Le débat sur le voile ne doit pas s’arrêter à la burqa

Publié le 15 juillet 2008 - par
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La décision du Conseil d’Etat de refuser la nationalité française à une Marocaine portant une burqa est à féliciter ! Pourtant, elle ne doit pas nous faire oublier que la question du voile ne saurait être ignorée plus longtemps du législateur. En conséquence, ceux qui pensent qu’aujourd’hui, « le voile n’est plus le problème » se trompent du tout au tout !

Le voile est l’ancre de l’islamisation : c’est l’oriflamme que l’armée des intégristes impose au vent de la République pour bien marquer son implantation en terre infidèle. L’afficher dans sa forme intégrale, c’est s’assurer qu’en en diminuant la surface, on en augmentera plus aisément le nombre ! Voilà pourquoi, en France, il y a la burqa.

Or, en France, il y a pire que la burqa ! En effet, certaines femmes portent un voile noir et opaque, couvrant l’intégralité du visage, sans la moindre fente devant les yeux, la bouche ou le nez : comme elles ne peuvent voir, contrairement à la burqa qui offre au moins (sic !) un grillage, leur mari ou un homme de leur famille les tient par la main lorsqu’elles sortent dans la rue !

Mais il y a pire encore que ce pire dans l’idée que le voile ordinaire deviendrait acceptable parce qu’il permettrait d’identifier celle qui le porte. A cette énormité, nous devons répondre que, par delà les contingences de sa taille, de sa forme, de sa couleur ou de son appellation, le voile discrimine et exclut ! Il discrimine doublement – puisqu’il ne concerne d’abord que les femmes, et ensuite que les musulmanes – et exclut radicalement : en incluant sur son sol le port du voile, la France inclut l’exclusion dans l’espace public !

Comment donc ne pas reconnaître le truisme selon lequel le voile est contraire aux valeurs élémentaires de la République ? Et comment, de ce fait, ne pas dire haut et clair qu’il n’a rien à faire dans l’espace public européen ?

Un pays musulman l’est à ses signes : le voile en est un ! Autant dire que le port du voile est la marque la plus nette de l’alignement de notre société sur les valeurs de l’islam ! Ce que certains qualifient d’« évolution sociale » relève en réalité d’une « involution partiale » : le voile est inséparable de la surveillance rigoureuse – pour ne pas dire rigoriste – qu’exercent d’abord les grands frères, ou un frère plus jeune, puis les parents, sur le sexe féminin communautaire, l’essentiel étant que ce dernier soit le moins accessible possible au monde extérieur. Le comportement se calque donc sur le vêtement, et le vêtement sur le comportement, car costume est coutume, et coutume est déjà loi. La fillette (!), l’adolescente, l’épouse, la mère, et même la grand-mère doivent porter un vêtement ample, qui couvre le corps de haut en bas, afin de n’éveiller aucune concupiscence. Naturellement, le visage ne saurait souffrir le moindre maquillage, tout maquillage étant une façon de désobéir ! Le voile parachève cette logique.

Or, c’est manquer de logique que d’accepter cette logique ! Comment se peut-il, en effet, qu’un tel signe soit jugé négativement à l’école et dans les administrations, où il est interdit, et ne le soit plus dans la rue, où il est autorisé ? Par suite, sur quoi reposerait le péril que représente sa multiplication ? Qu’est-ce qu’une autorisation sensée qui deviendrait insensée en faisant des émules ? Ou bien le voile est la manifestation d’une valeur, c’est-à-dire d’un principe universalisable sans contradiction, et l’on ne voit pas pourquoi il serait interdit alors qu’il prolifère ; ou bien le voile est la manifestation d’une non-valeur, c’est-à-dire d’un principe qui ne saurait s’universaliser sans contradiction, et l’on ne voit pas pourquoi, bien qu’il prolifère, il ne serait pas interdit !

