A l’ONU, l’Arabie Saoudite fait main basse sur le Centre International de Lutte contre le Terrorisme !

Le ridicule ne tue pas, il se porte à merveille : nous apprenons que le Royaume de l’Arabie Saoudite devient le grand financier et parrain du Centre du Contre Terrorisme de l’ONU (UNCCT). C’est l’un des grands scandales actuels de l’Organisation des Nations Unies.

Cette nouvelle est encore plus révoltante que celle de l’élection de la Libye de Kadhafi à la présidence de la Commission des Droits de l’homme des Nations Unies en janvier 2003. Que reste-t-il de crédibilité à ce « machin », qualificatif cher au Général de Gaulle qui fustigeait cette organisation qui n’a d’âme que l’âme de ses pourvoyeurs de fonds ?

Wikileaks a divulgué un message de Hillary Clinton, classé document secret : « Les donateurs d’Arabie Saoudite constituent la source la plus significative du financement du terrorisme sunnite à travers le monde dont les Talibans en Afghanistan et Lashkar-e-Taiba (LeT) au Pakistan ». Wikileaks qualifie même l’Arabie Saoudite de « cash machine du terrorisme ».

Le Prince Fayçal al-Saoud a une tout autre version des choses : « Le terrorisme n’a pas de religion … la religion que les terroristes professent ne doit pas être accusée de terrorisme ». Question de retirer à l’islam toute responsabilité dans le terrorisme (1). On peut rappeler que sur les 19 terroristes du 11 septembre 2001, 15 étaient saoudiens.

La chaine libanaise al-Mayadeene a publié le 15 janvier 2014 un entretien avec Bachar al-Jaafari, délégué permanent de la Syrie à l’ONU, qui lance les griefs de son pays contre l’Arabie Saoudite, commanditaire d’actes de terrorisme dans le monde et tout spécialement en Syrie :  « A quelques jours de l’ouverture de Genève 2, censé trouver une solution politique à la guerre en Syrie, comment le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon peut-il dialoguer avec l’Arabie Saoudite puis  quémander auprès d’elle des aides dans le cadre de l’assistance au peuple syrien et en même temps être à l’écoute des preuves qui lui parviennent de Syrie et d’Irak sur l’utilisation d’armes [de provenance saoudienne] pour modifier les donnes régionales et internationales ? »

Comment Ben Ki-moon peut-il accepter, pour l’UNCCT à New-York, le tutorat de l’Arabie Saoudite ? En tout cas on sait qu’elle a versé  10 millions de dollars en 2011 et 100 millions en 2013, hors budget de l’ONU. L’Arabie Saoudite ne  tombe-t-elle pas juste sous l’article du « conflit d’intérêts » ? N’y a-t-il pas corruption et absence de transparence ?

DOLLARS2

Pourtant la stratégie de l’ONU depuis 1999 interdit l’incitation au terrorisme. C’est ce que pointe le délégué syrien: « Le Secrétaire Général, face à l’opinion mondiale, fait la promotion d’un partenariat avec l’Arabie Saoudite pour lutter contre le terrorisme, une promotion mensongère et hypocrite. Comment l’Arabie Saoudite peut-elle être partie prenante dans la lutte contre le terrorisme alors qu’elle envoie des terroristes en Syrie et est impliquée en Afghanistan, en Irak et au Mali et auparavant en Algérie, au Nigéria et au Niger ? »

Une liste de 72 religieux saoudiens qui font l’apologie du jihad et du terrorisme en Syrie et plusieurs listes de Saoudiens tués en Syrie (173 puis 300 noms) ont été remises au Secrétaire Général. Du Yémen, 520 éléments armés d’al-Qaeda ont été infiltrés en Syrie par le Renseignement saoudien via la Turquie.

Et al-Mayadeen poursuit : «  Le ministre des Affaires Étrangères de l’Arabie Saoudite a avoué au Caire, à deux reprises, que l’Arabie « arme l’opposition [syrienne] ». «  Récemment  sur 9 morts de EIIL (Etat Islamique d’Irak et du Levant) tués par l’armée régulière, 5 étaient des Saoudiens. On estime que ce sont des centaines sinon des milliers de Saoudiens qui combattent dans les rangs du Front al-Nousra et du Front Islamique. Ce dernier groupe est l’œuvre du prince Bandar, de son frère et du Renseignement saoudien ».

Le FBI, selon le New-York Times, est très inquiet du retour de Syrie des jihadistes américains qui pourraient constituer des cellules dormantes pour lancer des attentats et des massacres à l’intérieur même des États-Unis.

Comment les États qui financent et attisent la guerre en Syrie peuvent-ils siéger à Genève 2 alors qu’ils refusent une solution politique et agissent au travers de groupes armés étrangers destructeurs et sanguinaires pour réaliser des buts utopiques ?

Pour Genève 2, nous sommes à l’approche d’un fiasco annoncé.

Bernard Dick

(1) A lire : https://ripostelaique.com/ayaan-hirsi-ali-a-chaque-assassinat-musulman-ils-essaient-de-disculper-lislam.html

 

image_pdf
0
0