Un Dieu qui hait, le dernier livre de Wafa Sultan

Publié le 23 août 2010 - par - 1 459 vues
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Wafa Sultan nait en 1958 en Syrie, elle devient médecin et émigre en 1989 en Californie où elle devient psychiatre. Le jour où des individus cagoulés sont entrés dans sa classe à l’université d’Aleph et ont criblé de balles son professeur en criant “Allah ou Akbar” elle a remis sa religion et sa vie en question. En 2006 le Times la range parmi les 100 personnes les plus influentes du monde après un débat qui a été transmis par Al Jazeera pendant lequel elle, une femme, a osé dire à son interlocuteur, un homme musulman « taisez-vous, maintenant c’est à mon tour de parler »… du jamais vu…

Quand on lui demanda de préciser si elle prétendait vraiment que le choc des civilisations était celui entre l’arriération des musulmans et la civilisation moderne de l’Occident, tout le monde s’attendait à ce qu’elle balbutie quelques lieux communs pour éluder, mais au contraire elle répondit clair et net : “ Oui, c’est exactement ce que je veux dire” ce qui déchaina l’esclandre. Le film de cette transmission reste un must sur You tube . Cependant il n’y avait pas de quoi s’étonner puisque en tant que psychiatre vivant depuis plus de 15 ans aux USA, non seulement elle avait changé de mentalité, mais surtout elle avait fait une analyse psychologique de l’islam et des musulmans.

Dans son livre « Un dieu qui hait » Wafa Sultan explique que l’islam est né dans un désert dans lequel régnait une pauvreté extrême, la terreur de la mort à cause de la faim ou de la soif, des guerres continuelles entre les tribus pour s’approprier de l’eau et de la nourriture, guerres durant lesquelles on massacrait les hommes et on enlevait les femmes. (Il faut relire la poésie préislamique des Mu’Allaqat voir Wikipedia) Pour cette raison « la majeure partie de la biographie de Mahomet est constituée des récits de raids pour conquérir du butin et infliger des dommages aux victimes » (…) « Cette philosophie de rapine s’est ancrée fermement dans la mentalité des musulmans » (…) « La peur se mesure, dans le monde musulman, à la façon dont ils traitent leurs femmes (…) au point que non seulement il faut considérer les femmes comme sales, mais même considérer celui qui ne le croit pas comme infidèle qu’il faut tuer… » (…) “Le musulman est un homme qui a peur” (frightened man)

A peine arriva-t-elle aux USA qu’elle y « trouva plus de respect en tant qu’étrangère travaillant dans une station-service que comme médecin dans son pays natal » Quand elle eut acquis un usage suffisant de la langue elle repassa les examens pour pouvoir exercer en tant que médecin et elle se sentit embarrassée devant la « superficialité de ses connaissances dans les sciences du comportement et de la psychiatrie. (…) Je crois qu’on nous avait imposé des limitations parce que beaucoup était en contradiction avec les enseignements de l’islam et fut interdit aux étudiants de peur que nous puissions changer notre mode de penser. »

Wafa Sultan explique que le fameux « inshallah » c.à.d. « Allah le voulant » fait que le musulman ne dit jamais ni oui, ni non mais se réfugie derrière le « si Allah le veut » et donc n’assume jamais la responsabilité d’exprimer une opinion claire, comme si sa conscience avait été remplacée par les prescriptions religieuses . C’est ce qui rend si difficile le dialogue avec les occidentaux qui, au contraire, apprennent dès leur plus jeune âge que un oui est un oui et un non est un non et qui manque à sa parole est un lâche.

En outre les occidentaux valorisent la personnalité de l’individu au lieu de l’identifier à une religion . Il serait fort utile de communiquer ces analyses du Dr. Sultan à nos politiciens qui traitent les affaires étrangères…

Quelques citations : « Si vos femmes avaient décemment éduqué vos enfants, le Pakistan serait la Suisse de l’islam et vous n’auriez pas fini comme mendiants sur le seuil de l’Occident. » (…) « Ce n’est pas votre bêtise qui me fâche. Je regrette que l’Amérique autorise des idiots comme vous à la polluer. » (…) « Je n’ai pas d’espoir pour les musulmans, hommes ou femmes, qui vivent en Occident. Ils sont simplement hypocrites. Ils sont en train d’essayer d’avoir ce qu’il y a de meilleur des deux mondes. » (…) « Le concept de travail dans l’islam était réduit à la migration nomade, à la rapine, au butin et à la lutte pour la survie. » (…) « La société musulmane a été une société d’esclavage (…) d’obéissance aveugle… » (…) « L’individu n’a pas de liberté dans cette société et aucune privacy. » (…) « Les gens dans les pays islamiques sont en train de vivre une terrible lutte psychologique.
Ils sont fascinés par ce qu’ils voient et entendent au sujet de l’Occident et ils sont mécontents de leur situation dans leur pays. » (…) « Pendant que j’étais en train de déguster mon café (au Qatar) j’entendis (d’un hautparleur) le verset suivant (du coran) On récite encore toujours ce verset même s’il n’y a plus un âne ou un mulet au Qatar » mais des avions et de la technologie moderne… Plus triste cette histoire : « Si un occidental voit que le voisin a une voiture plus belle que la sienne, il prie dieu pour qu’il lui en donne une également belle, tandis que le musulman, quand il voit que son voisin a un chameau plus beau que le sien, prie dieu pour qu’il fasse mourir ce chameau… »

244 pages… pas pour juger, ni mépriser, ni polémiquer mais pour essayer de comprendre; pour que les occidentaux essayent de mieux comprendre les musulmans; pour que les musulmans comprennent comment ils sont perçus par un esprit musulman qui a assimilé la façon de raisonner occidentale mais aussi pour que les musulmans se regardent dans un miroir tout simplement pour se demander qui ils sont et pourquoi.

La psychiatrie a de beaux jours devant soi.

En effet jusqu’à présent les croyances, le comportement, les traditions des musulmans font l’objet d’articles, de livres, de transmissions radio-télé où sont surtout présents des religieux et des politiques mais rarement des historiens et des psychiatres qui pourraient expliquer les quand, comment et surtout les pourquoi.

L’exemple le plus simple, actuel et utile serait une psychanalyse des raison qui font que des femmes se sentent libres quand elles se cachent sous un tissus. Il serait tout aussi utile que le corps médical s’exprime clairement sur les risques pour la santé d’une vie privée de rayons UV ou d’une journée de travail sans boire, ni manger. Wafa Sultan n’est pas seule sur le chemin qui mène au-delà des manipulations religieuses ou des propagandes politiques, on connaît entre autres Ayaan Irshi Ali, Mukhtar Mai, Irshad Manji , Saïda Keller-Messahli, Jasmin el Sonbati, qui ont l’avantage sur les Anne-Marie Delcambre ou Mireille Vallette, d’être ou d’avoir été musulmanes et donc de connaître cette mentalité de l’intérieur. Islamophobie ? L’Occident n’a pas « peur » de l’islam mais il a le droit de dire, comme aux autres religions : « non merci, nous n’en voulons pas ». L’islam ne va pas détruire l’Occident, par contre en venant en Occident, l’islam s’est soumis à l’esprit critique occidental et ça c’est un chapitre qui ne fait que commencer.

“A God who hates” par Wafa Sultan – copyright 2009 St. Martin’s press

ISBN 978 0 312 53835 4

Anne Lauwaert

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