Yazid Sabeg insulte la France et sa police

Publié le 19 février 2010 - par - 206 vues
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Dans une interview donnée à l’hebdomadaire « Jeune Afrique » le 04.02.10, Monsieur Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, ose déclarer : « …. je ne pense pas qu’il y ait de la violence dans les quartiers. De la délinquance, des effractions, oui. Mais de la violence, non. Jamais un policier français n’a été tué dans une cité. »

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Les émeutes urbaines de novembre 2005 ? Oubliées ! A moins que Monsieur Sabeg n’ait vu dans les multiples dégradations des biens aux personnes, les dizaines de voitures brûlées, vitrines de commerçants éventrées notamment juste une petite délinquance insignifiante …

Le meurtre d’Ilan Halimi en 2006 après avoir été séquestré et torturé pendant des semaines dans une cité HLM de Bagneux ? Oublié !

L’attaque à l’arme de guerre, le 18 mai 2009, de quatre policiers qui convoyaient des gardés à vue après un examen à l’hôpital ? Oubliée ! Certes, cette fois-ci, miraculeusement aucun policier ne sera tué. Mais pour autant, cela n’enlève strictement rien à la gravité des faits.

Mi-décembre 2009, un quartier dit sensible du 8ème arrondissement de Lyon : Amar, un adolescent de 12 ans part faire une course à l’épicerie du coin. Quelques minutes plus tard, il tombe et décède sous le coup des balles que des agresseurs, cagoulés et équipés d’armes automatiques, tirent à partir d’un véhicule en marche, visant semble-t-il un groupe de jeunes réunis sur une place.

Seine-et-Marne le 27.12.09 : le major Patrice Point âgé de 51 ans meurt écrasé contre un muret par un 4X4 volé lors d’une intervention dans la commune de Montévrain. Le 06.01.10, le Ministre de l’intérieur Brice Hortefeux l’a décoré à titre posthume en présence d’un millier de policiers. Et quoi qu’en pense Monsieur Sabeg, que nous soyons dans une cité de banlieue ou dans une commune telle que celle de Montévrain, rien ne justifie jamais le meurtre d’un seul être humain, qu’il soit policier ou pas d’ailleurs.

Début janvier 2010 : après qu’une bagarre ait éclaté entre des jeunes des quartiers de Marcouville et des Louvrais (zones sensibles aussi) à Pontoise dans le Val d’Oise, un adolescent âgé de 16 ans est tué d’un coup de couteau en plein centre commercial des Trois-Fontaines de Cergy-Préfecture et à une heure de grande affluence.

Le 18.01.10, Tremblay-en-France en Seine-Saint-Denis : une collégienne de 15 ans est littéralement lynchée par une cinquantaine d’élèves à la sortie du collège René Descartes.

Février 2010, La Tronche en Isère dans la banlieue grenobloise : Vincent Ricciardella, 55 ans, a été séquestré et torturé pendant des heures par trois adolescentes de 14, 15 et 17 ans. Motif : elles pensaient que Monsieur Ricciardella avait touché un héritage et voulait donc sa carte bleue avec le code pour retirer de l’argent ! Sans doute ne s’agissait-il là également que de ce que Monsieur Sabeg appelle apparemment une simple « délinquance »…..

Dois-je poursuivre ? Non, les faits parlent hélas d’eux-mêmes. Pour autant, Monsieur Sabeg ne s’est pas limité à nier la nature criminelle des actes constatés aussi bien en banlieue qu’en tous points du territoire français. Non content d’avoir méprisé déjà nombre de Français qui sont victimes d’actes de violence grave, il poursuit en vilipendant cette fois-ci carrément ceux des Français qui ne partagent pas forcément son opinion et affirme qu’ « une partie de l’opinion » a des « réactions xénophobes » et serait en quelque sorte nostalgique de son passé colonialiste : « Dans l’imaginaire collectif, ces populations continuent d’apparaître comme des colonisés. » Nous y voilà, Monsieur Sabeg !

