A Lyon ce week-end, deux Guignols et une Présidente

Publié le 7 février 2017 - par - 2 commentaires - 516 vues
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Resté discret durant le barnum de samedi et dimanche à Lyon, François Fillon vient de nous servir son numéro et je dois dire qu’il s’en tire bien. Comprenez, il reste dans la boucle et il a réussi, avec une stratégie bien construite, à effacer l’ardoise que l’on veut lui faire payer. Je ne milite pas – loin de là – pour ce candidat. Mais, à tout prendre, si une catastrophe du genre “Front républicain” devait nous tomber sur le coin de la démocratie au second tour, je préfèrerais que ce soit pour le faire élire lui plutôt, que Benoît Hamon, le futur converti de l’Islam…

Mais nous n’en sommes pas encore là. Pendant l’escapade lyonnaise du week-end dernier, un deuxième guignol se donnait en spectacle en gesticulant le doigt pointé comme à son habitiude, dans un mauvais remake du “Passe-muraille” en jouant le “geek” avec un hologramme. Plus loin, près du stade de Gerland, le “Petit banquier” – l’idole des 40/45 ans, classe moyenne et CSP+ (catégorie socioprofessionnelle au dessus de la moyenne), centriste travesti par un Parti Socialiste fantôme, adepte d’une “mondialisation utopique” et contempteur d’une France plus que millénaire, sorte de “machin” (merci Mon Général) sans queue ni tête, faisait marcher ses fans excités comme des canards derrière un pingouin.

Au cours de ces agapes au pays de “Monsieur Paul” (Bocuse), Marine Le Pen quant à elle, habillée d’un sobre et élégant habit présidentiel, nous offrait un vrai programme, réfléchi, structuré et honnête. Elle reste, nous n’en doutons pas, favorite dans la course électorale à trois qui s’est confirmée aujourd’hui lundi avec la résurgence de François Fillon.

A trois, parce que les oripeaux de la gauche que se partagent Mélenchon et Hamon ne suffiront pas à les habiller pour les élections. En effet, les Français commencent a être saturés de chèches et le costume de Staline a montré depuis belle lurette qu’il était élimé. Ces deux-là, à force de faire des courbettes ponctuées d’“Assalam Aleikum” à l’électorat musulman, l’un par conviction l’autre par usage d’une laïcité dévoyée, seront à genoux avant le mois de mai pour prier, avec leurs coreligionnaires. Il faut reconnaître également que leurs programmes, particulièrement indigents en matière d’économie, de sécurité, d’éducation, de culture, etc., ne se résument en fait qu’à une proposition, répétée à l’envi : faire barrage à Marine Le Pen… qui, malgré leurs cinq prières quotidiennes, restera au second tour face à Macron ou Fillon.

Dans ce scénario, il semblerait que le “Petit Banquier” ne soit pas dangereux. Une piqûre sur les fesses et le ballon se dégonflera faute d’hélium (entendez financement), parce que ses copains – banquiers et autres – ne se risqueront pas à endosser l’habit de l’Oncle Picsou si le retour sur investissement n’est pas garanti. C’est bien connu, les banquiers ne prêtent que si vous n’avez besoin de rien. Son petit costard, ses pompes pointues et sa cravate fine, s’ils donnent l’illusion d’un “start-upeur mondialiste dynamique” (Bruno Bonnell, PDG d’Atari est son représentant à Lyon), tueur de fachos et de trotskistes et emportent provisoirement l’adhésion d’une classe moyenne en mal de repères et d’idéal, n’en font pas, loin s’en faut, un homme providentiel pour le costume présidentiel. Quand il aura dévoilé son programme – s’il en a un -, il aura beaucoup de mal à financer la machine électorale. C’est-là que nous verrons vraiment d’où il vient ! Ensuite, il lui faudra rassembler aux législatives… et payer pour !
Pour un parti qui n’a que quelques milliers d’adhérents, qui de surcroît ne payent aucun frais d’adhésion, le pari semble difficile (voir ici : https://en-marche.fr/adhérer.html)… À moins que les banques viennent au secours du “Golden Boy” qui, bien avant de devenir le ministre de l’Economie que nous avons connu, travaillait dans les bureaux discrets d’une banque d’affaires où il a pu tout à loisir s’acoquiner avec ses pairs banquiers…

Non, décidément, la gauche historique étant en caleçon, c’est bien François Fillon, requinqué et habillé de propre après ce passage à la lessiveuse médiatique, qui sera le véritable danger pour Marine. Il a avec lui cette partie des Français qui du centre et de la droite traditionnelle qui s’habille chez Boss, qui n’aime pas le changement ni l’aventure – sauf au Club Med -, qui se tient prête à le porter au pouvoir. Cette partie de la population française, de toutes confessions, nantie et bien pensante, donneuse de leçon d’humanisme, reste le principal danger des scrutins faussés de la Vème république. Ces Françaises et ces Français n’hésitent jamais, dans ce jeu électoral, à se parer des habits de la morale, fût-ce au prix d’une compromission indécente avec la gauche honnie. Ils iront alors, la conscience tranquille, voter en se parjurant. Un peu comme le mafioso de “Cosa Nostra” qui va communier le dimanche à l’église alors que sa pétoire est encore chaude et fumante du dernier homicide !

François Fillon, “il capo de tutti capi” fera de même. Comme tous ses complices de la droite depuis trente ans, pour ceindre l’écharpe tricolore, poser dans les jardins de la Pompadour et mettre la main sur le pactole républicain. Le moment venu, il retournera sans hésiter sa veste bleu marine du côté rose de la doublure…

Jean-Louis Chollet

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Notifiez de
antécumé

Chacun pourra remarquer que les yeux de Macron ne sourient pas, seule la bouche s’ouvre sur des dents bien affutées.

Jean-Louis Chollet

Merci pour cet éclairage précieux, Themis.