Un regard sur Bruno Etienne très différent de celui de Xavier Ternisien

Publié le 9 mars 2009 - par - 2 026 vues
Share

La rubrique Carnet du Monde (daté du 06/03) annonce la mort de l’islamologue Bruno Etienne sous la plume de Xavier Ternisien, qui renoue pour la première fois avec le sujet « Islam » depuis son remplacement par sa collègue Stephanie Le Bars et son affectation à la rubrique « Collectivités territoriales » où il est peu probable qu’il puisse exercer ses talents de soldat de l’islam comme il l’a fait pendant des années.

Rappelons pour mémoire que Xavier Ternisien a brossé le portrait le plus élogieux du Cheikh Youcef El Qardawi, intégriste millionnaire, polygame sévissant sur la chaîne El Djazira (captée par des milliers de foyers en France), expliquant comment « bastonner » les femmes, suivant les commandements de l’islam en Europe, sans se faire prendre (ne pas laisser des traces visibles par un médecin infidèle susceptible de fournir un certificat médical), lequel cheikh, ami de Ramadan, fut reçu par l’ancien maire de Londres, Ken Livingstone, et annonça, en 2002, la conquête de l’Europe par l’islam :  » Grâce à vos lois démocratiques, nous vous envahirons, grâce à nos lois religieuses nous vous dominerons (NB texte publié par MEMRI, dépêche 447).

Bien entendu, aucune de ces informations antérieures à l’article de Xavier Ternisien ne filtra dans son article.

Dans le présent article (Nécrologie de Bruno Etienne), Ternisien, fidèle à sa méthode, opère encore escamotage, oblitération et édulcoration de parcours.

Bruno Etienne commença son parcours en Algerie comme « Pieds rouge », européens de gauche engagés dans l’aide aux pays nouvellement indépendants, et censés « régénérer » les vieux pays capitalistes blancs, suivant un certain Sartrisme et Fanonisme (Frantz Fanon).

A l’Université d’Alger, il fut plus fasciné par les ancêtres de l’islamisme (Malek Bennabi), hostiles, par principe, aux Européens (non musulmans…) que par les impuissantes et balbutiantes forces de gauche laïques. Un flou entoure son départ (forcé disent certain) : désaccord avec les autorités ? Découvertes que les « damnés de la terre » ne correspondent pas à la projection qu’il s’en fait ? Dans tous les cas, le comptenteur du colonialisme, à fibre socialiste, préféra « s’orienter » vers l’islam, il ne s’y trompa pas, cela devint un « Trend », une lourde tendance dans la recherche, où les plus malins purent bâtir de solides carrières, en suivant la direction du vent.

On ne sait pas exactement à quel moment il se convertit à l’Islam, développant une véritable idolâtrie à l’endroit de l’émir Abdelkader, dans ses écrits et prises de parole, incompatible avec l’esprit objectif et scientifique du politologue, islamologue qu’il est (ou pretend être).

Ce qui ne l’empêche pas de rechercher la compagnie des puissants : il était membre du très sélect club hippique BAYARD, au Maroc, où se rencontre la crème de la crème de la haute bourgeoisie marocaine.

Après l’islam radical, la machine éditoriale tourne à fond et les titres se succèdent : tous sur l’islam, « panachés » par moment par un ouvrage sur le bouddhisme.

Mais c’est lors de la « crise algérienne » que lui et ses disciples (étudiants formés par lui) Jocelyne Cesari, François Burgat, qu’on ne présente plus, squattèrent les Télévisions, journaux, s’ acharnant à défendre le FIS (surnommé en Algerie, le Front des Insatisfaits Sexuels à cause de leur obsession des femmes), indifférents aux communistes, syndicalistes qu’il côtoya quand il fut à Alger. Quand aux féministes, comme Khalida Messaoudi, elle fut traînée dans la boue par un François Burgat enragé (l’ami de Tariq Ramadan continue sur cette voie).

Dans une interview donnée au psychanalyste franco-tunisien Fethi Benslama (L’islam à l’épreuve de la psychanalyse), Bruno Etienne affirme sans rire :  » le colonialisme a rendu fou le colonisé », niant le rôle de folies plus graves, plus séculaires et plus destructrices…

La première guerre du Golfe le vit mettre sur le marché un opuscule : « Ils ont détruit Babylone » dont le préfacier n’est autre qu’un collègue à lui, le franco-tunisien Mustapha Khiati, guère critique…

Bruno Etienne, qui a maintenu intact son aveuglement sur les régimes arabes, n’a jamais condamné le gazage des Kurdes par le « Maître de Babylone », ni les inter-liquidations (arabe contre arabe, berbère, kurde), seule l’agression venue de l’occident est condamnable.

