Un nouveau jeu : l’organisation du sifflage de Marseillaise

Publié le 1 décembre 2007 - par
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Mais enfin, combien de temps encore va-t-on se complaire à laisser humilier la France et son hymne national à l’occasion de matches de football dits « amicaux » entre l’équipe de France et celles d’Algérie ou du Maroc ? Quelle fausse naïveté pousse donc les responsables du football français à organiser ces sinistres cérémonies de haine anti-française ? A qui va-t-on faire croire que les organisateurs en question ne savaient pas que la Marseillaise serait copieusement sifflée à l’occasion du dernier France/Maroc ? Quelle dose d’angélisme fallait-il pour ignorer que cela se passerait forcément ainsi, que c’était désormais une règle du genre ?

C’est terrible à dire, et je vais être affublé des qualificatifs les plus infamants mais je m’en fous; c’est triste à dire, oui : il est stupide d’organiser ce genre de rencontres (« amicales ») par les temps qui courent, ou alors, c’est qu’on le fait exprès. C’est fournir à des dizaines de milliers d’imbéciles autant de bâtons pour se faire battre, c’est quasiment de la provocation à la provocation. On le sait d’avance, et on le fait quand même. Ce serait simple s’il ne s’agissait que de masochisme ou de naïveté, mais c’est sans doute un peu plus complexe. Passons.

Mais il ne suffit pas de se révolter comme je suis en train de le faire. Il convient d’ajouter autre chose, d’essentiel, que personne ne dit, dont les media se gardent bien de parler : c’est que les vrais Marocains ou Algériens, ceux qui sont nés là-bas et sont venus en France pour travailler, ont honte de ces rejetons ignobles qui sifflent l’hymne de leur pays d’accueil. Car les siffleurs, les baveurs de haine sont tous nés en France. J’ai eu l’occasion de m’entretenir à ce sujet avec un Algérien, qui allait jusqu’à me dire : « En France, quelquefois, je me sens regardé de travers, et je le comprends. Cette génération née en France nous fait un tort énorme ». Ceux que j’appelle les « vrais Algériens ou Marocains » ne trouvent, à l’inverse de nos bobos et autres intellos de tous acabits, aucune excuse aux siffleurs de Marseillaise.

Ce ne sont donc pas que les Français qui sont visés et blessés. Voilà ce qu’il ne faut pas oublier de dire. Nos amis Algériens ou Marocains le sont aussi, et peut-être finalement le préjudice moral qu’ils en retirent est-il plus douloureux encore que le nôtre. Et malgré tout, on recommence, on en redemande. Les leçons de l’histoire sont systématiquement oubliées. Du moins celles que l’on veut bien oublier.

Yves Pialot

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