Voir du racisme partout ne finit-il pas par discréditer le combat antiraciste ?

Publié le 2 février 2009 - par - 485 vues

Le mouvement antiraciste, déjà fortement discrédité par les errances islamisantes du Mrap et de la LDH, va-t-il continuer à s’enfoncer ? S’il n’y a plus aucune illusion à avoir sur les deux associations citées, l’évolution de la Licra et de Sos Racisme est parfois préoccupante.

En effet, la Licra s’est d’abord fourvoyée, récemment, dans deux affaires. Lors du procès de Fanny Truchelut, comment sa section de Nancy a-t-elle pu, par l’intermédiaire de Grégoire Bouvier, son avocat, prendre les patins du Mrap et de la LDH, et tenir le même discours qu’eux, qualifiant la propriétaire du gite des Vosges de raciste ? Surtout, comme a-t-elle pu se ridiculiser en poursuivant Siné devant les tribunaux, pour des propos qui n’avaient rien d’antisémite. Répétons le, si Siné avait écrit, à propos d’une fille de dirigeant socialiste devant épouser le fils d’un émir koweitien « Elle ira loin cette petite », personne n’aurait rien dit. Pourquoi deux poids deux mesures ? Ecrire cela ne signifie pas que Siné, par le passé, n’ait pas tenu des propos insupportables, mais il était cette fois poursuivi pour des propos qui n’avaient rien de raciste. Nous sommes d’autant plus peinés de ces fautes politiques que nous avons le plus grand respect pour de nombreux militants et responsables de la Licra, comme Alain Seksig, dont l’engagement laïque est apprécié de tous.

Dans un autre registre, SOS Racisme nous inquiète également. Cette organisation, après les errances des années 1990, avec des discours valorisant le communautarisme et le droit à la différence, sous la présidence d’Harlem Desir, avait, sous la houlette de Malek Boutih, adopté un discours laïque et républicain prometteur. Elle avait pris ses distances avec le Mrap et la LDH, mais aussi avec un discours angélique sur le racisme et l’immigration. Il en reste des traces, puisque SOS Racisme a été une des premières associations à critiquer vertement les propos et la démarche communautariste de Yazid Sabeg. (1)

Mais cela ne l’a pas empêché, depuis une dizaine d’années, de multiplier des démarches qui ne nous paraissent pas très saines.

Ainsi, lors du drame de Vauvert, le 16 mai 1999, qui a vu un homme, Joël Elie, tuer Mounir Oubajja, 18 ans, d’un coup de fusil, on a vu le vice-président de Sos Racisme, Samuel Thomas, épinglé par différents médias, même par Libération, pour subordination de témoins (2).

Il fallait absolument faire passer l’assassin pour un raciste, pour montrer que le racisme anti-maghrébin progressait dans les quartiers. Malheureusement pour Sos Racisme, et tant mieux pour la justice, le procès a vu les témoins se rétracter les uns après les autres, pour le plus grand discrédit de l’association et de son vice-président, qui seront condamnés à payer de lourds dommages et intérêts pour procédure abusive.

Dans un autre registre, Samuel Thomas, encore lui, s’était illustré, après les manifestations lycéennes qui avaient vu des agressions racistes de la part de jeunes de banlieue, souvent issus de l’immigration post-coloniale : “Nous ne pouvons accepter la notion de racisme anti-blanc parce qu’elle est une thèse défendue depuis longtemps par l’extrême droite. Nous reconnaissons l’émergence de mouvements extrémistes venus des associations radicales musulmanes qui reçoivent le soutien des partisans de l’extrême droite quand ils s’en prennent aux juifs.” (3)

Ces propos sont absolument délirants, mais tellement révélateurs d’un discours qui frôle parfois le néo-racisme, chez quelques dirigeants se croyant anti-racistes. Il ne pourrait donc, d’après Samuel Thomas, n’y avoir qu’un racisme anti-immigré, de la part des Blancs ! Et le prétexte avancé est énorme : le Front national dit qu’il y a un racisme anti-blanc, nous sommes anti-fascistes, dont il n’y a pas de racisme anti-blanc !

