A Bernard Maris, Oncle Bernard, Tonton « réac de gauche » !

BernardMaris1Il y a un an, le 7 janvier 2015, des islamistes font un carnage à Charlie Hebdo. Pour venger le prophète !

Bernard Maris est exécuté dans la salle de rédaction avec ses amis dessinateurs et chroniqueurs. Hommage à Tous.

Oncle Bernard, économiste anti-libéral, y signait des chroniques d’économie  à contre-courant : « Charlie est plutôt de gauche, même si certains qui se disent sinistres sont d’affreux réactionnaires; moi, par exemple, qui contrairement à Cavanna, reste un ennemi radical du progrès et rêve de revenir à la bougie pour éclairer ma femelle décorant la grotte Chauvet avant de me ruer, ébloui, sur elle. »

OncleBernard

Dans son journal d’un économiste en crise, Oncle Bernard, pourtant membre du Conseil Général de la Banque de France, s’interrogeait sur un modèle économique différent du « modèle Valls-Fillon-Sarko-Juppé (rayer les couillons inutiles) » inféodé à l’euro, et concluait : « Oui, il y en a un, et un seul. C’est le modèle macroéconomique fondé sur une sortie totale ou partielle de la zone euro, qui permettrait à l’économie française de se redresser plus rapidement, avec un coût inférieur en terme de pouvoir d’achat et de souffrance sociale. On gagnerait vingt-cinq ans environ par rapport au plan Juppé-Valls. Une génération de gagnée ».

BDF

Il n’hésitait pas non plus à tenir une position iconoclaste en ce qui concerne la dette publique, en annonçant un retour à la rente Pinay pour relancer l’économie : « La dette ne sera jamais remboursée. Que faire ?

– déclarer forfait sur une partie de la dette. Toute dette au-dessus de 60% pourrait être épongée par la BCE pour tous les pays de la zone euro. Refus de la BCE qui préfère arroser les banques.

– transformer tout ou partie de la dette en dette perpétuelle.

Dans ce cas, ceux qui souscrivent ne se feront plus rembourser le capital, mais recevront une rente à vie, comme une rente viagère, transmissible aux enfants; par exemple, une rente de 3% net d’impôt et d’inflation. C’est très intéressant, et ça évacue la menace perpétuelle des marchés. C’est le retour à la rente Pinay. On y viendra ! A demain, Pinay ! »

Pinay

Et deux semaines avant l’assassinat d’Oncle Bernard, tout est dit dans son dernier billet décapant où il verse quelques larmes sur les puissants : « La différence entre le peuple et les princes ? Le peuple est scotché, coincé sur sa glèbe, dans son pavillon de banlieue qu’il n’a pas envie de vendre. Les puissants eux, constituent une ploutocratie hors-sol ou cosmopolite, à l’aise aussi bien dans l’hôtel particulier de Paris, le grand appart de New York, ou le riad de Marrakech, ou le Plaza là-bas et le Ritz ici.

Le peuple paye ses impôts à la trésorerie générale de la sous-préfecture, les puissants les évitent dans les paradis fiscaux. »

Prince

Hommage donc à Oncle Bernard, ce Tonton « réac de gauche » qui nous manque et à qui nous devons reconnaissance et respect : « Pourquoi la vie n’est-elle pas celle que nous rêvons, poétique, pacifiée, intelligente, argumentée et argumenteuse, spéculative, contradictoire, mais telle qu’aucune contradiction, aucune chamaillerie ne puisse au terme d’une belle discussion se dissoudre dans un verre de rouge et jamais dans une flaque de sang ? »

Alain Lussay

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5 Commentaires

  1. C’est dur d’être aimés par des cons!
    Ce film de combat contre l’obscurantisme islamiste est repassé hier soir à la télé. Que du bonheur à voir la haine sourde expectorée par Szpiner, l’avocat de Chirac et de Boubakeur après « l’acquittement » de Philippe Val .
    Un autre petit bonheur, c’est ce n° de la semaine qui affiche en UNE le portrait robot de l’assassin de l’humanité depuis la création de dieu par les hommes.
    Enfin du Charlie-hebdo de Riss, de Charb et de Tignous…
    Espérons qu’il en soit fini des unes islamo-gauchistes lamentables de la « coco » zadiste.

  2. Arrêtez un peu d’utiliser le mot « executer » à tort et à travers ( comme dans les ‘médias’ ! )
    Ca signifie qu’il y a eu une décision de justice avant !
    Le bon mot est « assassiné »

  3. Je crois qu’on n’a pas pris la mesure historique de ce que fut le drame de Charlie Hebdo. On avait de la sympathie réelle pour tous leurs membres qui étaient des figures françaises, nos grands tontons flingueurs/déconneurs à pleins tubes qui avaient marqué notre jeunesse, malgré le fait qu’on pouvait être en désaccord flagrant avec leurs idées déjantées qui ont foutu par terre notre génération de cinquantenaires et les suivantes. J’étais par exemple complètement catastrophé par l’idéologie anti libérale de Bernard Marris, celles d’un réac de mai 68. Et oui, malheureusement, symboliquement, le drame de Charlie Hebdo a été l’enterrement en grandes pompes (méritées) – Dieux aient leur âme, eux qui étaient des athées notoires, qu’ils aillent directement au paradis vu leur gentillesse désarmante – des idées de mai 68.

    • Oui encore ajd, un an après, je n’arrive pas à concevoir qu’un humain ait pu assassiner Cabu !

  4. Philippe Val disait « Oncle Bernard parle comme Coluche et pense comme Nietzsche ». Il aura eu raison au moins une fois dans sa vie.

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