Tariq Ramadan chez Ruquier, un imposteur qui a la barbarie en profession de foi

Publié le 29 septembre 2009 - par - 396 vues
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M. Ramadan, en raison semble-il du débat actuel en France sur la question de l’interdiction ou pas de la burqa, s’est vu invité plusieurs fois cette semaine sur les chaines du service public. Le 22 septembre à l’émission « Ce soir ou jamais » sans contradicteur il a pu parader et à « On n’est pas couché » l’émission de Laurent Ruquier samedi soir, il en est sorti avec un match nul et des applaudissements. Selon toute bonne logique, s’il avait été pour de bon mis en cause en évoquant ce qui se cache derrière son discours spécieux et un double langage, cet imposteur aurait du sortir de là démasqué et persona non gratta à la télé… Le problème est dans la forme comme le fond.

Pour M. Ramadan l’équité entre communautés doit remplacer l’exigence de l’égalité entre individus

Commençons par le fond. Quelle est la thèse de Monsieur Ramadan ? : A propos des exclusions sociales il oppose à la question de l’égalité qui renvoie à l’autonomie de l’individu et de la redistribution des richesses, la question des discriminations qui ramène à celle de l’équité entre des groupes ethnico-religieux victimisés. Une logique qui procède d’une autojustification et autoproclamation de ces groupes, qui ainsi une fois idéologiquement constitués, imposent de penser la question sociale uniquement à travers le prisme des discriminations et les communautés.

La défendre par des revendications conservatrices relatives à une façon de se comporter qui fait césure avec les traditions, droits et libertés du pays où ils vivent, et qui est en rapport avec une origine, s’en trouve justifiée et ainsi comme légitimement opposée à l’intégration, à l’assimilation (égalité de traitement et de droits des individus). C’est ainsi que le thème de la reconnaissance identitaire vient occuper le premier plan des préoccupations dans le débat sur les banlieues, légitimant par exemple le statut juridique inférieur de la femme et sa soumission aux hommes dans la religion musulmane, dont le foulard et la burqa constituent des symboles éminemment politiques.

C’est ainsi qu’une certaine gauche dont l’humanisme révolutionnaire est tombé dans un humanisme qui a perdu de vue toute analyse de classe, et se laisse manipuler jusqu’à défendre cette logique comme un mécanisme aveugle qui permet à l’islamisme de pénétrer la société française à la mesure de l’extension de la place du hijab et au bout qui compte à participer à saper les fondements sur lesquels reposent l’inaliénabilité des libertés individuelles et des droits.

La laïcité dénaturée : De l’intérêt général porté au-dessus des religions à l’imposture de l’égalité de leur traitement

Pour savoir à qui l’on a affaire avec M. Ramadan, il ne faut pas oublier de lui demander sa définition de la laïcité. Lors de l’une de ses conférences en banlieue parisienne à laquelle j’ai assisté, il la définissait à travers la critique qu’il lui portait de ne pas être respectée en France puisque les musulmans ne disposaient pas de mosquées comme les Français d’Eglises pour leur culte, ceci constituant à ses yeux la première des discriminations indigne de la France, pays de la liberté.

Il définissait ainsi la laïcité comme le traitement égal des religions et en appelait aux pouvoirs publics pour corriger cette « inégalité », s’attaquant directement au passage à la loi de séparation des Eglises et de l’Etat à travers la demande de financement public des mosquées comme élément de la politique de lutte contre les exclusions.

A cet argumentaire il n’est pas difficile d’opposer la définition de la laïcité dont nos institutions sont habitées, imprégnées, à savoir qu’elle est la volonté de porter au-dessus des différences la citoyenneté, comme condition politique de l’individu et partie de la souveraineté commune, les libertés individuelles et collectives, le bien commun. Les différences, religions ou origines n’étant pas niées mais soumises à cet ordre à l’intérêt général, interdite d’accès au politique, vivant ainsi d’autant mieux en bonne intelligence parce que garanties qu’aucune d’entre-elles ne prenne le pouvoir sur les autres.

Ramadan se dit contre la burqa mais est prêt à défendre la liberté de la porter : un imposteur qu’il faut démasquer !