C’est là le discours classique que nous retrouvons chez ceux qui entretiennent une partie de notre jeunesse en mal d’intégration dans le discours qui consiste à culpabiliser en permanence ceux des pays qui, à l’image de la France, ont été d’anciens colonisateurs. Discours que je résume ainsi : « Vous ne parvenez pas à vous intégrer, rien n’est dû à votre manque de volonté affichée d’être Français à part entière avec tout ce que cela comporte de droits et de devoirs. C’est la faute de la France qui vous considère encore comme des populations colonisées alors que vous êtes nés en France ! Vous ne réussissez pas à l’école ? C’est normal : les profs vous détestent, voire vous excluent du système éducatif ! Vous ne trouvez pas de travail ? C’est normal aussi, tout le monde sait bien que les employeurs sont tous d’affreux racistes qui dès qu’ils voient un jeune à la peau noire ou avec un nom d’origine maghrébine ou africaine, vous rejettent d’office sans jamais prendre ne serait-ce que le temps de lire votre curriculum vitae. » C’est avec ce genre de discours que se préparent parfois certaines guerres civiles !

Ensuite, Monsieur Sabeg aborde le thème des « minorités victimes de discriminations ». Or, la réalité des discriminations que vous prétendez décrire en professionnel apparemment connaisseur du sujet, elle est en vérité, beaucoup plus complexe que ce que vous en dites. Pourquoi ? Parce que si tout était si simple mais alors comment expliquez-vous que parmi les fils de Noirs ou d’Arabes pauvres dont vous parlez, existent aussi des parcours professionnels remarquables ? Ceux dont vous vous abstenez de parler justement ! Ceux dont la presse elle-même ne parle jamais non plus … ou si peu, préférant se cantonner dans le discours victimisant tellement plus simpliste du « pauvre enfant d’immigré issu des quartiers difficiles à qui la France refuse tout pendant que cette « France se montre décidément tellement généreuse à l’égard du dangereux blanc forcément non immigré » », oubliant au passage que nombre d’immigrés « blancs de peau », arméniens, russes, polonais, italiens, portugais, espagnols …. sont eux aussi arrivés un jour en France et se sont intégrés sans violence, sans tuer, sans saccager les biens publics ou privés. L’intégration a-t-elle été plus facile pour ces immigrés et leurs enfants ? Quel immigré italien ne s’est jamais entendu en son temps qualifié de « macaroni », quel immigré russe ne s’est jamais entendu en son temps qualifié de « sale étranger », quel immigré espagnol ne s’est jamais entendu en son temps reprocher son accent qui roulait les  » r  » ? Combien d’entre eux ont vécu dans des baraquements avant d’accéder à des logements décents, à force de travail et d’économies gagnées à la sueur de leur front ? Avaient-ils forcément toujours eu des conditions d’existence plus enviables que celles de certains des jeunes de nos banlieues ? Pas certain. Pour autant, a-t-on alors assisté une seule année au cours du siècle précédent à un mois de novembre 2005 version « enfants issus de l’immigration européenne » par exemple ? Non.

Monsieur Sabeg, avez-vous souvenir que les enfants d’immigrés polonais, russes, arméniens, italiens, espagnols, portugais, chiliens aient un seul instant de leur vie réclamé un droit de passage pour se voir faciliter l’entrée dans certaines écoles supérieures ? Non. Pourquoi devrait-on désormais instaurer ce que l’on appelle pudiquement de « la discrimination positive » et que moi j’appelle de la discrimination tout court pour tous les enfants issus des quartiers difficiles, quelles que soient leur couleur de peau, leur religion ou pas pour ceux qui ne sont pas croyants, leurs convictions philosophiques ? Vous reconnaissez du reste à ce sujet : « Certains prétendent que j’ai une conception communautariste. Mais non, ce que j’avance ne relève pas du discours républicain idéaliste mais vient du terrain. »