Mais plus grave que ce manque de logique est la peur qui le fonde : nos intellectuels et responsables politiques crèvent de peur face à l’islam ! Aucun ne veut passer pour un affreux islamophobe, et tous se contorsionnent comme jamais avant d’interdire mollement ! Voilà pourquoi nous prohibons le port du voile à l’école, sauf pour les parents, ou pour des élèves se rendant dans un établissement scolaire autre que le leur. Voilà pourquoi un « spécialiste » de l’islam comme Olivier Roy (qui fut invité par l’UOIF au Bourget en 2005), déclare, dans un article du “Monde” daté du 15 juillet, que le port de la burqa « comporte un effet de provocation, qui, en outre, n’a aucune base dans la charia ». Mais il oublie que le voile est déjà une provocation ! Mais il omet de dire qu’avec le voile – et pas seulement avec la burqa – « on franchit déjà une ligne » !

Ce Monsieur ose prétendre que le fait de ne pas donner la nationalité française à cette femme ne la protègera pas contre son mari. Autrement dit, pour mieux la protéger, donnons-lui la nationalité française, et merci à sa tenue islamisante qui le permet ! Ce sont les mêmes arguments qui étaient utilisés pour amener la société française à accepter le voile à l’école : acceptons le voile, et l’éducation fera le reste !

N’en déplaise à ce Monsieur, la charia ne regarde que l’islam, ce qui signifie que les lois de la République n’ont pas à se déterminer par rapport à la loi islamique. Ce serait trop d’honneur pour cette dernière, et cet honneur serait notre malheur. Peu importe donc que dans les pays musulmans, la burqa ne soit pas la norme : nous sommes en France que je sache ! Que la burqa soit ou non « une reconstruction religieuse » n’éclaire en rien l’attitude que nous avons adoptée depuis la fameuse affaire de Creil où, peu après la rentrée scolaire de 1989, trois adolescentes du collège Gabriel-Havez ont défié les lois de la République en refusant d’ôter leur hidjab.

Dans cette affaire, n’était-ce pas Ernest Chenière, Principal du collège et premier opposant au voile, qui avait raison, et la gauche et les mouvements anti-racistes qui avaient tort ? Et n’est-ce pas lui qui a été remercié ? Ce remerciement n’a-t-il pas été interprété par les islamistes comme un « feu vert » de la République à leur endroit ? Ne jaugent-ils pas, depuis, notre degré de résistance à leurs constantes revendications ?

Dans cet article du “Monde”, l’inimitable François Hollande, tout en se félicitant de la décision du conseil d’Etat, se veut rassurant pour les islamistes : il ne faut surtout pas légiférer (les imams adorent la bien pensance socialiste …) !

Si les islamistes ont fait du voile un symbole, c’est parce que ce symbole est on ne peut plus clair : fermons les yeux sur le voile, et nous devrons les fermer sur tout, même sur notre disparition ! Si nous les ouvrons, au contraire, nous constaterons que le voile est le fer de lance des djihadistes, et que les femmes qui le portent sont des combattantes – manipulées pour certaines, volontaires pour d’autres – mais œuvrant, chacune à sa place, au succès d’une conquête pleinement consciente des significations qu’elle véhicule. Car ces femmes savent parfaitement ce que le voile traduit : d’abord la supériorité de l’homme sur la femme, qu’elles ne semblent point contester ; ensuite la diférence de la femme musulmane par rapport à la femme non-musulmane, qu’elles ne contestent point ; enfin le refus du pays d’accueil, dont elles acceptent les principes d’accueil tout en refusant d’en accueillir les principes !

C’est donc pour lutter contre la valorisation islamique de notre dévalorisation républicaine – qui s’illustre aujourd’hui par l’inégalité homme-femme volontairement affichée, et plus encore par cette émigration permanente à l’intérieur même de l’immigration – qu’il faudra, comme nous l’avons fait pour l’école en 2003, arriver à imposer un débat en France sur la question du voile, et ne pas avoir peur d’envisager son interdiction dans tous les lieux publics.

Tout autre discours n’est qu’un discours, c’est-à-dire une esquive ou une sottise. L’esquive consiste ici à rappeler qu’il existe, en France, un courant salafiste qui prône une pratique rigoriste de l’islam, et la sottise consiste à poser la question de son acceptation par la société française. S’il existe un courant salafiste, à qui la faute, sinon à ceux qui laissent faire par excès de lâcheté citoyenne?