Evidement, Ramadan dit être contre la burqa, mais être contre une loi, avec ce double langage sans complexe qu’on lui connaît, et qui, si on ne l’attaque pas de ce point de vue, lui laisse un boulevard. Il prétendait dans l’émission « On n’est pas couché » n’avoir pas été compris par Sarkozy lors de leur échange dans l’émission 100 minutes pour convaincre, où il avait parlé d’un moratoire sur le burqa, alors qu’il était aussi contre selon lui, cette idée de moratoire n’étant destinée qu’aux pays musulmans pour les faire progresser. Comme si on pouvait admettre le moindre compromis en la matière et laisser à côté de ce moratoire le reste de la charia, comme l’ablation d’un membre pour punition d’un vol ou la suppression physique pour le mécréant.
Accepter de rentrer dans ce jeu c’est accepter la manipulation ! Car, c’est un système barbare avec le quel il n’y a pas de compromis possible, qu’il est donc seulement question de combattre en lui opposant les droits de l’homme, l’égalité hommes-femmes. Pourquoi ne lui a-t-on pas poser la question de savoir pourquoi la religion musulmane est contre l’IVG ou l’homosexualité côté questions qui fâchent ?

Celles qui portent la burqa défendent un modèle de société que nous rejetons

L’émission « sept à huit » sur TF1 revenait sur ce sujet et dévoilait enfin de façon honnête ce que représente la burqa, ce qu’elle colporte comme dangers pour les libertés.

On suivait plusieurs femmes en burqa dont une ne pouvait se déplacer sans être accompagnée par un chaperon, le frère du mari en l’occurrence. La femme témoignait en disant que c’était son choix et qu’elle s’y soumettait, en raison de son appartenance à la tendance salafiste, les droits et libertés qui définissent dans notre société la condition des femmes étant ici totalement niés. Le mari de celle-ci interrogé explique qu’il est pour la lapidation parce que c’est dans sa religion et sa femme qu’elle préfèrerait vivre ne Arabie saoudite parce que là-bas, c’est de ne pas être voilée qui n’est pas normal.

Mais quelles sont les références de cette femme ? Récemment en Arabie saoudite on apprenait qu’une jeune femme de 23 ans enceinte à la suite d’un viol collectif a été jugée pour « adultère » et condamnée à un an de prison ferme ainsi qu’à cent coups de fouet qu’elle ne recevra qu’après l’accouchement. Ou encore, Khamissa, veuve de 75 ans qui vit dans le même pays a été condamnée à 40 coups de fouets et à 4 mois de prison pour avoir ouvert sa porte à deux jeunes hommes venus lui livrer des courses… (sources Clara Magazine, n° 113) Mais quel compromis possible pourrait-il y avoir avec ce genre de choses !

C’est bien cela qu’il faut rejeter, cette conception conservatrice de la religion du pire patriarcat que les femmes qui y sont soumises le soient de façon volontaire ou pas. C’est notre société qu’il faut protéger contre cela y compris contre celles et ceux qui en font propagande et créent un trouble de plus en plus patent à l’ordre public en raison de l’excès que ces pratiques d’affirmation publique d’une religion tournée contre nos valeurs communes manifeste, comme une provocation inacceptable tournée contre les libertés et les droits communs.

Une femme en niqab revendique de le porter comme sa liberté. Dans le reportage on nous explique que les meilleurs soutiens que trouve cette femme dans son quartier sont les catholiques très pratiquants. La caméra nous fait découvrir l’intérieur de l’appartement de l’une d’entre ses soutiens, où elles se voient régulièrement, avec crucifix et images de Jésus aux murs, qui disent à la jeune femme qui porte le niqab, « Bravo tu es courageuse… » sous-entendu, tu n’as pas peur d’affirmer tes convictions alors qu’en France on ne les respecte pas. En réalité et comme le commentaire le propose, la fracture a bien lieu entre ceux qui défendent la laïcité et religieux pratiquants qui ne l’ont jamais accepté de toutes religions, pour lesquels en réalité l’islam représente un véritable cheval de Troie contre nos libertés et la laïcité, la République et ses valeurs.

