A la lecture du livre de Trierweiler, Hollande nous apparaît lâche, menteur, méprisant du peuple

hollande-premiere-victoire.CaptureSi Valérie Trierweiler ne nous est jamais apparue proche de nos idées, elle qui est plus prompte à s’inquiéter du sort des enfants pauvres originaires d’ailleurs en laissant pour compte ceux de chez nous dont pourtant elle est elle-même issue (sa famille politique n’a de cesse de rejeter le peuple français qui a fait la France d’avant le grand remplacement),  il faut reconnaître malgré tout à la lecture de son brûlot qu’elle apparaît bien loin du portrait de la femme dominant son conjoint soumis, telle que nous l’ont donné en pâture les médias. L’image de l’arriviste aux dents longues qui aurait porté la culotte à la maison a fait long feu. Son histoire reflète au contraire le portrait d’une femme très amoureuse, parfois à la limite de la candeur, suffisamment amoureuse en tout cas pour supporter les remarques de mépris glacé sur ses origines sociales et les multiples goujateries sexistes à son encontre de la part de celui qui partageait sa vie.

Tout ce qui a été dépeint d’elle par les médias charognards est expliqué, décortiqué et nous apparaît finalement tout à fait crédible, compte tenu des circonstances qu’elle décrit de l’intérieur.

Si ce grand déballage impudique ne grandit pas l’univers politique déjà lamentablement à la ramasse qui est le nôtre, ni la fonction présidentielle qui n’avait vraiment pas besoin de cela pour être la risée du monde, dans Merci pour ce moment Valérie Trierweiler dépeint page après page un François Hollande froid, menteur, calculateur, malotru, couard, d’une muflerie effrayante, lâche, égocentrique et méprisant du peuple.

Elle rapporte par exemple un repas de famille, sa famille à elle, les Massonneau, suite auquel Hollande dans un petit ricanement de mépris pour leur condition modeste lui balance à la figure « elle n’est quand même pas jojo, la famille Massonneau ». Ce président-là n’aime pas les pauvres, les « sans dents », se sentant nettement plus à sa place chez les parents de Julie Gayet qui, eux, ont le bon goût de posséder un château cossu du XVIIe siècle. Valérie Trierweiler prend soin de préciser que sa propre famille est à l’image des électeurs de Hollande. Nous ne saurons pas ce qu’il a répondu à cela…

Elle raconte encore ce rire plein de muflerie qu’il a eu un jour et qu’elle a reçu comme une gifle lorsqu’une femme a abordé Hollande pour lui demander de ne pas épouser « Valérie », alors qu’il aurait dû normalement prendre la défense de celle qui partageait sa vie, celle à qui précisément il a demandé par trois fois de l’épouser, dont la dernière il y a seulement quelques semaines.

L’homme dont elle nous brosse le portrait dans une suite d’anecdotes est clairement avide de pouvoir et de reconnaissance, de possession. Il veut posséder son ex compagne même au-delà de leur séparation, l’empêcher de tourner la page, de passer à autre chose. Il décortique son emploi du temps, suit ses moindres pas, la harcèle de multiples textos chaque jour. Il l’a répudiée comme une malpropre aux yeux du monde entier mais veut tout de même en garder le contrôle par jalousie, par égoïsme, mais aussi comme rempart réconfortant face à sa chute dans les sondages. La répudiée doit se rendre disponible pour compenser cette image déplorable que lui renvoie à la face ce méprisable peuple français de si petite extraction. Valérie, qu’il a abandonnée seule en la jetant négligemment sur un lit pour courir retrouver Julie Gayet alors qu’elle venait d’avaler un paquet de comprimés, devrait aujourd’hui lui revenir pour l’aider à conjurer la détestation et le rejet violent qu’il suscite dans l’opinion publique.

Elle relate cette phrase qu’Hollande a eu à son retour du Mali où il disait, parlant de cette visite, qu’il « s’agissait du plus beau jour de sa vie politique », ce à quoi elle a répondu que « si le plus beau jour de ta vie politique n’est pas le jour où les Français t’ont élu président de la République, alors ils ont eu tort ». On ne saurait mieux dire. On mesure tout le mépris pour la fonction que les Français – du moins une partie d’entre eux – lui ont confiée. Le pouvoir le grise même au point de considérer que Fabius a raté sa vie parce qu’il n’a jamais été président, un point de vue qui nous fait rire jaune. Le devoir consistant à prendre soin du pays qu’on lui a confié semble par contre lui être tout à fait accessoire.