Lorsque notre collaboratrice Brigitte Bré Bayle et plusieurs militants associatifs et politiques alertent, quelques jours avant les élections, les deux principaux candidats à la municipalité de Marseille sur la multiplication des burqa dans la cité phocéenne, pourquoi n’obtiennent-ils aucune réponse de Messieurs Gaudin et Guérini ? Que font les associations laïques et féministes, pourtant si nombreuses dans notre pays, face à la progression visible de l’intégrisme islamique dans la rue ? Pourquoi sanctionne-t-on les chefs d’établissement ou les enseignants qui ont le courage de s’opposer aux accompagnatrices voilées ou aux mères voilées ? Comment a-t-on osé condamner Fanny Truchelut, qui souhaitait ne pas voir de femmes voilées dans les parties communes de son gîte des Vosges, par respect pour les clients de toute confession qu’elle était amenée à recevoir ? Comment une femme brillante comme Caroline Fourest peut-elle dire que la rue relève de la sphère privée, et se perdre en des arguties sur la « sphère publique » et la « sphère privée » au point d’approuver les quatre mois de prison avec sursis ainsi que les 1000 € d’amende et les 7490 € de dommages et intérêts requis à l’encontre Fanny Truchelut dans l’affaire susnommée ?

Il est si facile d’intellectualiser ! Il est si facile de dire, comme Olivier Roy, que les comportements sectaires tels qu’on les rencontre chez les salafistes existent aussi dans le christianisme ou le judaïsme, comme si la France et L’Europe avaient des problèmes majeurs avec ces deux religions ! Qui a condamné à mort Mohamed Sifaoui, Robert Redeker, Ayaan Hirsi Ali, Taslima Nasreen, Mina Ahadi ? Qui a exécuté Théo Van Gogh ? Nous n’avons de problèmes majeurs qu’avec l’islam parce que les valeurs islamiques ne sont pas temporelles, et ne sont pas prêtes à le devenir. En d’autres termes, l’islam n’est pas soluble dans la démocratie. Ne pas le comprendre, c’est faire le jeu de l’offensive islamique dont le but est de remplacer le droit français par la charia. Comment ne pas entendre ici le cri des laïques musulmans eux-mêmes, tels Abdenour Bidar, Kébir Jbil, Rachid Kaci ou Mohamed Pascal Hilout, qui tentent désespérément de nous mettre en garde contre cette évidence ?

Le député UMP des Yvelines, Jacques Myard a eu le courage de proposer, en mai 2006, une loi contre toute tenue ne permettant pas l’identification, dans la rue, de la personne qui la porte. Anne Zelensky, Michèle Vianès, Annie Sugier et Pierre Cassen ont lancé, l’an passé, une pétition pour interdire la burqa dans la rue, et le voile pour les mineures et à l’université. Ces initiatives courageuses ont eu le mérite d’exister, et de briser le mur du silence sur une question taboue. Mais nous ne pourrons plus longtemps occulter la vraie question : l’ampleur de l’offensive du voile nécessitera un vrai débat de société, au terme duquel devra jaillir une décision ferme pour mettre fin à cette provocation sur le territoire français. Sinon, cela veut dire que la République, auteur d’une si belle loi en 1905, n’aura pas su défendre l’esprit de cette loi, un siècle plus tard, face à une offensive religieuse venue d’ailleurs.

Quand le 1er avril, Riposte Laïque, sous forme de poisson d’avril, fait un édito disant que Nicolas Sarkozy interdit le voile en France, et abroge le concordat d’Alsace-Moselle, nous avons été surpris par le nombre de lecteurs qui nous ont dit : “Si seulement cela était vrai !”

Arrêtons donc nos hypocrisies ! Arrêtons nos atermoiements ! Arrêtons de désespérer ceux qui, sous la férule de l’islam militant, regardent vers l’Europe comme les Hébreux regardaient vers le pays de Chanaan ! Soyons fiers de notre histoire, de ce que nous sommes, et sachons dire « non » à ce qui nous fait offense, sans donner d’autres raisons que celles de nos lois !

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