Je vous le confirme toutefois, Monsieur Sabeg : vous avez effectivement une conception communautariste de la discrimination dite « positive ». Au nom de quoi en effet prétendrait-on corriger « des inégalités » en favorisant l’accès à certaines grandes écoles puis à certains emplois, enfin à certains ministères et que sais-je encore de « certaines minorités » sous prétexte qu’elles seraient issues de quartiers défavorisés, en ignorant du même coup tous ceux des jeunes vivant également dans ces quartiers mais non issus de ces minorités ? Est-ce à dire que les jeunes gens évoluant dans des zones sensibles qui s’appelleraient Marie, Laurence, Thierry ou Damien et issus d’un milieu ouvrier, n’auraient pas le droit, eux, d’avoir également des facilités d’accès à certaines grandes écoles, à certains emplois, à certains ministères ….. ?

Comment qualifier cette démarche de pensée ? Je vais vous le dire, Monsieur Sabeg : la démarche qui consiste à exclure certaines « catégories » d’une population donnée sur la seule base de critères raciaux ou sociaux, cela s’appelle ni plus ni moins que du racisme à l’égard des populations concernées. C’est en cela que je suis farouchement opposée au système de « la discrimination positive » qui, au nom de la généreuse ambition de « corriger des inégalités » n’aboutit en réalité qu’à créer davantage encore d’inégalités. Davantage encore de frustrations. Davantage encore d’exclusion(s). Davantage encore de colère et de rancœur chez des populations de jeunes gens sans doute aussi méritantes que celles qui bénéficieront des « avantages » nés de la discrimination positive mais qui, elles à l’inverse, en seront pour autant néanmoins exclues.

Plus grave encore, Monsieur Sabeg, ce que vous osez dire de la république : « On a tellement idéalisé la république et ses valeurs censément universelles qu’on en a oublié l’essentiel : l’égalité réelle n’est pas appliquée. Il y a l’égalité proclamée, formelle, mais pas sur le terrain, dans la relation sociale. »

Il faudra donc que ceux qui ont « tellement idéalisé » la république, soient priés désormais de bien vouloir s’excuser de l’avoir tellement idéalisée qu’ils en auraient rien moins qu’oublié de mettre en œuvre l’un de ses piliers fondamentaux : l’Egalité ! On ne voit du reste pas très bien comment il serait possible « d’oublier » ce qui est idéalisé car par définition le sentiment d’idéalisation ne vous quitte guère ….

Autre point : mais qu’est-ce donc que « l’égalité réelle « , Monsieur Sabeg, quand on vit dans des quartiers où la République n’a plus droit de cité, où les populations ont peur de vivre ?
Constat d’ailleurs tellement préoccupant que Fadela Amara a enfin osé déclarer dans le Progrès, le 11 janvier 2010 : « Il faut nettoyer au Kärcher cette violence qui tue nos enfants dans les cités. »

Pourquoi n’abordez-vous jamais le sujet à aucun moment de votre interview, Monsieur Sabeg ? N’est-ce pas pourtant cela la première des exclusions ? Dépendre de la Terreur que d’autres imposent à votre quotidien, au point même de vous interdire de vous exprimer, de vous déplacer, de vous habiller autrement qu’en burqa ? Il est vrai que sur la question précisément de la burqa, vous comprenez « que le port de la burqa puisse choquer », concluant néanmoins : « … il n’y a là rien de religieux. Ni même de communautaire ». N’hésitant pas par la suite à vous contredire allègrement en invoquant la nécessité de « convaincre les intéressées que ce n’est là qu’obscurantisme » …. Comment un vêtement obscurantiste comme celui de la burqa pourrait-il ne pas avoir une signification communautariste, Monsieur Sabeg ?

