Une large majorité d’Européens pour la « préférence nationale »

Publié le 23 mars 2009 - par
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La plupart des personnes dans chacun des cinq plus grands pays membres de l’Union Européenne souhaitent que les immigrés quittent leurs pays si elles n’ont pas de travail. Cette vérité est difficile à entendre, à l’heure où les partisans de la « préférence nationale » sont désignés comme « racistes » dans notre pays (1), et tandis que l’Etat lance une grande campagne pour la « représentation de la diversité ».

Voyons les chiffres, donnés par un sondage réalisé par l’institut Harris pour le Financial Times (2) entre le 25 février et le 3 mars 2009 sur 6538 adultes en Allemagne, en Espagne, en France, en Italie, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis (3).

A la question : « Etes-vous favorable ou opposé à ce que votre gouvernement demande aux immigrants de quitter le pays si ils n’ont pas un emploi ? », les réponses sont les suivantes :

– Favorable : 70% en moyenne pondérée, dont 79% en Italie, 78% en Grande-Bretagne, 71% en Espagne, 67% en Allemagne, 51% en France. Notons qu’en Italie et en Grande-Bretagne, la majorité (51%) est même fermement favorable.

– Opposé : 22% en moyenne pondérée, dont 35% en France, 26% en Allemagne, 23% en Espagne, 15% en Italie, et 14% en Grande-Bretagne.

Notons que la question ne précisait pas s’il s’agissait d’immigrants européens ou extra-communautaires. Mais une autre question remet partiellement en cause la libre circulation des travailleurs au sein même de l’Union Européenne : « Etes-vous favorable ou opposé à ce que les citoyens des autres pays de l’UE puissent accéder au marché de l’emploi de votre pays ? »

– Favorable : 46% en moyenne pondérée, dont 59% en Italie, 53% en Espagne, 45% en France, 43% en Allemagne, 33% en Grande-Bretagne.

– Opposé : 43% en moyenne pondérée, dont 54% en Grande-Bretagne, 49% en Allemagne, 41% en Espagne, 37% en France et 33% en Italie.

Notons également que les Français sont les plus « sans opinion » : 13% à la première question, et 18% à la seconde.

La « préférence nationale » que démontre ces chiffres traduirait-elle une critique du libéralisme économique ? Pas vraiment, puisqu’une autre question montre que 36% des Européens sondés approuvent le libre-échange économique (free trade en anglais) et 18% le désapprouvent. Et parmi les plus favorables, on trouve les Allemands (49% contre 11%), les Britanniques (36% contre 10%) et les Italiens (35% contre 24%). On comprend d’ailleurs que les Allemands, qui exportent plus que les autres, ne tiennent pas au protectionnisme. Ni les Britanniques, traditionnellement libéraux sur le plan économique.

Le différentiel des résultats entre les deux questions, même si celles-ci ne sont pas rédigées en termes analogues, montre que les Européens souhaitent une inégalité de traitement entre les immigrés provenant de pays européens et ceux provenant d’autres pays. Il faudrait également affiner la perception de la notion d’étrangers, puisque le sondage parle d’immigrés (immigrants en anglais), ce qui laisse un certain flou sur le fait qu’il s’agisse d’immigrés de première génération ou que cela inclut également leurs enfants.

Ce sondage fait froid dans le dos. Il contredit les discours selon lesquels « l’immigration est une chance pour la France » (ou l’Europe), et l’idée généralement admise que les étrangers devraient avoir les mêmes droits que les nationaux. On peut y voir un réflexe de défense et de repli face à la crise et à la peur de perdre son emploi.

Il est en tout cas fort dommage que la presse française n’ait quasiment pas fait écho à ces chiffres alarmants. Ce n’est pas en cachant les réalités qu’on peut y faire face. Comment peut-on prôner la « diversité » dans les entreprises en faisant semblant d’ignorer que les gens y sont majoritairement favorables à la préférence nationale ? Se boucher les yeux et les oreilles ne peut qu’accroître la « fracture » entre le peuple et ses élites.

Djamila GERARD

(1) http://www.ripostelaique.com/Protectionnisme-preference.html

(2) FinancialTimes_HarrisPoll_GlobalOmnibus_Eurotables_Mar09.pdf

(3) Soit plus de 1000 personnes par pays. Pour l’Europe : 1060 en Allemagne, 1098 en Espagne, 1067 en France, 1030 en Italie et 1226 en Grande-Bretagne

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