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À Cambrai, grogne des restaurateurs, qui resteront fermés demain !

Avis aux amateurs : demain dimanche la plupart des cafés et restaurants de la bonne ville de Cambrai (Nord) seront bel et bien fermés.

Par conséquent dans cette ville de 35 000 habitants les personnes qui, hors de chez elles, prises d’une soif bienvenue, ou d’une faim dévorante, désireront s’offrir un café ou un petit blanc, ou avaler une belle assiette du coin, finiront bredouilles. Elles devront se munir d’une bouteille d’eau personnelle et d’un petit sandwich fait maison. C’est dommage, mais on ne peut que saluer cette initiative de fermeture.

En deux mots comme en cent, à Cambrai, 60 cafetiers, bistrotiers et restaurateurs rapides ou gourmets ainsi que patrons de brasseries refusent tout simplement le contrôle lié au passe sanitaire.

Pourquoi donc ?… Parce que leur cœur de métier, la vocation qui leur tient à cœur, est tout d’abord d’accueillir le client, sans lequel ils ne sont rien. De l’installer là où il sera le mieux et de lui apporter ensuite sur un plateau le fruit de sa commande, quelle qu’elle soit.

D’échanger peut-être, selon la tête du client, une ou deux plaisanteries. Certains les aiment un peu grivoises, d’autres plus poétiques, ou uniquement météorologiques.

En bref, le client est roi chez le cafetier-bistrotier-restaurateur.

Dans cette optique, il n’y a pas la moindre place pour une interrogation musclée d’ordre sanitaire du genre « dépêchons, votre QR code ? »  Le cafetier-bistrotier en tremble d’indignation. Lui pourrir ainsi son métier ! Son métier à lui, c’est que le client se sente bien, c’est de lui servir de saines boissons ou des petits plats mijotés avec amour, ce n’est pas de le fliquer, encore moins de faire de la délation.

Les cafetiers restaurateurs ne veulent pas verser dans ce système policier peu policé. D’abord ils n’ont pas le temps. Deuxièmement, ils n’en ont pas envie. Troisièmement, cela demanderait à certains d’embaucher du personnel pour contrôler et ils n’en ont ni les moyens ni le souhait.

Ce n’est pas qu’ils soient contre le vaccin ou le passe, précise l’un d’eux. Mais le contrôle leur paraît tout simplement inapplicable. Ce sera le bazar dans les files d’attente et dans les emplois du temps, pour tout le monde.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/cambrai/pass-sanitaire-operation-ville-morte-a-cambrai-une-soixantaine-de-restaurateurs-refusent-de-controler-leurs-clients-

Les consommateurs non plus n’ont pas envie d’une France de délation, de contrôle de tous par tous. La France a toujours été jusqu’à maintenant un pays de convivialité, de partage.

Nicolas Dupont-Aignan de tweeter : « Les Français ne veulent pas d’une société malsaine où les individus se contrôlent & se dénoncent entre eux, ceci n’est ni acceptable, ni digne de la France ! » 

https://fb.watch/7ec1ZY6Ie2/

Nicolas Dupont-Aignan de rajouter : « Ce qui est en cause, ce n’est pas la politique sanitaire, c’est notre société ». Mais non, permettez, ce sont les deux qui sont en cause : c’est la politique sanitaire débile qui produit des directives ubuesques et inapplicables, et c’est notre société coupée en deux par cette politique.

Comme l’a si bien dit le maire de Villeneuve-Loubet, Lionnel Luca, qui est vacciné mais refuse le passe sanitaire : il ne veut pas scinder sa population en deux. D’un côté les bons, les admis, les bien notés, de l’autre bien loin derrière une grille, les mauvais, les rejetés, les perturbateurs, ceux dont on ne veut pas.

Aussi Lionel Luca a-t-il annulé pour le moment toutes les festivités de sa commune. Il ne veut pas faire le tri entre ses concitoyens.

Les cafés et restaurants ont suffisamment souffert pendant le confinement. Certains ont fermé ou vont le faire. D’autres sont sous perfusion. A-t-on besoin de leur imposer en plus une procédure tatillonne, mesquine, mangeuse de temps pour des compétences qui seraient mieux utilisées ailleurs, par exemple derrière leurs fourneaux ?

Imposer le passe sanitaire sur les terrasses alors qu’on sait qu’il n’y a pas de contamination à l’air libre semble une belle contradiction, surtout quand on pense aux autres lieux fermés où il n’y aura pas de passe sanitaire, comme les supermarchés.

Les clients eux-mêmes sont-ils conscients du ridicule de la situation ? Ouvrir leur dossier médical à une tierce personne qui n’appartient pas au corps médical ? Il y a là de quoi refroidir plus d’un usager, qui préférera rester chez lui dans ces conditions et on le comprend.

C’est notre liberté à tous qui est en jeu dans cette liberté d’aller au restaurant en paix.

Ce sont tous les cafetiers et restaurateurs qui devraient rester fermés demain. Et aussi les autres jours. Jusqu’à ce que nous obtenions gain de cause. Mais peut-être est-ce trop leur demander.

Et les musées, les salles de spectacle, les piscines etc. … fliqués, nous sommes fliqués !

Nos politiques se moquent bien de notre colère. Ils ont leurs propres cafés et restaurants attitrés, bien fermés dans tous les sens du terme, mais qui sont restés ouverts pendant toute la crise – à nos frais. Comme la « cantine » du Sénat qui n’a pas fermé un seul jour, a des menus à faire pâlir d’envie tout un chacun, et est largement subventionnée par l’État…

Et lundi ?… Eh bien, lundi sera un autre jour. On ne sait pas ce qui peut se produire d’ici là. On espère un retour à la raison de la clique qui nous gouverne, quelque peu chahutée par nos manifs. Mais ce n’est pas gagné.

Sophie Durand