Mais au fond, pourquoi votre discours nous scandalise autant ? Parce qu’il met en lumière l’épouvantable lâcheté qui caractérise hélas le discours de nombre d’élus, toutes tendances politiques confondues. Au point d’ailleurs d’avoir vu par exemple récemment Monsieur Besancenot présenter une candidate voilée sur une liste NPA dans le Vaucluse. Monsieur Besancenot, vous savez le facteur qui prétend défendre tous les exclus de France, en particulier ceux des quartiers dits sensibles, mais qui se garde de dévoiler qu’en guise de studio dans le XVIIIème arrondissement de Paris, il vit en réalité dans un appartement de très bonne taille dans le quartier du Sacré Cœur en plein Montmartre, en d’autres termes, un des quartiers Bourgeois bohèmes parisiens les plus recherchés ….

Alors, quel parti de l’échiquier politique républicain va un jour avoir le courage de briser les tabous et soulever les vérités qui dérangent ?

Combien de temps allons-nous encore tolérer pour ne pas dire accepter ouvertement des personnes majeures souvent jeunes, voire des mineurs français, parfois multi – récidivistes, se gargariser de passer quelques semaines, quelques mois en prison parce que le  » passage par la case prison  » permettrait en quelque sorte  » une montée en grade  » plus aisée dans la hiérarchie des bandes de caïds de certains quartiers de France et ce qu’ils soient rongés par la gangrène des salafistes ou pas (car ces bandes de petits fascistes qui sévissent dans les quartiers ne sont pas justement non plus forcément toutes sous influence d’une idéologie politico-religieuse radicale) ? Comprenez : quand vous ressortez de prison, les chefs de bandes se mettent à vous respecter, vous associant dans la foulée plus facilement à leurs trafics en tous genres : drogues,  » grosses caisses  » (= voitures), armes (y compris armes de guerre comme l’a prouvé l’épisode de la Courneuve en mai 2009). Prostitution aussi car plus les petits proxénètes en herbe fleurissent en nombre dans ces quartiers, mieux c’est dans leur  » sphère de valeurs « . Tant qu’à faire en effet, autant compter au nombre de ceux qui s’efforcent de pimenter quand même au maximum la sauce d’un plat que les mêmes se sont depuis si longtemps déjà efforcés de pourrir de l’intérieur avec les ingrédients que voici : la haine des travailleurs (hommes et femmes) ; la haine des femmes ; la haine des homosexuels ; la haine des Juifs ; la haine des Arabes ou des Noirs qui « ne s’alignent pas » sur le discours de la haine de « l’éternel » colonisateur français généralement véhiculé et encouragé dans nombre de quartiers des cités ; la haine de « ces fils de p….. » qui ne sont pas de religion musulmane mais de religion catholique par exemple ou qui sont de religion musulmane mais qui osent avouer qu’ils ne se reconnaissent dans toutes les sourates et/ou tous les hadiths du Coran – c’est très rare tant ils craignent les représailles – ; la haine des laïcs ; la haine des républicains – indépendamment de leur couleur de peau et qu’ils soient croyants ou pas – ; la haine de l’école ; la haine de la langue française ; la haine du drapeau français …… Bref, la Haine de la France. La Haine tout court.

Hélas, Monsieur Sabeg, vous évitez de parler de ceux qui ont la Haine de La France et des Français. Ayez donc le courage de dire que cette réalité existe d’une part, que ceux qui ont la Haine de la France ont certes la haine des blancs mais ils ont aussi la haine de la France dite métissée d’autre part. Affirmons-le clairement et sans ambages : ceux qui ont la Haine de la France ont la haine des blancs mais aussi parfois la haine du « fils d’un Noir ou d’un Arabe » qui ne demanderait qu’à respecter la France dans ses composantes les plus diverses. Qui ne demanderait qu’à défendre les couleurs de la France sur un stade de football sans ériger le drapeau algérien par exemple en fin de match et terroriser ensuite les populations comme nous l’avons vu à Marseille. Qui voudrait, lui aussi, goûter à la cuisine alsacienne, bretonne, périgourdine …. et à tout ce que la France offre de variétés culinaires sans être astreint à la perpétuelle version halal ! Qui voudrait pouvoir hurler à pleins poumons dans leur quartier : « J’aime la République, j’aime la France, j’assume son Histoire faite d’ombres et de lumières. Je suis fière d’appartenir à un pays où l’on parle de Liberté, d’Egalité, de Fraternité, où les femmes ont les mêmes droits que les hommes. »