Au nom de liberté individuelle doit-on tout accepter, jusqu’à un univers de femmes totalement dépossédées de leurs libertés et de leurs droits, qu’elles le souhaitent ou pas, régi par les hommes au non de dieu ! Mais de quelle liberté relève ce type de comportement, celui de faire proliférer des sectes !

La laïcité est un combat sans compromis avec cette barbarie dont transpire la burqa

On voit toute l’imposture de Ramadan à travers ces témoignages accablants mais aussi l’absence de volonté de s’attaquer résolument à ce qu’il représente. Il n’est pas si difficile de la mettre au jour à condition de ne pas rester sur le terrain du débat à fleuret moucheté sous le signe d’une télévision au format de la bienpensance dans laquelle nous sommes installés qui interdit les véritables confrontations. Il ne faut pas le traiter en démocrate avec lequel on échange des idées mais comme un défenseur d’une des pires formes de la barbarie de notre temps ! Que ne nous avaient-ils pas invité sur le plateau de cette émission pour le mettre idéologiquement en pièces.

Si on devait voir passer la France du principe de l’égalité à celui de l’équité ce serait une défaite pour toute perspective politique de changement de la société, car l’équité est un système parfait pour le capitalisme puisqu’il inclut que la régulation des inégalités est fondée sur une grille de lecture des discriminations et non du rapport pauvreté-richesse.

Il suffit de mettre le prix pour s’octroyer les services des communautés, cela s’appelle le clientélisme qui est un des grands ressorts de la politique américaine et permet à ceux qui dirigent cette société de continuer de lui imposer le superpouvoir de la finance qui n’a rien à craindre du multiculturalisme. Le seul principe qui fasse peur au capitalisme, c’est l’égalité qui pose le principe que les richesses créées reviennent vers ceux qui les ont produites, soient redistribués selon l’intérêt général et non des intérêts privés de communautés concurrentes.

Oublier l’égalité, ce serait oublier un des grands progrès de la pensée lumineuse et universelle qui s’est fait jour dans l’ordre de la civilisation contre l’omnipotence de la religion, ce serait aussi enterrer notre monde derrière le seul principe immoral de l’argent roi devenu seul bien commun. Le bonheur ne sera jamais le fruit de l’addition des égoïsmes et des particularismes qui divisent le peuple. C’est pourtant à ce monde là que nous invite le communautarisme de M. Ramadan.

Réaffirmer notre République laïque, démocratique et sociale comme coup d’arrêt réponse à cette nouvelle barbarie en France de la religion

C’est le peuple auquel on doit ce que nous sommes, à sa détermination et à son courage, à son inventivité et à son sang. Ce sont les révolutions de 1789, de 1830, de 1848, de 1871 la commune de Paris, du Front populaire et de mai 68 à quoi nous devons nos acquis sociaux valables pour tous, ayant façonné un pays dans lequel nous vivons sans heurts bien que formés de populations d’horizons très divers, parce que le principe d’égalité y a toujours prévalu.

Si nous avions vécu en France sous le signe du multiculturalisme, jamais nous n’aurions ces acquis, ces droits qui sont les nôtres comme bien commun à défendre ensemble de la même façon dont ils ont été conquis, à égalité entre tous.

Retrouver le sens des valeurs communes dans cette période où elles sont attaquées par un contre modèle communautariste, passe par ce combat qui converge dans l’esprit de nos institutions inspiré par les grandes idées du Front populaire et du Conseil National de la Résistance, liberté-égalité-fraternité. L’enjeu immédiat est de réaffirmer par une loi interdisant la burqa notre République indivisible, laïque, démocratique et sociale, et par là-même le principe d’égalité comme pivot de note société.

L’enjeu du futur est aussi sans aucun doute de poussée la logique de notre République jusqu’au bout, en rétablissant pour toujours les religions et autres identités ou revendications à la reconnaissance d’une origine dans la sphère privée, afin qu’elles ne nous divisent plus, et qu’éclate au grand jour la portée universelle de notre contrat social.

Guylain Chevrier

historien

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