A Anne Zelensky et Pierre Cassen, avoir avoir écouté votre interview sur Radio Libertaire

Je lis depuis quelques mois vos prises de positions, lucides et, à dire vrai, courageuses, dans le site Riposte Laïque et j’ai écouté avec attention l’excellent entretien que vous avez donné à Radio Libertaire. Je me réjouis que vous ayez pris de conscience des dangers que font courir à la France et à ses habitants, aux Européens et à l’humanité tout entière, l’islam et plus particulièrement l’islam politique, si tant est bien entendu qu’il y ait un autre islam qui ne soit pas politique.

Pour ma part, j’ai exercé de 1975 à 1986, en qualité de professeur de langue et de littérature française, dans différentes universités – au Caire, en Côte d’Ivoire et au Maroc. Au Caire, dans les trois universités de Guizeh, Aïn Chams et Al Azhar (langues : un séminaire de quatre mois en 1979), j’ai assisté, en première ligne et en ma qualité de rare témoin occidental, à l’islamisation de l’Egypte ou à sa ré-islamisation. J’ai été pris avec quelques collègues (surtout des femmes) dans une attaque de militants musulmans (300 au moins, barbus, vêtus de la même gallabeya grise, des gourdins à la main) contre l’université, le 31 décembre 77 : j’ai dû aider des collègues à sortir par une fenêtre pour leur échapper.
Une semaine plus tard, ces mêmes musulmans (ou leurs clones) ont interrompu une fête organisée par des étudiants coptes à l’occasion de leur Noël (le 6 janvier) : le chanteur de l’orchestre a été tué. Tous les syndicats d’Egypte ont été noyautés en moins de deux ans par l’islam politique : ceux des étudiants, des professeurs, des journalistes, des ingénieurs, des avocats, etc. A l’Université, les cafétérias ont été fermées; les salles de prière ont fleuri partout; les cours ont été interrompus par les appels à la prière; etc. En juin 1981, des ratonnades organisées dans un des quartiers chrétiens du Caire ont fait plus de 150 morts en trois nuits. Etc.
J’ai été témoin du même phénomène à Abidjan où je suivais des cours d’arabe à l’Institut culturel libanais (en fait, c’était la mosquée chiite de la ville); dans le nord de la Côte d’Ivoire, où l’islamisation était le fait des confréries sunnites; puis au Maroc, où elle s’est faite avec un peu de retard sur l’Egypte et souterrainement. Les mêmes phénomènes se sont produits partout à des degrés de violence différents : voile obligatoire pour les filles, burqua pour celles sur qui l’Arabie saoudite avait de l’influence, cafétérias fermées, islamisation des programmes scolaires et universitaires, éructations racistes contre les juifs (il n’y en avait plus dans les pays arabes mais ils étaient rendus responsables de tout), contre les Occidentaux, contre les chrétiens; haine des noirs et des asiatiques, croyances dans la supériorité absolue de l’islam (de la langue arabe, des peuples arabes, etc.) sur tout le reste de l’humanité… Je ne parle pas des discriminations ouvertes, publiques, massives qui frappaient étrangers et infidèles.
C’est pour cela que j’ai fabriqué (le premier peut-être, au tout début des années 1990, quand je suis revenu en France) le terme nazislamisme. Que ces phénomènes se passent en Egypte, en Iran, au Maroc, en Algérie, dans tous les pays arabes et musulmans, me laisserait indifférent, si ne vivaient pas dans ces pays des « minorités » dhimmies, traitées en sous-citoyens, méprisées, victimes d’avanies, de pogroms et, de temps en temps, de ratonnades. Mais que faire ?
En 1988, quand je suis revenu en France, j’ai constaté que ces mêmes phénomènes, identiques au kasra près à ceux que j’avais observés en Egypte quinze ans plus tôt, se produisaient en France, d’abord sous des formes larvées et embryonnaires, puis de plus en plus agressives. J’ai acquis la conviction, analyse de textes et rappel de faits historiques à l’appui, que ces faits ne se produisaient pas par hasard, mais qu’ils s’inscrivaient dans la logique de l’islam; en bref, que l’islam était une idéologie raciste, fasciste, conquérante, arrogante et sans pitié pour ceux qui s’y opposaient. J’ai tenté, dès le début des années 1990, de faire part de cela à mes collègues « intellos », laïques ou non. Leur seule réponse a été celle qui vous est objectée : vous (ou tu es) êtes raciste, xénophobe, islamophobe, etc.
Mes modèles sont les résistants de 1940; des collabos me renvoyaient l’accusation de fascisme. En 1987, les éditions Belfond ont publié un de mes romans, Khadija, qui a pour sujets, entre autres, la régression de la condition féminine dans les pays arabes et la montée de l’islam politique. Le roman s’est assez bien vendu, mais il n’a en rien éveillé les consciences. En 1992, j’ai écrit un autre roman, Lettres islamiques, sur le modèle des Lettres persanes de Montesquieu, qui a pour cibles et l’islam et ceux qui y manifestent de la complaisance. Il a failli être publié aux Belles Lettres : au dernier moment, le directeur de la maison d’édition s’est ravisé et a dit « non », craignant, m’a-t-on dit, d’être « étiqueté » « front national » ou quelque chose comme ça.
J’ai publié pour une revue littéraire un analyse de mes aventures éditoriales avec Belfond (pour le roman écrit en 1986), dans laquelle j’indique clairement les raisons « politiques » (protestation contre la haine dont les femmes sont la cible; montée en puissance de l’islam; aveuglement de l’intelligentsia occidentale) qui m’ont poussé à écrire ce roman et le suivant (resté à l’état de manuscrit).
Il m’est apparu très vite que le gros bataillon des collabos se trouvait à « gauche » : comme en 1940 – les pacifistes, les verts, les socialistes, les communistes, les gauchistes. Cela m’a amené à réexaminer tous les mythes politiques du « progressisme » et à réétudier l’histoire, à partir des premiers faits d’islamisation moderne en Syrie en 1860. Aucun des mythes progressistes ne résiste à l’examen… La gauche nie la réalité ou ne veut pas la voir et pour ne pas la voir, elle se gargarise de mythes, ceux-là mêmes qu’elle vous renvoie…
Continuez le combat.
Cordialement
Jean-Gérard Lapacherie
Professeur des Universités

image_pdf
0
0