Après les Trente Foireuses, la gauche en phase terminale (1re partie)

Publié le 16 mai 2011 - par - 924 vues
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À mon cher ami de gauche qui me fait la gueule,

Une fois de plus, je constate avec tristesse que tu n’as pas répondu à mon dernier courrier, ne serait-ce que pour me dire que tu l’avais bien reçu ; il était pourtant banalement administratif, sans rien de polémique.

Malheureusement, c’est le comportement que tu as adopté à mon égard depuis quelques mois. Pour résumer : tu ne réponds plus à mes courriers (même ceux qui contiennent des piques ouvertement destinées à te faire réagir), tu ne me téléphones plus pour prendre de mes nouvelles et tu ne me téléphones plus pour me donner des tiennes ; visiblement, tu m’évites, tu me fuis, tu esquives toute rencontre entre nous ; bref, tu me fais la gueule.

Me reproches-tu quelque chose ? Et quoi donc ? Me juges-tu infréquentable comme un de ces oncles un peu bizarres qu’on n’invite plus de crainte qu’il dise des gros mots à table ? Et pour quelles raisons ? Mon petit doigt me dit qu’il doit s’agir de divergences idéologiques car, alors que je suis (comme toi) homme de gauche depuis toujours, bien que sans parti, alors que j’ai (comme toi encore) voté à gauche toute ma vie de citoyen électeur, je m’écarte depuis quelques années (plus du tout comme toi) d’une gauche que je reconnais de moins en moins, une gauche qui n’a plus rien de gauche mais tout d’une sorte de copie de la droite, inversée sur la forme mais identique sur le fond, une fausse gauche en somme alliée à une vraie droite dans une bouillie empoisonnée justement nommée « UMPS ». C’est triste à dire mais ce n’est pas moi qui ai quitté la gauche, c’est la gauche elle-même qui n’est plus à gauche. N’as-tu donc pas constaté toi aussi cette mutation génétique contre nature ? Ou peut-être l’acceptes-tu comme normale ou nécessaire ou inévitable ? En tout cas, tu sembles avoir pris le parti de tes idées contre tes amitiés et c’est un choix que je trouve regrettable ; aussi, laisse-moi essayer de te convaincre que les choses sont réellement comme je les vois et pas du tout comme tu les crois.

Je le confesse, j’aime taper sur cette gauche vertueuse-et-pleine-de-grâce qui le vaut bien, puisqu’elle a éjecté le réel (encombrant, contrariant, inquiétant), bazardé l’intelligence et la réflexion (inutiles) et trahi sans vergogne ses plus hautes valeurs historiques (ringardes) pour, à leur place, nous infliger un moralisme pudibond digne d’une école maternelle, se poser en sempiternelle donneuse de leçons, glorifier l’indignation larmoyante tous azimuts (indignez-vous !), tout en prodiguant une complaisance énamourée sans bornes à toutes les racailles (l’américanisée d’en haut comme l’islamisée d’en bas) qui ne se gênent pas pour la « niquer » allègrement. Quant aux mal-comprenants, ces nuls qui n’arrivent pas à croire que le vert paradis terrestre pour les idiots du village planétaire est pour demain, des troupeaux de pitbulls hargneux de la police de la pensée, de la vertu et des bonnes moeurs, se chargent de leur remettre les bonnes idées en place avec l’arme de destruction massive qu’est l’accusation de racisme ou d’incitation à la haine raciale, et le mortel lynchage médiatique qui s’ensuit. Quel programme et quel progrès ! et avec DSK en Président et en Porsche, quel cauchemar ! J’ai cru comprendre qu’en 2012 tu pencherais volontiers pour Mélenchon au premier tour, alors n’oublie pas que tu auras probablement DSK au second !