Encouragez, Monsieur Sabeg, tous les jeunes Français à tenir ce discours plutôt que de perdre l’essentiel de votre temps à victimiser « le fils d’un Noir ou d’un Arabe pauvre » comme si en France il y avait exclusivement des Noirs ou des Arabes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Mais vous savez, Monsieur Sabeg, une fois de plus il faut ouvrir les yeux : il y a en France beaucoup de jeunes diplômés au chômage qui ne sont ni Noirs ni Arabes. Beaucoup plus en tout cas que vous ne semblez le laisser entendre. Il existe également un grand nombre de Français qui ne sont ni Noirs ni Arabes et qui vivent en dessous du seuil de pauvreté : dans son étude rendue le 05.05.09, l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) affirme que 7,9 millions de personnes survivaient en 2006 avec moins de 880 euros par mois en France. Voit-on pour autant tous les ans, la veille du Nouvel An, des millions de personnes, pour beaucoup issues du milieu urbain mais aussi du milieu rural où la pauvreté progresse également brûler les voitures d’autrui comme c’est le cas dans nombre de banlieues dites sensibles chaque Nouvel An ?

Cessez donc, Monsieur Sabeg, comme vous vous y êtes dangereusement hasardé dans l’interview que vous donnez à l’hebdomadaire Jeune Afrique ce 04.02.10, d’opposer systématiquement « le fils d’un Noir ou d’un Arabe pauvre » au « fils d’un cadre blanc » et par voie de conséquence de dresser ainsi les Français les uns contre les autres,

Ne pensez-vous pas qu’il serait tout au contraire bien plus intelligent de parler aux lecteurs de Jeune Afrique de tous les Français issus de ces quartiers ou pas d’ailleurs, qui se lèvent chaque matin de leur vie pour aller travailler et faire vivre leur famille, ou plus simplement chercher et trouver un emploi qui leur redonne une véritable dignité, celle d’offrir des conditions de vie décentes à leur famille. Et parmi ces travailleurs là, beaucoup sont de nationalité française, musulmans ou pas, mais nombre d’entre eux aussi sont des immigrés munis d’une carte de séjour. Ces femmes et ces hommes, à l’inverse des petits criminels en herbe ou confirmés qui sévissent dans nombre de quartiers des villes moyennes et grandes ainsi que dans de plus en plus de villes de province, ont fait le choix, eux, de gagner dignement et légalement leur vie afin d’évoluer vers la voie de l’intégration et de donner à leurs enfants l’exemple certes d’une vie peut-être de labeur mais au moins – et c’est cela le point fondamental à mon avis – d’une vie menée honnêtement et dans le respect du pays accueillant.

Alors évidemment, j’entends déjà les « élites » de ce pays qui s’autorisent à penser sur des situations qu’ils n’ont jamais vécues :  » Mais quelle imagination ils ont sur ce journal ! « .

Hélas, je suis au regret de leur répondre d’ores-et-déjà que ce que j’ai dit, écrit ou décrit dans le présent article sont des scènes vues, entendues et souvent vécues non seulement des habitants de ces quartiers mais aussi des forces de police, des pompiers, des médecins de quartier, des infirmières qui se déplacent au domicile des patients, des enseignants, des chauffeurs de bus, des acteurs sociaux …. Parfois aussi dramatiquement vécues par les jeunes filles ou jeunes femmes qui rasent les murs pour ne pas être les victimes de ceux qui terrorisent certains quartiers devenus zones de non droit, ces territoires perdus de la République.

En tout état de cause, la situation dramatique de certains quartiers de France devenus zones de non droit, étant ce qu’elle est, je ne veux pas ici avoir l’indécence de citer les noms de quelques cités de certains départements d’Ile-de-France, de Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’Alsace et de bien d’autres régions de France pour ne pas stigmatiser dans leur ensemble des populations le plus souvent ouvrières qui manquent si cruellement de considération de la part de nos « élites », de toute une caste sociale dont Jacques Brel parlait déjà en son temps par un « chez ces gens là ».

