Un individu se torche avec le drapeau français : la Fnac récompense la photo !

Publié le 26 mars 2010 - par - 5 315 vues
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Selon l’édition niçoise du quotidien «Métro» paru le 19 mars 2010, un «jury de professionnels» du Marathon de la photographie organisé par la Fnac de Nice a décerné, dans la catégorie «politiquement incorrect», son «coup de cœur» à la photo d’un individu s’essuyant les fesses avec le drapeau français ! La photographie est signée Frédéric Laurent.

J’ignore qui est Frédéric Laurent, mais je sais déjà beaucoup sur le malotru photographié, et sur Frédéric Laurent lui-même, car les deux se confondent en ce qu’ils n’ont pas su ce qu’ils faisaient en faisant ce qu’ils ont fait. Leur acte, qui se veut l’archétype de la liberté véritable, nage en réalité dans la servitude. Savoir que l’on va choquer – mais sans risque ! – réduit le scandale à n’être qu’une mécanique obéissant aux dieux du moment. Et quels sont les dieux du moment ? Ceux d’une bienpensance qui ne sait plus que dire ni que faire pour que l’on parle d’elle, alors même qu’elle dicte sans cesse ce qu’il convient de dire et de faire.

Que faut-il donc dire ? Du mal de la France – évidemment ! –, pays raciste, colonialiste, nationaliste et pétainiste ! Du mal de la France, parce que les Maghrébins et les Africains y sont discriminés. Du mal de la France, parce que les Indigènes de la République sont la preuve vivante d’un colonialisme toujours présent, mais savamment dissimulé. Du mal de la France, parce que les couleurs de son drapeau sont celles du Front National. Du mal de la France, parce que le débat sur l’identité nationale a ravivé, en la justifiant, la période vichyste de son Histoire !

Et que faut-il donc faire ? Tout ce qui peut humilier la France ! Siffler son hymne est un bon début en la matière. Brûler son drapeau est mieux encore. S’en torcher est parfait !

Or, ce geste on ne peut plus grossier, et qui se croit révolutionnaire, est étranger à toute audace, car il n’y a d’audace révolutionnaire que par péril et nouveauté. Quel péril, en l’occurrence, sinon celui d’être applaudi par des sots ? Et quelle nouveauté, sinon celle du déjà-vu ? Ce qu’exhibe sous nos yeux cette pantomime idéologique n’est qu’un comportement puéril, que des rappeurs «niquant la France» ont conditionné de longue date. Si la France n’était pas le pays de toutes les libertés – y compris des pires ! –, cette photo n’aurait jamais vu le jour. Quel individu, aux Etats-Unis, en Turquie, au Maghreb ou dans je ne sais quelle dictature, envisagerait pareille exhibition ? Le photographe a-t-il eu seulement conscience des contradictions que contient sa mise en scène ? Il se veut libre, certes, mais utilise une grille imposante pour immobiliser le drapeau. Il pense avoir l’esprit ouvert en s’adressant à la France entière, mais choisit pour cela le recoin d’une rue, près d’un rideau fermé. Il se considère totalement indépendant, mais n’est pas seul pour réussir son cliché. Son complice est, à son tour, en contradiction avec le mépris de la France qu’il affiche dans son indécente posture : il est bien bâti, a des jambes musclées, des vêtements et non des haillons, bref, se porte physiquement comme un charme – qu’il doit à la France qui le porte ! Il est vrai que les victimes véritables de la France, et qui le sont dans leur chair, sont à mille années-lumière d’agir ainsi, et que ceux qui agissent ainsi sont à mille années-lumière d’être des victimes véritables de la France. Les deux compères prouvent donc, par leur entreprise commune, le contraire de ce qu’ils prétendent dénoncer : se ficher ouvertement d’un pays, ce n’est pas lui adresser un message ordurier, c’est l’ignorer souverainement.

Mais il y a plus grave : cette photographie – qui aurait dû rejoindre le panier à ordures d’où elle n’aurait jamais dû sortir – a été plébiscitée par un jury de «professionnels» ! Les autres photos étaient-elles politiquement si peu incorrectes et techniquement si peu satisfaisantes qu’elles aient justifié un tel choix ? Lesdits «professionnels» ont-ils plébiscité une photo ou eux-mêmes ? Dans le vide des valeurs où ces personnes ont coutume de se complaire, le scandale serait-il la valeur de référence ? Savent-elles au moins qu’un tel scandale est une authentique obscénité, puisque est «obscène» ce qui est de «mauvais augure» ? Nier à ce point l’emblème national n’augure rien de bon, en effet, ni pour les auteurs de cette ignominie, ni pour ceux qui ont décidé de les primer, ni pour les hauts placés qui couvrent de leur silence ce type d’agissement, ni pour ceux qu’une telle abjection réjouit, ni même pour l’avenir de notre nation, car l’avenir d’une nation commence par le respect de son passé.

Il est vrai qu’en son temps, un jury d’universitaires avaient donné son aval à la thèse négationniste de Robert Faurisson ! Et qu’avaient fait alors les autorités compétentes ? Elles avaient toléré qu’en niant les morts du génocide hitlérien, ils fussent tués une seconde fois ! Si Robert Faurisson fut un «faussaire de l’Histoire», les auteurs et les approbateurs de cette photographie le sont à leur tour de la nôtre, comme ils le sont de leur propre intelligence, faute d’avoir compris que le «politiquement incorrect» d’aujourd’hui consiste à aimer la France !

Maurice Vidal

Lire également le remarquable texte de Léon Landini, “Un torche-cul, le drapeau tricolore ?”

https://www.ripostelaique.com/Un-torche-cul-le-drapeau-tricolore.html

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