Et cette aversion que j’ai désormais pour la gauche te défrise manifestement alors que tu devrais la partager me semble-t-il, ce qui montre par là toute l’étendue de ta tolérance à la critique, à la moquerie, à la liberté de pensée et d’expression. Peut-être même n’acceptes-tu de discuter qu’avec ceux qui sont du même avis que toi ? C’est une décision pas fameuse pour les relations mais sage pour éviter les fâcheries et l’hypertension. Et peut-être songes-tu carrément à faire taire ceux qui ne sont pas de ton avis ? Les vrais démocrates de gauche, quand ils sont à bout d’arguments, quand ils ont le nez dans leur caca, doivent savoir brandir la matraque de la censure contre les contradicteurs ; par exemple, ce sont toujours des énergumènes de gauche (partis, syndicats ou officines autoproclamées anti-trucmachinchose) qui exigent à longueur de temps l’interdiction de tout ce qui les contrarie (et c’est tout le réel qui les contrarie) ; on a aussi entendu un syndicat affirmer sans s’étouffer que la neutralité syndicale est compatible avec une activité politique, mais seulement quand celle-ci est de gauche ! donc, viré le militant FN ! « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos ! », clament de valeureux gauchistes pré-pubères qui se prennent pour les résistants de 40 alors qu’ils ne sont que des rebelles de canapé. Un esprit simple comme le mien ne voit là que mensonge, imposture, hypocrisie, tartuferie, double langage, mais il a tort car il doit bien s’enfoncer dans le crâne que la démocratie est (premier postulat) la propriété et le monopole exclusifs de la gauche (quoi qu’elle fasse) tandis que tout ce qui n’est pas de gauche (quoi que ce soit) est (second postulat) anti-démocratique ; et là, soudain, je comprends tout : la gauche est devenue une secte tyrannique, intolérante et malfaisante ! Les anti-sectes peuvent reprendre du service, y a du boulot.

As-tu décidé que tout ce qui vient de moi est désormais « puant », « rance » et « moisi » et doit sans délai disparaître au fond du dépotoir réservé aux courriers indésirables et « nauséabonds » (la novlangue à la mode sent des pieds) ? As-tu peur d’être « contaminé » (comme on dit au Nouvel Obs) par mon contact ? As-tu définitivement rejoint l’Empire du Bien, ses « Übermenschen » purs et ses bisounours-idiots-utiles qui travaillent inlassablement à remplacer le réel effrayant par de jolies illusions rassurantes, des fables dégoulinantes de bons sentiments et des contes de fées infantilisants dans lesquels tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil ? Si tel est le cas, je comprends votre frénésie harceleuse contre les « Untermenschen » impurs, ces vilains petits canards pas beaux, ces salauds de « racistes », « fascistes », « nazis » et « phobiques » en tous genres, qui eux osent encore regarder lucidement la réalité en face et appeler un chat un chat ; des gens comme moi en somme, des gens bien ordinaires dont le seul tort est leur incapacité à ne pas voir ce qui crève les yeux. Rêves-tu d’obliger ces récalcitrants à se faire rééduquer en cellule de soutien psychologique ? ou de les fourrer au cabanon comme au bon vieux temps de la psychiatrie soviétique ? ou de les jeter en prison pour exercice illégal de leur esprit critique ? As-tu la nostalgie de l’inquisition et de ses bûchers ? du regretté Petit Père Joseph et de ses goulags ? du sympathique poivrot McCarthy et de ses chasses aux sorcières ? La répression des mal-pensants obstinés est sûrement l’une des plus anciennes activités humaines et elle n’a jamais manqué de gros bras. Mais tu ne peux pas réellement croire que nier le cancer empêchera ses métastases proliférantes de nous bouffer jusqu’à l’os et sans discrimination. Tu ne peux pas ignorer que la réalité, insidieusement et quoi qu’on fasse, finit toujours par nous exploser à la figure. Crois-tu que le « politiquement correct » est un grand bond en avant historique vers le resplendissant futur de l’homo sapiens superior plutôt qu’un retour accéléré à la chimpanzitude de notre brumeuse origine ?

Mais je ne fais pas que critiquer, je sais également reconnaître les incontestables réussites de la gauche ; pour preuve, j’en ai retenu trois particulièrement spectaculaires et que je vais m’efforcer de te montrer objectivement.

