Vers la création d’un label « certifié 100% ni halal ni casher »

Publié le 17 août 2010 - par - 276 vues
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Comment pourrait-il y avoir un marché halal parallèle compétitif, que ce soit au niveau du prix ou bien au niveau de la qualité de la viande dans le cadre d’une production et d’une distribution de masse, compte tenu de la taille réduite de ce marché, de ses contraintes en personnel musulman qualifié et autres taxes islamiques spéciales reversées aux associations musulmanes ?

De fait, l’hypothèse de faisabilité compte tenu des contraintes énormes de ce système, en sachant que l’on augmente considérablement les pertes d’invendus qui bien évidement ont un coût non négligeable, ne peut se faire qu’en étendant la distribution à l’ensemble des consommateurs non musulmans, afin de diluer touts les coûts et charges, les faisant supporter par l’ensemble de la société civile indifféremment de sa sensibilité.

Les pertes d’invendus ne se limitent pas seulement aux seules chaînes d’abattage et de distribution, mais également à la difficulté des différents établissements à gérer au cas par cas des types de viandes différentes obéissant strictement à certaines règles, que ce soit au niveau du stockage, de la distribution, comme sur le plan de la transformation, explosant les contraintes de manutention.

On s’aperçoit très clairement que le marché halal réunis toutes les caractéristiques du produit de luxe, destiné à une population relativement réduite en comparaison avec la taille globale que représente l’ensemble du marché, toutes qualités et variétés de viande confondues. Pas besoin de rentrer dans des analyses complexes, il suffit juste de faire la comparaison avec les viandes casher qui pour toutes ces raisons ont un prix exorbitant pour la communauté juive, prête à payer très cher pour ce type de consommation, ce qui n’empêche en rien les polémiques sur le caractère vraiment casher de la viande en comparaison avec les prix élevés qu’ils doivent payer, comme on peut le voir dans cet article du jssnews.com : http://jss.over-blog.com/ext/http://jssnews.com/2010/03/21/le-casher-nest-pas-cher/

Nous sommes de fait devant une aberration économique, défiant ainsi toutes les lois de l’offre et de la demande, de ses multiples contraintes dans tous les aspects. Or le seul contournement possible afin de résoudre ces problèmes consiste à une généralisation de la viande halal comme la norme de consommation de masse étendue à l’ensemble de la population. Le but étant de ratisser le consommateur le plus largement possible, faisant ainsi grossir au maximum le marché, afin d’obtenir le moindre coût tant pour les professionnels, comme pour le client.

Cette analyse pragmatique n’a absolument rien d’idéologique, elle ne s’attache qu’à une description économique logique, aux conséquences de ces problèmes et de leur résolution, et ne pose évidemment pas de problèmes à partir du moment où l’ensemble des communautés s’y retrouvent sous la forme de consensus commun.

Seulement voilà, c’est l’idéologie qui se trouve à la base de ce changement, et dès que l’on creuse un peu plus profondément, on se heurte inévitablement à des principes subjectifs absolument contradictoires, allant à l’encontre de la morale et des convictions d’une majorité de citoyens, en les prenant très concrètement en otages, à leur insu, de part le fait même d’être obligés de participer sous la forme d’une TVA au financement d’une croyance qui n’est pas la leur et qu’ils réprouvent parfois. On pourrait ajouter à cela un autre aspect qui n’est pas des moindres, à savoir la formidable régression en terme de cruauté envers les animaux, absolument sans précédent dans toute l’histoire du monde occidental.

Seulement voilà, dans ce cadre articulé de forme absolument unilatéral, il existe un principe qui veut que la nature ait horreur du vide. Ce principe s’applique tout particulièrement à l’économie de marché capitaliste, à son opportunisme, pour qui la création de marques et de labels sont autant d’opportunités afin de créer de nouveaux marchés, pourvu qu’il y ait une demande concrète et conséquente présentant de nombreux avantages.

Aujourd’hui dans la société multiculturaliste, multiconfessionnelle, nous trouvons le « Certifié 100% Casher » et le « Certifié 100% Halal ». Or apparemment, il manque quelque chose, très certainement un oubli, pour le reste des consommateurs qui sont pourtant les plus nombreux. Une seule communauté n’est pas représentée, et est plongée dans un flou et une opacité absolument totale, faisant d’eux les marionnettes de toutes les exigences communautaristes et confessionnelles pour le moins exotiques.

C’est ainsi que la nécessité de la création d’un nouveau marché « Certifié 100% NON-HALAL (ou casher) » s’impose tout naturellement afin de combler ce vide, qui ne saurait durer plus longtemps.

Voilà qu’en posant le problème à l’envers, car le bon sens voudrait que chacun ait la liberté de choisir ce qu’il mange, car il n’y a pas de raisons valables d’être exclu de ce type de revendications. En prenant le contre-pied de cette nouvelle donne, sur les bases mêmes de la logique de l’économie de marché, on obtient tout naturellement un miracle dont seul le capitalisme a le secret. C’est-à-dire la création d’un coup de baguette magique d’un marché exclusif d’une dimension gigantesque en terme de chiffre d’affaires, surtout si l’on tient compte de tous les avantages absolument immenses qu’offre la compétitivité d’un tel produit au niveau des marges et des intermédiaires.

Ce marché exclusif qui ne repose que sur des règles de conformité labellisées pour sa création très proche du virtuel, est là, sous nous yeux depuis toujours. Ainsi il faudrait être vraiment aveugle pour ne pas le voir, et ne pas se baisser pour le prendre à pleines mains, tellement il regorge de promesses en or, pour tout le monde, et où l’antagonisme des éleveurs vis-à-vis de la grande distribution – et qui vise de plus en plus à la vente directe – résout bon nombre de problèmes, et apporte d’autant plus de solutions directement applicables.

Certaines personnes vont penser que cet article est cynique et provocant. A ça je leur répondrai que ce qui est provocant, c’est le système totalement irrationnel dans lequel on nous entraîne, qui ne résiste même pas à une analyse de pure logique économique et commerciale, car il est totalement téléguidé par des considérations idéologiques qui ne sont rien d’autre que des sophismes de masse avec lesquels on nous oblige à composer.

La logique capitaliste nous a habitués à certaines aberrations en créant nombre de besoins artificiels que l’on ne compte plus. Sauf que dans ce cas précis on peut difficilement contester la légitimité de l’offre par rapport aux besoins et à la demande, conforté par l’existence même d’autres marchés constituant une forme d’alter ego, mais qui se développe sans une concurrence véritablement identifiée.

On entend d’ici devant une telle initiative du « 100% NO HALAL » les organisations antiracistes et les collectifs identitaires représentants de la « nouvelle extrême droite » islamique s’indigner et hurler à la discrimination, usant de toutes les contorsions et grands écarts, vu qu’ils n’en sont pas à une contradiction près.

Dès lors, comment vont-ils justifier devant un tribunal, que les volontés idéologiques imposées, issues de toutes les billevesées et superstitions d’un autre âge, s’imposent à partir d’une minorité de citoyens aux autres 90% de l’autre frange la population au mépris total de toutes les croyances, du sens de l’éthique et de la morale foulés aux pieds ?

Jaime Horta

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