La classe ouvrière dans son ensemble – car oui, la classe ouvrière existe encore en France -, celle dont parle Jean Ferrat dans l’un des plus grands textes de la chanson française qu’il soit permis de connaître et que chaque élève de ce pays devrait apprendre, intitulé « Ma France » (« Celle qui construisit de ses mains vos usines »), mérite en effet, à mon sens, beaucoup mieux que l’image que renvoient quelques bandes de voyous aux pratiques néonazies hélas déjà éprouvées par le passé et qui ne font ni plus ni moins que semer la terreur dans la vie quotidienne de ces populations. [Torturer un jeune homme comme l’a été Ilan Halimi, c’est une pratique que je qualifie par exemple effectivement de « nazie » et j’aurais écrit exactement la même chose si ce jeune homme avait été d’une autre couleur de peau, d’une autre religion, agnostique, de n’importe quelle condition sociale … ]

Et voyez-vous, Monsieur Sabeg, peu m’importe que les populations dont je parle soient blanches ou noires. La seule chose qui m’importe, c’est qu’elles respectent le pays dans lequel elles sont nées et qu’elles adhèrent aux principes et aux valeurs de la République française. Qu’elles y respectent aussi le principe de laïcité, l’égalité entre les hommes et les femmes.
Ce qui m’importe c’est de ne plus entendre chanter « Nique la France ! » ou de voir se prosterner sur une scène une jeune femme récemment voilée du nom de Diam’s et qui insulte, elle aussi, la France avec une arrogance que je dois bien avouer on le lui connaissait pas !

D’autres que nous à Riposte Laïque avaient par ailleurs depuis longtemps tiré la sonnette d’alarme en leur temps sur ce que doit affronter au quotidien la population de ces quartiers qui vit des revenus de son travail et non de l’économie parallèle. Je pense notamment au roman noir de Thierry Jonquet « Ils sont votre épouvante, vous êtes leur crainte » (Ed. Seuil, 2006). J’encourage du reste nos lecteurs à lire ce roman dans lequel Thierry Jonquet, à travers le parcours d’une jeune enseignante, Anna Doblinsky qui débute l’exercice de son métier d’enseignante au collège Pierre-de-Ronsard à Certigny, met avec un talent et un degré de réalisme rarement égalés, parfaitement en lumière ce qu’est l’univers des ces territoires perdus de la République : les « relations humaines » réduites à celles de bourreaux ou de victimes, de dominants ou de dominés, les bagarres entre bandes rivales, les trafics de drogues, l’influence grandissante des salafistes …..

Quand parlez-vous, Monsieur Sabeg, de ce que vivent les enseignants de Seine-Saint-Denis et d’autres départements de France où un nombre croissant d’élèves contestent et refusent les enseignements officiels, crachent sur les professeurs de sexe féminin qui portent une jupe, imposent des traditions et une culture qui ne correspondent pas à la culture française ? Oh mais pardon, c’est vrai, j’oubliais que je suis dans l’erreur : vous ne pouvez en aucun cas traiter de ces réalités puisque d’emblée vous ne pensez pas qu’il « y ait de la violence dans les quartiers … tout au plus seulement de la délinquance, des effractions ». Refusant, une fois de plus, de reconnaître l’évidence : il y a rarement de la délinquance ou des effractions commises sans violence.

C’est hélas avec ce genre de discours irresponsable, Monsieur Sabeg, que l’on finit par jeter des populations entières dans les bras du Front National. Réfléchissez à tout ceci, Monsieur Sabeg, afin de ne pas donner gratuitement et surtout bien inutilement en ces temps de campagne électorale pour les élections régionales, des milliers de voix supplémentaires à un parti qui, à terme, finira peut-être par vous remercier de lui avoir finalement rendu service en tenant de tels discours.

Bonapartine

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