Vive le rire et le rut !

Publié le 27 avril 2009 - par
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J’ai eu l’occasion de lire dans le RL 84, un article sur la prestation d’Erika Moulet chez Ruquier, dans la grand’messe du samedi « On n’est pas couché ».

Comme j’avais enregistré l’émission, j’ai eu tout loisir de la voir et de la revoir…Pleine de bonne volonté, j’ai voulu débusquer l’hallali dont il était question. Je n’en ai pas vu la moindre trace. Il y avait bien une biche gracile cernée par la meute, mais cette dernière était, pour une fois, pleine de bonhomie, de bienveillance et de bonne humeur.

En voici ma lecture.

Les protagonistes: la ravissante présentatrice du JT qui officie sur LCI le week-end.
En face d’elle, outre nos deux snipers habituels (Zemmour et Naulleau) il y avait un autre tonton flingueur Guy Carlier…et l’humoriste Patrick Timsit.

Tout le monde était subjugué par cette grâce raphaélique. Même les cameramen la caressaient sous tous les angles !
Ruquier, pourtant guère suspect d’attirance pour les femmes, en bredouillait des éloges itératifs et s’évertuait à lui arracher un sourire. Bon, c’est vrai que même aplati de gentillesse, il était parfois un peu lourd…mais tout le monde n’a pas la verve spirituelle d’un Talleyrand, pour faire sa cour !

La belle, imperméable à la gaîté ambiante et à ces hommages appuyés, attendait en silence qu’on parle de…choses sérieuses, c’est-à-dire de son boulot.
Certes, elle fleurait bon l’intelligence, la subtilité, la simplicité, loin des codes bobos de la vie parisienne.
Mais son exquise politesse, son air impénétrable décourageaient toute familiarité.

Timsit qui la défendit en mettant Ruquier en boîte à deux reprises, fut foudroyé par ses yeux-revolvers.
Zemmour tenta bien de placer une ou deux rengaines de misogynie ordinaire…mais on le sentait mal à l’aise. Et il battit très vite en retraite.
Carlier n’a pipé mot, sauf pour dire que le qualificatif « amusant » ne convenait guère à la demoiselle.
Quant à Naulleau, le lance-flammes de service, il s’était transformé en gros chat muselé, ronronnant et énamouré !

Certes, on a à peine parlé de son job (heureusement d’ailleurs, car le peu qu’elle en a dit était trop lisse, trop propre, trop correct) On a plus évoqué ses goûts non-conformistes (tango, bal popu, servir les plats dans la pizzeria de maman à Verdun…) qui en faisaient presque une extra-terrestre dans ce milieu paillettes.

Cette salve de phéromones, plus amoureuse que sexuelle, n’atteignait pas la blanche colombe !
C’est seulement à la fin que Timsit s’est un peu insurgé contre l’image de papier glacé qu’elle renvoyait. Mais sa sortie a été coupée net par un Naulleau sous le charme, qui lui faisait signe de se taire. Une inversion des rôles assez surréaliste !
Bref ce soir là, notre sirène a dominé le plateau de son silence marmoréen et de son regard ensorcelant…et a réussi le tour de force de déstabiliser tous ces vieux singes habitués à dézinguer les autres.

En tout cas, rien à voir avec la présentation qui en a été faite, du tendron virginal, victime d’une horde de machistes hyper-testostéronés, jaloux et frustrés, acharnés à la dépecer !

En ce qui me concerne, je suis heureuse de vivre dans le pays des cours d’amour, de Rabelais et de Marivaux, où on sait savourer la beauté et où on ose encore exprimer son admiration !
Ne boudons pas notre plaisir. N’imitons pas le Woman’s Lib américain qui, dès qu’un homme rend hommage à la plastique d’une femme, est prêt à le traîner en justice pour machisme et autres turpitudes….

Au-delà des mines compassées des dames patronnesses et des moues offusquées des puritains en tout genre, portons un toast à la délicieuse légèreté de l’être. (Ce qui ne veut pas dire qu’on n’a rien dans la tête)

Rengainez vos poussées d’aigreur, tristes gardiens de la morale qui appelez vices les plaisirs qui vous échappent et vertus les infirmités qui vous arrivent, selon la belle expression d’Alphonse Karr…

Préférez-vous des femmes séductrices…ou voilées jusqu’aux yeux ?
Et vous femmes, préférez-vous un regard masculin de caresse et de convoitise, ou les yeux atones et méprisants des ayatollahs ? .

Alors vive le rire et le rut !… J’en fais ma devise.

Morgana

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