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A Dominique Venner, la patrie toujours pas reconnaissante !

Il y a cinq ans jour pour jour, le 21 mai 2013 à 16h, Dominique Venner décida de mettre fin à ses jours, en se tirant une balle dans la tête à Notre Dame. Paris est en pleine effervescence à propos de la Loi Taubira. Le lendemain a lieu la décapitation du soldat britannique Lee Rigby à Woolwich, par deux nigérians convertis à l’Islam. C’est le début d’une série d’attentats islamistes à travers l’Europe.
Dix jours plus tard, quelques compagnons de route de Dominique Venner décident de lui rendre un hommage public, au pied de la statue équestre de Charlemagne sur le parvis de Notre Dame. Parmi les orateurs, Christine Tasin, Renaud Camus… Aucun média ne se déplace : la presse se montre intraitable à l’égard de Dominique Venner.

Après avoir tardé à révéler l’identité du « suicidé de Notre Dame », la présentation du personnage a été sans appel ! Un « essayiste, militant de l’extrême droite radicale ». Il fallait l’écrire ! Aurait-on titré à la mort de Jean Paul Sartre, le 15 avril 1980 : « un théâtreux, militant de l’extrême gauche radicale » ? Non et pourtant son extrémisme et surtout sa nocivité furent bien réels, puisque Jean Paul Sartre soutint haut et fort, les pires dictatures de la planète : Castro, Khomeyni, Mao et le sanguinaire Pol Pot sans parler du FLN algérien, s’autoproclamant lui-même « porteur de valise ».
En 1968, Sartre fonde la « Gauche Prolétarienne », creuset du gauchisme soixante-huitard qui allait s’emparer du pouvoir pendant plus de 45 ans et faire renaître, par le biais du « politiquement correct », une épuration beaucoup plus subtile mais non moins efficace que celle de 1945 à laquelle d’ailleurs, Sartre a participé en qualité de « membre du Comité d’épuration », bien qu’ayant passé une vie parisienne plutôt tranquille sous l’occupation ! Malgré ses prises de positions plus que sulfureuses, la mort de Sartre fut l’objet de funérailles quasi-nationales, frôlant l’indécence.

https://www.youtube.com/watch?v=Fe91KVvGG2I

Il n’en va pas de même pour Dominique Venner. Présenté comme essayiste, son travail d’historien est passé sous silence. Il reçut pourtant le prix Broquette-Gonin d’histoire de l’Académie Française en 1981 pour son ouvrage « Histoire de l’Armée Rouge ». Pas un mot non plus pour son « Histoire critique de la résistance » (Editions Pygmalion) dont l’auteur disait qu’il n’aurait pu écrire ce livre sans la contribution de son ami François de Grossouvre, conseiller du Président Mitterrand, lui aussi « suicidé » dans des circonstances rocambolesques, le 7 avril 1994 au … Palais de l’Elysée !
La presse de Pierre Bergé n’a rien trouvé de mieux que de tenter de profiter de l’occasion pour « apporter la preuve par neuf » que Madame Le Pen était bien « d’extrême droite » puisqu’elle avait osé rendre un court hommage à l’historien disparu !
Son engagement pour la France, Dominique Venner la concrétise dès l’âge de dix-huit ans, en s’engageant dans l’armée pour servir en Algérie. Il sera d’ailleurs décoré de la Croix du Combattant. Mais ses sympathies pour le putsch des généraux lui vaudront la prison. C’est à sa sortie qu’il décide de se consacrer à l’histoire et à l’écriture, car, selon lui, seul un véritable travail de mémoire éviterait à la France de se couper de ses racines millénaires.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Venner

C’est ainsi qu’il s’intéresse à l’histoire politique de l’Allemagne, notamment à la période de l’entre-deux guerres. Influencé par le philosophe allemand Heiddeger, il écrivit une remarquable biographie de l’écrivain Ernst Jünger, contribuant à une meilleure connaissance en France de la pensée allemande. Militant européen déclaré et convaincu, il désespère de voir cette Europe des banques et de la bureaucratie bruxelloise se déliter implacablement au profit d’un mondialisme dévastateur.
En 2002, il fonde la Nouvelle Revue d’Histoire, et doit faire face au harcèlement judiciaire orchestré pour faire couler sa revue. Elle éditera néanmoins 92 numéros dont on retiendra les célèbres éditoriaux, si pertinents et si bien écrits !
Que le lecteur relise en ce jour anniversaire, le texte qu’il écrivit et qu’il laissa sur l’autel de Notre Dame, le 21 mai 20013 et qui est pour nous à la fois une prophétie et un testament politique :

« Les manifestants du 26 mai (NDCL : il s’agit de la Manif Pour Tous) auront raison de crier leur impatience et leur colère. Une loi infâme, une fois votée, peut toujours être abrogée.
Je viens d’écouter un blogueur algérien : « De toute façon, disait-il, dans quinze ans les islamistes seront au pouvoir en France et il supprimeront cette loi ». Non pour nous faire plaisir, on s’en doute, mais parce qu’elle est contraire à la charia (loi islamique).
C’est bien le seul point commun, superficiellement, entre la tradition européenne (qui respecte la femme) et l’islam (qui ne la respecte pas). Mais l’affirmation péremptoire de cet Algérien fait froid dans le dos. Ses conséquences seraient autrement géantes et catastrophiques que la détestable loi Taubira.

Il faut bien voir qu’une France tombée au pouvoir des islamistes fait partie des probabilités. Depuis 40 ans, les politiciens et gouvernements de tous les partis (sauf le FN), ainsi que le patronat et l’Église, y ont travaillé activement, en accélérant par tous les moyens l’immigration afro-maghrébine.
Depuis longtemps, de grands écrivains ont sonné l’alarme, à commencer par Jean Raspail dans son prophétique Camp des Saints (Robert Laffont), dont la nouvelle édition connait des tirages record.

Les manifestants du 26 mai ne peuvent ignorer cette réalité. Leur combat ne peut se limiter au refus du mariage gay. Le « grand remplacement » de population de la France et de l’Europe, dénoncé par l’écrivain Renaud Camus, est un péril autrement catastrophique pour l’avenir.

Il ne suffira pas d’organiser de gentilles manifestations de rue pour l’empêcher. C’est à une véritable « réforme intellectuelle et morale », comme disait Renan, qu’il faudrait d’abord procéder. Elle devrait permettre une reconquête de la mémoire identitaire française et européenne, dont le besoin n’est pas encore nettement perçu.

Il faudra certainement des gestes nouveaux, spectaculaires et symboliques pour ébranler les somnolences, secouer les consciences anesthésiées et réveiller la mémoire de nos origines. Nous entrons dans un temps où les paroles doivent être authentifiées par des actes.
Il faudrait nous souvenir aussi, comme l’a génialement formulé Heidegger (Être et Temps) que l’essence de l’homme est dans son existence et non dans un « autre monde ». C’est ici et maintenant que se joue notre destin jusqu’à la dernière seconde. Et cette seconde ultime a autant d’importance que le reste d’une vie. C’est pourquoi il faut être soi-même jusqu’au dernier instant. C’est en décidant soi-même, en voulant vraiment son destin que l’on est vainqueur du néant. Et il n’y a pas d’échappatoire à cette exigence puisque nous n’avons que cette vie dans laquelle il nous appartient d’être entièrement nous-mêmes ou de n’être rien ». Dominique Venner

Philippe Fretté