Ses apparitions à la télévision, son soutien inconditionnel à l’islam fut généreusement récompensé (un oubli sans doute de M. Xavier Ternisien ?). La riche et puissante chaîne El Djazira en fit un consultant !!!

Son livre sur L’émir Abdel Kader « Abdel Kader le magnanime » est un monument d’idolâtrie, d’islamolatrie : perdant tout sens de la mesure, il fit de ce résistant à la colonisation française en Algérie (un parmi tant d’autres), tôt rallié à la France, bardée de médailles par Napoléon III, comblé de généreuses pensions pour pourvoir à ses nombreux rejetons (il laissa NEUF veuves à sa mort !).

Mais c’est l’introduction qui inquiète quant à la santé mentale (lui qui parle du colonisé devenu fou) de Bruno Etienne : expliquant qu’il a suivi son parcours – comme une groupie transie suit sa rock-star – passant par par tous les endroits où l’émir a séjourné : Mascara (Algérie), différents châteaux en France, la Turquie , l’Egypte et enfin la Syrie où il fut enterré.

Et là, il explique : « J’étais dans la mosquée de Damas (priant) et là la figure de l’émir m’apparut et me dit :  » Oh Stephanus Ibn AL awal (Etienne fils du premier…), écris, écris, mais ne dis pas tout, car le moment n’est pas venu, …. etc. etc. », ça continue sur le même topo…
Bruno Etienne remercie aussi (entre autres) la petite descendante (sic) des sultans d’Andalousie, et nous abreuve d’une logorrhée sur les merveilles de l’occupation musulmane de l’Espagne … les femmes, les esclaves, les chrétiens et juifs dhimmis, payant l’infâme taxe (djizya) apprécieront.

Il termine en signant non pas Bruno Etienne, mais un « code » digne des sectes ésotériques : SHO DAN Stephanous Ibn Al Awal.

Pour un auteur dont un livre porte le titre « La science politique est-elle une science ? » il y’a lieu de se poser des questions sur la crédibilité et la scientificité d’un politologue qui dirige l’IEP d’Aix-en-Provence !!!

Soutien inconditionnel de Tariq Ramadan, tirant à boulets rouges sur Caroline Fourest, il se discréditera définitivement en acceptant de faire partie du jury qui examina la « thèse de doctorat » de Ramadan consacrée à son grand-père, le fondateur intégriste des Frères Musulmans, un monument hagiographique, ramassis de la vulgate intégriste, présenté comme un réformiste !

Il n’y eut pas grand monde pour vouloir « examiner » ce travail dénué de valeur universitaire, l’islamologue franco-Algerien Ali Merad, spécialiste du réformisme, pressenti, refusa de siéger dans le jury, le militant de l’islam qu’est Bruno Etienne le cautionna !

Peu après les attaques du 11/09, Bruno Etienne présenta son livre « Les amants de l’apocalypse » à la Fnac Montparnasse.

Ayant lu le livre, révulsée par son parti pris, pleurnichant les pauvres terroristes « orphelins de père depuis la mort de Nasser » et le choix tendancieux des versets coraniques visant à occulter les appels à la violence de ce livre, je lui posais une question sur ses liens avec Ramadan. Il esquiva et j’eus droit à un regard haineux en guise de réponse. Il informa un public largement acquis à sa cause qu’il est protestant et que sa femme est de là bas (Algérie). Le message, quoique mensonger, fut bien reçu par le public masculin « arabo-islamique » : marié à une femme « de là bas » = obligation de se convertir. Traduire : je suis un musulman (de passé protestant). La vérité est autre : Bruno Etienne est marié à une « pied noire » d’Algérie, non musulmane, sa conversion s’est faite en dehors de cette contrainte islamique !

Je vous laisse sur son affirmation la plus surprenante (et la plus grave) : L’Algerie, le Maroc et la Tunisie doivent faire partie de l’Union Européenne !!!

A méditer.

Oum Kirfa Christiensen

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.