La première grande réussite de la gauche est d’être parvenue à racialiser absolument TOUTES les questions qui se posent à notre beau pays, ce que le modèle en la matière, les USA, pays historiquement génocidaire et raciste, pays de la ségrégation officielle et de la Guerre de Sécession, n’était jamais parvenu à faire aussi complètement. Et pourtant la France n’avait jamais connu de problèmes raciaux, croyait d’ailleurs qu’ils relevaient du folklore américain comme Disneyland, Halloween et les pom-pom girls, et paraissait, de par son histoire laïque et universaliste, tout à fait immunisée contre eux. Eh bien ! grâce en soit rendue à la gauche, tout ça est fini ! Maintenant, en plus de subir Disneyland, Halloween et pom-pom girls, TOUT en France, absolument TOUT est racialisé, c’est-à-dire relève du racisme, c’est-à-dire in fine des tribunaux !

Et c’est une racialisation qui a le dos large puisqu’elle inclut désormais l’ethnie, la couleur de peau, l’origine, la langue, le genre, l’« orientation sexuelle », la religion, les coutumes, la nourriture, les vêtements, le lieu de résidence, etc., en fait tout ce qu’on veut suivant l’intérêt revendicatif du moment. On mesure mal le progrès d’être passé en si peu d’années d’une société à peu près paisible, formée de citoyens juridiquement égaux et librement organisés en une unique communauté de destin, à une société désintégrée peuplée d’électrons définitivement libres et crétins (grâce à l’école, mais c’est un autre sujet de satisfaction), tous hostiles les uns envers les autres mais d’un grégarisme jaloux pour leur communauté raciale d’origine et revendiquant agressivement toujours plus de droits et de privilèges dans une surenchère perpétuelle entre communautés rivales.

Mais attention ! Il y race et race ! Affirmer qu’il y a trop de blancs, de mâles, de chrétiens, d’hétérosexuels, de « souchiens » à béret et à baguette-saucisson-pinard sous le bras, de Dupont-Lajoie dans tel ou tel organisme voire dans la société française tout entière (comme la déclaration d’Anne Lauvergeon, patronne d’Areva) est légitime, démocratique, moderne et progressiste ; c’est d’ailleurs mille fois démontré et prouvé par des armées d’« experts » bardés de déontologie et de diplômes en sociologie, en anthropologie, en psychologie, en politologie, en théologie, en sondages, en enfumage, en rabâchage, en marc de café, en entrailles de poulets halal ou en élucubrations (ce sont les mêmes) qui le répètent à cor et à cri dans tous les merdias. Mais dire qu’il y a trop de noirs, d’arabes, d’immigrés, de Roms, d’Africains, de phoques, de femmes, de musulmans, de clandestins, d’homosexuels, de Mouloud-Lajoie ou de quelque autre minorité « discriminée » et « stigmatisée » (comme l’affaire des quotas du foot), ça c’est raciste, RACISTE, R-A-C-I-S-T-E !!! La différence, que même les nuls de chez nul peuvent comprendre, est que les premiers sont héréditairement et éternellement criminels et coupables et n’ont de ce fait que des obligations (dont celle de lécher humblement les babouches des seconds), tandis que les seconds sont héréditairement et éternellement victimes angéliques et n’ont de ce fait que des droits (dont celui de se faire entretenir gratos par les premiers) ; cette conception d’une transmission héréditaire et éternelle jusqu’à la fin des siècles des siècles (amen), de l’innocence et de la culpabilité n’est pas une idée neuve en Europe puisqu’elle est la version relookée post-moderne du dogme chrétien du péché originel ; et cette conception est foncièrement raciste mais ce « détail » n’a, curieusement, jamais été remarqué par ses zélotes ; car ici et maintenant, elle fait la joie, le bonheur et le profit d’une multitude constamment croissante de branleurs agrippés aux murs et de canailles. On voudrait faire comprendre aux « souchiens » qu’ils sont de trop chez eux et qu’ils doivent « dégager » qu’on ne s’y prendrait pas autrement ; mais ils renâclent, ces gros cons de beaufs racistes qui ne comprennent rien à rien ! et ça fait le lit du Front National !