Les mêmes travers apparaissent, chez Sos Racisme, quand Dominique Sopo se sent obligé de rejoindre toute la bien-pensance laïque, et de traiter Geert Wilders, après son film Fitna, de raciste et d’homme d’extrême droite (4). Cela n’avait pas empêché le même Sopo d’aller se faire prendre en photo avec Ayaan Hirsi Ali, et tout le gratin parisien, alors que la députée d’origine somalienne est l’amie de Geert Wilders, et qu’elle est souvent plus féroce que lui sur l’islam. Mais quand Ayaan malmène l’islam, c’est une résistante féministe, quand Geert Wilders dit la même chose, c’est un raciste fascisant. Vous avez dit néo-racisme ?

Après les manifestations de soutien à Gaza, combien parait ridicule l’argument de Samuel Thomas, concernant l’alliance de l’extrême droite avec les groupes radicaux musulmans. Qui manifestait principalement avec les islamistes ? Le PCF, le Mrap, la LDH et l’extrême gauche !

Le procès d’Oullins vient de se terminer par un verdict de 25 ans de prison contre le meurtrier de Chaïb Zehaf, tué de trois balles à Oullins, le 4 mars 2006. (5) On a vu Bernard Henri Levy et Sos Racisme soutenir, là aussi, la thèse du crime raciste. Pourtant, le procureur n’a pas retenu cette vision, ce qui n’a pas empêché l’assassin d’être lourdement sanctionné.

A force de voir du racisme partout, les « antiracistes » ne sont-ils pas en train de mettre de l’huile sur le feu, et de discréditer la notion de combat anti-raciste ? Alors que la Halde, dont Samuel Thomas est membre (6), n’en finit pas de se ridiculiser, et de faire se gondoler les rieurs, il est dramatique que Sos Racisme confonde parfois combat anti-raciste avec harcèlement contre les citoyens.

L’assassin d’un immigré est d’abord un assassin, avant d’être éventuellement un raciste. Un étranger qui assassine un Français est d’abord un assassin, avant d’être éventuellement un raciste anti-blanc. Un hétérosexuel qui assassine un homosexuel est d’abord un assassin avant d’être éventuelle homophobe.

Le fait de ne pas embaucher un demandeur d’emploi de couleur ne fait pas forcément de l’employeur un raciste en puissance, devant justifier devant la loi son choix. Le fait pour un propriétaire de ne pas louer son appartement à une personne de couleur n’en fait pas forcément un raciste, sommé de justifier son choix devant la loi. Il devient ahurissant, ridicule et inégalitaire qu’employeurs et propriétaires ne puissent plus pouvoir choisir avec des critères « objectifs » de compétence ou de solvabilité, quand une personne de couleur est sur les rangs !

Les travailleurs britanniques, qui réclament une priorité d’embauche, sont-ils des racistes ? (7) Oui, dirait Sos Racisme, auteur d’un clip démagogue contre les expulsions de sans-papiers ? En 1926, la CGT était-elle raciste, quand elle demandait à protéger la main d’oeuvre travaillant en France de toute arrivée de salariés étrangers, en période de fort chômage ? En 1979, Georges Marchais, qui voulait mettre fin à l’immigration, était-il un raciste ? (8)

La conception anti-raciste, à sens unique, de la Halde, du Mrap et de la LDH ne faisait plus illusion depuis longtemps. Si aujourd’hui, la Licra et Sos Racisme tombent dans des travers totalitaires semblables, transformant notre société en un immense Big Brother, il y a vraiment toutes les raisons d’être inquiets.

A quand la réhabilitation d’un vrai combat anti-raciste, sur des bases républicaines et laïques ?

Lucette Jeanpierre

(1) http://info.france2.fr/france/50766096-fr.php

(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/SOS_Racisme

(2) http://www.racismeantiblanc.bizland.com/silenceselectif/bid05.htm

http://www.marianne2.fr/Le-proces-Sine-ou-la-defaite-du-mauvais-esprit_a174481.html

(3) http://www.reforme.net/archive2/article.php?num=3130&ref=572

(4) http://www.sos-racisme.org/Crameur-contre-crameurs.html

https://www.ripostelaique.com/Malgre-Dominique-Sopo-ecrasons-l.html

(5) http://info.france3.fr/france/50857689-fr.php

(6) http://halde.fr/Comite-consultatif.html

(7) http://www.euronews.net/fr/article/30/01/2009/uk-refinery-strikes-spread-over-foreign-workers/

(8) http://www.medium4you.be/Livre-La-Republique-amnesique-de.html

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