Vitry-le-François, ville de non-droit : merci, M. Sarkozy !

On apprenait que des échauffourées entre jeunes et gendarmes avaient éclaté dans la nuit de samedi à dimanche à Vitry-le-François (Marne), après la mort par balles d’un jeune homme, dont le meurtrier présumé a été arrêté. Deux pompiers, deux gendarmes et cinq riverains, ont été légèrement blessés.

Des exactions inqualifiables restées sans réponses

Une soixantaine de véhicules ont été brûlés, ainsi que des conteneurs à poubelles, au cours des violences qui ont opposé une cinquantaine de jeunes aux gendarmes et aux pompiers. Plusieurs véhicules de gendarmes et de pompiers ont été caillassés.
Selon plusieurs témoignages, en réalité, la ville de 17000 habitants a été littéralement livrée aux casseurs, un témoin pouvant dire sur France 2 que l’on avait été pendant plusieurs heures dans une zone de non-droit. D’autres habitants de cités, dont les voitures ont brulé, faisaient part de leur désarroi face à cette violence et à la perte de leur véhicule.
Les auteurs des violences, une cinquantaine environ, étaient armés notamment de battes de base-ball ou de cocktails molotov, accompagnés d’autres jeunes qui assistaient aux faits comme au spectacle sans y participer, selon le cabinet du Préfet.
Une soixantaine de gendarmes ont été dépêchés sur place dans la nuit et étaient toujours présents dimanche matin.
Résultat de cet événement, en dehors de l’arrestation du meurtrier présumé du jeune homme pour le protéger, une enquête a été ouverte par le parquet de Châlons-en-Champagne.
Encore un bel exemple de démission de l’Etat devant un phénomène récurrent qui n’a rien de la mobilisation de jeunes révolutionnaires en marche vers un monde plus beau, mais des casseurs qui se saisissent de la moindre occasion pour s’attaquer aux biens de ceux qui les entourent (qui sont loin d’être des nantis), ou encore aux biens publics que ces mêmes personnes paient sur leurs contributions locales.
On se demande où se dissimulait bien à ce moment la sécurité des biens et des personnes qu’est censée garantir notre gouvernement et notre cher président, qui n’a pas eu de mot assez fort pour dire qu’il ne laisserait rien passer en la matière, alors qu’il a laissé faire… Aucun des casseurs n’a été blessé dans ces affrontements avec la police, qui leur a opposé une résistance qui semble avoir été surtout de principe.

Des casseurs laissés libres de montrer leur violence en exemple

On nous dira encore que ces jeunes sont excusables en raison d’on ne sait quelle discrimination dont ils seraient l’objet, où qu’ils représentent la jeunesse désespérée des cités. Non, il était une cinquantaine, autrement dit une toute petite minorité qui ne représente en rien les jeunes ni des cités ni d’origine immigrés qui se dissocient de ce genre de croisade gratuite et inexcusable.
Croit-on que c’est en prônant l’impunité pour quelques poignées de jeunes qui se mettent hors la loi en brûlant des voitures et en s’en prenant à tout sur leur passage, que l’on va aider la masse de ceux qui d’origine immigrée souhaitent s’intégrer ? Ou n’est-ce pas, au contraire, leur rendre la tâche encore plus difficile en les faisant passer, en raison de leur origine, pour des propriétaires d’un passe-droit ? Croit-on qu’en faisant des immigrés les victimes suprêmes du système tout en ignorant le peuple qui supporte cette situation des banlieues, on aide à la résolution de l’exclusion et du racisme, à améliorer les relations entre Français et immigrés ?
Ne croit-on pas qu’il faudrait dénoncer ceux qui, représentants des pouvoirs publics les laissent faire, les autorisant ainsi à se montrer en exemple aux autres jeunes pour mieux encourager l’auto-exclusion ? Ne croit-on pas que la dénonciation de ces violences serait plus à même de permettre à ceux qui risquent de les suivre de ne pas tomber dans ce piège plutôt que de plaindre ceux qui en sont les auteurs?

La fin des violences des casseurs, préalable à l’imagination d’une autre banlieue

Ceux qui en sont à ce niveau de rupture avec la société au point de se livrer à ce type d’exactions ne peuvent que continuer à s’enfoncer dans cette spirale de la violence à ne pas rencontrer de vraie résistance. Une résistance qui serait le préalable à ce que, l’on entende d’autres voix par-dessus les bris de glace et les caillassages, celles des populations de toutes origines qui rêvent d’une autre banlieue, débarrassée y compris de ces casseurs.
Guylain Chevrier
Historien

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