasbourg : 1,4 % pour le PMF de Mohamed Latreche, c’est 1,4 % de trop

Publié le 12 mars 2008 - par
Share

C’est un sacré bonhomme ce Mohamed Latrèche. Plus virulent qu’un Le Pen ou qu’un Maigret, il n’a jamais été condamné. C’est lui et non Alain Soral qui aurait dû conseiller son homologue Jean-Marie Le Pen lors des dernières élections présidentielles. Latrèche, contrairement aux politiciens de l’extrême droite chrétienne ou païenne jouit de l’impunité accordée à un prétendu exotisme islamique. Impunité qui prend sa source dans une logique paternaliste et qui s’est transformée en outil politique que se partagent tout un pan de la gauche et de l’extrême gauche et bien entendu, l’extrême droite du Parti des Musulmans de France dirigé par Latrèche.

C’est ainsi que petit à petit, le petit Le Pen grandit. Le lecteur non averti trouvera mes propos exagérés au regard du maigre score réalisé par le PMF aux municipales : 1,40 %. Rappelons seulement que le FN atteignait un score largement inférieur qu’il décupla en vingt ans au point d’être présent au second tour de la présidentielle en 2002.

Mais au delà de cette remarque dont l’intérêt n’est autre que de rappeler qu’un parti néo-fasciste commence à être dangereux dès qu’il dépasse le seuil de 0 %, il faut considérer l’importance de ce score au sein de la famille idéologique. Avec 2.84 %, le FN obtient à peine le double de voix du PMF. Strasbourg d’Abord, l’autre membre de cette belle famille fait moins bien avec 2.17 %.

Par ailleurs, la liste ethnique « Rendons notre ville plus dynamique, attractive, généreuse », pilotée quasi-exclusivement par des français d’origine marocaine n’obtient que 0.72 %. Elle est probablement victime de son ouverture aux « français de souche ».

Aux prochaines élections, Latrèche n’aura qu’à se servir s’il le décide. Il lui suffirait pour cela de soigner son image en cessant comme il a commencé à le faire, de se laisser photographier avec les néo-nazis ou de communiquer sur ses voyages à Damas.
Il pourrait même, à l’image de Slimane Tir à Roubaix, s’infiltrer chez les Verts (6.37 % à Strasbourg) qui ont toujours très mal caché leur stratégie pro-islamiste sous couvert d’une démarche multi-culturaliste, et au lieu d’appeler ouvertement au communatarisme, user de la rhétorique inspirée de Tariq Ramadan adoptée par les Verts et qui consiste à proposer d’appliquer la laïcité à la lettre. Entendez par là, conserver le contenant, et changer le contenu.

Cette perspective de rapprochement entre islamo-gauchistes, multiculturalistes et extrémistes musulmans se dessine depuis une dizaine d’années à Strasbourg. Aujourd’hui le déplacement des clivages gauche-droite et le recul sur la question laïque de la part de la majorité des organisations de gauche observée tant au niveau local qu’au niveau national, laisse entrevoir un aboutissement certain de cette éventualité.

C’est d’ailleurs pour éviter la question de laïcité qu’aucun candidat (hormis les extrémistes dont Latrèche) n’a évoqué la grande mosquée de Strasbourg. C’est d’ailleurs une caractéristique de l’époque : les débats sur la laïcité se tiennent aujourd’hui paradoxalement chez les extrémistes, et non plus chez les démocrates. Mais il n’y a rien de surprenant à cela, l’affaire Truchelut a démontré que la volonté de fermer le débat laïque est une véritable préoccupation, surtout à gauche.

Kebir Jbil

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.