La deuxième grande réussite de la gauche est d’avoir remis Dieu au goût du jour ; et là encore, au pays de Voltaire, des Lumières, de la IIIe République Rad-Soc, de la loi de 1905 et du dépeuplement des églises, ce n’était pas gagné ! Mais le vieux fond de religiosité refoulé de la gauche a brillamment repris du service. Certes, les oripeaux du dieu à la mode d’aujourd’hui ne sont pas exactement ceux du dieu du catéchisme d’autrefois : autre nom (Allah), autre mode d’emploi (Coran) rédigé dans une autre langue (arabe), autre porte-flingue (Mahomet), autre nombril du monde (La Mecque), autre devise humaniste (« Mort aux chiens d’infidèles ! »), autre temps et autre lieu (Arabie du VIIe siècle) et autres moeurs (société archaïque patriarcale avec Bédouins analphabètes, chameaux et chèvres, sur fond de désert) ; on ne reconnaît pas vraiment le dieu dont les facéties ont tant enchanté nos deux mille ans d’histoire européenne. En outre, ce nouveau dieu a tout d’une vieillerie crasseuse puisqu’il s’est définitivement fossilisé dès sa naissance dans un bric-à-brac de bric et de broc d’idées venues de l’âge de pierre et radicalement incompatibles avec les nôtres ; dont la moindre n’est pas un regrettable penchant pour le totalitarisme le plus meurtrier.

Mais dieu reste dieu, nom de dieu ! Et il faut vivre avec son temps. Alors la gauche a récupéré habilement cette « deuxième religion de France » favorablement connue des services de police comme « religion d’amour, de tolérance et de paix », peut-être en se bouchant le nez mais ce n’est même pas certain puisque c’était tout bénéf pour elle. D’abord, pour compenser le désamour des partis et des syndicats par les autochtones ingrats (salaud de peuple !), les dévots lobotomisés du chamelier pédophile polygame sont un alléchant vivier de futurs électeurs encartés, un nouveau « peuple de gauche », certes encore un peu brut de décoffrage, mais susceptible de rapporter moult cotisations, subventions, profits et menus avantages variés. Ensuite, pour le grand mythe collectif et la maîtrise sociale qu’il permet, la nouvelle religion d’importation récente prend avantageusement la relève du cher communisme trop tôt disparu et du honni christianisme suranné, avec une capacité de coercition et de lavage de cerveaux particulièrement fascinante pour les nostalgiques de la manière forte. Également, dans l’actuelle « guerre économique impitoyable » de la mondialisation, désormais entièrement intériorisée par la gauche, les patrons voyous délocalisant les usines françaises vers le tiers-monde, on peut riposter astucieusement en délocalisant la main-d’œuvre du tiers-monde, majoritairement mahométane, en la faisant venir chez nous, na ! Pareillement, les considérations géostratégiques voient dans les fous de dieu et fous tout court des ennemis de l’Amérique détestée, donc des alliés objectifs, avec en vitrine le conflit israélo-palestinien, celui-ci fournissant en outre l’aubaine de pouvoir vitupérer en toute tranquillité un antisémitisme millénaire pudiquement rhabillé en antisionisme ; c’est aussi tordu que du Bernard Guetta mais ça marche très bien ! Enfin, n’oublions pas la trouille, la sainte trouille que ces pieux croyants nous inspirent, car ils prouvent chaque jour que dieu fait qu’ils sont totalement dépourvus d’humour et peuvent devenir rapidement fanatiquement violents quand on les asticote un peu (spécialement quand on les accuse injustement d’être violents) ; mieux vaut donc les caresser dans le sens du poil de barbe, voire baisser son froc de temps en temps pour leur manifester notre infinie compréhension, après avoir prudemment éloigné tous les couteaux de cuisine ; Paris vaut bien une mosquée… et Allah akbar !