« Les hommes de pouvoir perdent très vite le sens des limites », explique le psychiatre de V. Trierweiler qui ajoute qu’Hollande serait atteint du « syndrome du gagnant », lui l’éternel perdant, le poissard, le sans stature, lui qui ne doit sa place non à son seul mérite mais parce qu’un autre a failli et que le président sortant n’avait plus la cote. Hollande est là par erreur, par accident, sur un malentendu du destin.

Celui qui fait semblant d’aimer les pauvres mais ne fréquente que des riches, celui qui est né avec une cuillère en argent dans la bouche, ce « sans amis » qui ne côtoie que les fréquentables énarques de la promotion Voltaire avec lesquels il parle politique, aime tellement le pouvoir qu’il veut le garder pour lui seul, ne pas le partager. Laisser une trace dans les manuels d’Histoire pour l’éternité, voilà son ambition ultime, comme d’autres se font cryogéniser par désir fou d’immortalité et par peur de n’être plus, par vanité de se croire indispensable au monde des vivants. Il a soif de pouvoir au point de ne même pas vouloir partager avec sa famille un moment au Palais : « pas une seule fois il n’a invité son père à l’Élysée, ni son frère. Il se veut un destin hors norme, un Président orgueilleusement seul », lui qui n’est là que parce qu’il est arrivé premier dans un concours de circonstances…

L’homme est lâche. Il jure, promet, ment sans cesse par principe et pour gagner du temps, pour ne pas lâcher la proie pour l’ombre, pour éviter l’affrontement, se débarrasser et remettre à plus tard les contrariétés. « Le mensonge est ancré en lui, comme le lierre se mêle à l’arbre ». Peu importe la blessure occasionnée, peu importe la tromperie et la trahison, du moment que cela est bon pour lui. Hollande est lâche et couard au point de ne même pas être capable de dire à sa mère qu’il est en couple avec Valérie. C’est donc à elle qu’il demande de l’appeler pour lui annoncer…

Un chef d’Etat est-il censé être un lâche qui fuit sans cesse ses responsabilités et ment à tout bout de champ ?

« La fonction présidentielle doit être respectée afin de préserver nos institutions » a dit Hollande. Qu’il commence lui-même par la respecter.

La muflerie transpire tout au long du livre avec notamment ce passage concernant la fameuse dépêche AFP annonçant la rupture, dont on mesure après coup, toute l’effarante teneur, quand nous imaginions une toute autre scène : « Il me lit le communiqué de rupture qu’il a prévu de livrer à l’AFP, dix-huit mots froids et orgueilleux, chacun est comme un coup de poignard. Je m’effondre devant la dureté de sa phrase, cette manière méprisante de « faire savoir » qu’il « met fin à la vie commune qu’il partageait avec Valérie Trierweiler »… Je me lève et pars en hurlant : 

– Vas-y, balance-le ton communiqué si c’est ça que tu veux. 
Il tente de me rattraper, de me prendre dans ses bras.


– On ne peut pas se quitter comme ça. Embrasse-moi.
 Il me propose même que nous passions la dernière nuit ensemble… ».

Valérie Trierweiler décrit la proximité presque maladive d’Hollande avec les médias dans une collusion intime, voire charnelle entre média et politique, ces deux branches amantes du pouvoir, toujours si intimement imbriquées « Les journalistes politiques ont essayé de comptabiliser le nombre d’entre eux qui reçoivent des SMS du Président. Ils ont dépassé le chiffre ahurissant de 70 ».

« Il faut juger les hommes politiques sur leurs actes », a dit Ségolène Royal, celle qui disait pourtant d’Hollande qu’il n’avait jamais rien fait de sa vie. Avec le bouquin de celle qu’on a surnommée « la Rotweiller », nous jugeons effectivement les actes d’Hollande et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils sont encore plus affligeants que ce qu’on imaginait.

Merci pour ce moment de lecture, Mme Trierweiler. Vous n’en sortez sans doute pas grandie et les Français ne vous en aimeront probablement pas davantage, mais au moins les « sans dents » savent maintenant à quoi s’en tenir.

Caroline Alamachère

PS : j’ajouterais qu’on ne saurait trop conseiller à François Hollande de bien vouloir respecter les règles de sécurité routière appliquées aux Français ordinaires qui, eux, doivent payer cher quand ils les outrepassent : « Il est capable de danser le sirtaki sur la chanson de Dalida, même au volant ».

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