Certes, il y a bien quelques petites difficultés ici ou là mais, avec l’aide de dieu, elles sont facilement surmontées. L’une est que cette nouvelle bigoterie de la gauche pourrait passer pour une trahison de ses racines laïques voire même anti-religieuses ; mais il suffit de compisser un crucifix au nom de la liberté artistique ou de crier « À bas la calotte ! » ou mieux « À bas le sionisme ! » ou le préféré des trotskistes « Israël = SS ! », pour prouver son attachement indéfectible à la laïcité et donner le change à ceux qui ont oublié leur mémoire et se satisfont de peu. Une autre est que cette prétendue « deuxième religion » de France est encore insignifiante à côté de la première, la catholique, elle-même largement surpassée par tout ce que l’hexagone abrite d’incroyants, d’athées (dont nous deux), de mécréants et d’indifférents (40 % d’après une enquête de 2007) ; la première « religion » de France est donc, et de très loin, celle des sans-religion ; il est donc absolument anormal de dépenser autant de temps, d’argent et de salive pour choyer les religions et les croyances quand la majorité des Français s’en fout et les voue au diable ; il est anormal de respecter servilement la si délicate sensibilité des croyants les plus débiles tout en outrageant massivement celle des incroyants majoritaires ; ce qui serait vraiment normal serait d’obliger tous ceux qui nous emmerdent avec leurs superstitions d’un autre âge à la boucler et à nous laisser vivre en paix dans notre République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Une explication possible à cette complaisance : la bêtise tout simplement, celle de tous ceux dont la philosophie se résume à « après moi le déluge », celle de toutes les crapules avides et cupides de tous les temps qui ne voient jamais plus loin que le sommet de leur montagne de profits immédiats, celle des barons voleurs américains de la fin du XIXe siècle ou des banquiers globalisés du début du XXIe, celle des capitalistes dont Lénine disait par boutade que l’avant-dernier vendrait la corde pour pendre le dernier, celle des frères Dalton de Joe Dassin qui, parce « qu’ils étaient vaniteux et avides d’argent / se livrèrent eux-mêmes pour toucher la prime / car ils étaient encore plus bêtes que méchants », celle des adeptes du chacun pour soi qui fait les catastrophes collectives, celle des notables tout disposés à suicider la France demain pour goûter une juteuse prébende aujourd’hui ; mais je ne peux pas croire que les immenses penseurs de gauche qui nous guident avec sagesse vers l’avenir radieux de la France « métissée multiculturelle post-coloniale et post-raciale » puissent nourrir des desseins aussi mesquins dans leur cervelle d’acarien.

La troisième grande réussite de la gauche est d’avoir définitivement dégoûté les Français de leur pays. Au départ, une louable intention : rejeter le nationalisme, le chauvinisme, cette xénophobie d’État à l’origine de toutes les guerres, comme chacun sait ; et l’Union Européenne, en nous dépossédant pour notre bien de l’essentiel de notre indépendance, a considérablement aidé ; à l’arrivée, l’enfer étant pavé de bonnes intentions, une haine de la France comme on n’en a jamais connue. Mais on revient de loin : il n’y a pas si longtemps on glorifiait encore officiellement des individus aussi peu recommandables que Charlemagne ou De Gaulle. Mais aujourd’hui le « devoir de mémoire » a ouvert les yeux des Français les plus clairvoyants (les bobos) sur leur histoire honteuse et cachée (comme les parties du même nom) : ils reconnaissent que la France a un long et sanglant passé impérialiste, expansionniste, colonialiste, esclavagiste, quoi que ces mots signifient ; ils reconnaissent qu’au nom de la civilisation, du christianisme, de la République et des Lumières, elle a aussi opprimé, volé, spolié, massacré peu ou prou tous les peuples de tous les continents de la Terre (dont les pauvres manchots de Terre Adélie), qu’elle a commis sur eux des crimes contre l’humanité abominables et imprescriptibles et que ces peuples aujourd’hui sont en droit de lui réclamer des comptes ; c’est du moins ce que leur répète en boucle toute une intelligentsia politico-médiatico-artisto-musico-sportivo-pipeule dont on n’imagine pas une seconde qu’elle puisse ignorer l’histoire ou la manipuler pour en faire son beurre halal. Alors les Français penauds reconnaissent que, pour réparer ses innombrables crimes, sans pour autant les effacer car ils sont à jamais ineffaçables, la France doit constamment demander pardon et faire repentance et, surtout, surtout, surtout, arroser les (descendants des anciennes) victimes de ses exactions de millions d’euros (les dollars sont également acceptés) ; la France doit payer (à tous les sens du mot) comme un vulgaire clone de l’Allemagne hitlérienne qu’elle a été, quelle est, qu’elle sera, mais en pire puisque personne n’accuse les Allemands d’aujourd’hui d’être coupables des crimes de leurs pères ; d’ailleurs c’est la France qui a inventé le fascisme, et Sarkozy est aujourd’hui une résurgence de Pétain dont il est le nom, et la célébration de Céline est une nouvelle abjection !

(A suivre)

Michel Tonarelli

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