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A part Marine, que nous reste-il pour défendre la France ?

Une enquête du Figaro décrit le long chemin de croix de Marine.

Il est vrai que depuis la présidentielle, nous assistons à un interminable passage à vide de celle qui aura enthousiasmé les foules pendant des mois de campagne, jusqu’à son effondrement face à Macron lors du débat de second tour.

Ce crash en direct ne passe décidément pas dans l’opinion, et si le socle de 10 millions d’électeurs résiste à la bourrasque, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’avenir d’un parti dont la dynamique  de campagne a été cassée brutalement en pleine ascension.

Marine est courageuse et c’est une indéniable battante rompue aux difficultés et aux  traquenards de la vie politique.

Beaucoup  de patriotes misent sur sa  capacité à redresser le parti, affaibli par le départ de Marion et de Philippot, et soumis aux éternelles rivalités internes.

Mais c’est sa propre capacité à gouverner un jour le pays qui a été sacrément ébranlée par le débat raté.

La réorganisation du FN et la modernisation du programme politique engagées par Marine, n’empêchent pas les difficultés de s’accumuler depuis les législatives ratées.

Outre les départs très médiatisés de Marion et de Philippot, le FN subit durement  le contrecoup de la défaite.

“Défections en série, fuites de données informatiques, problèmes bancaires, résultats électoraux en berne, effacement médiatique, résistance paternelle, rivaux politiques en embuscade sur les thèmes frontistes..” telles sont les déconvenues et les attaques auxquelles Marine doit faire face.

D’un naturel optimiste, elle espère néanmoins se refaire une santé aux européennes de 2019 et aux municipales de 2020, misant sur une “révolte des nations” face aux “errements” mondialistes de l’UE.

Ce qui la conforte, c’est l’état de délabrement de la droite et du PS, qui sont en pleine décomposition et n’ont aucun programme, puisque les quelques leaders rescapés de l’ouragan macroniste ne sont d’accord sur rien.

Un sondage Ifop de décembre 2017, lui donne raison sur les européennes.

Avec 17% le FN y arrive deuxième derrière LREM à 26% et devant LR à 12%.

Preuve que l’électorat frontiste ne baisse pas les bras malgré un fléchissement notable à gauche, certains frontistes de la dernière heure étant repartis chez Mélenchon.

Il est vrai qu’en termes d’immigration, d’identité et de sécurité, le FN arrive largement en tête. Tout en conservant le “volet souverainiste” et en défendant le “patriotisme économique”.

Pour elle, Wauquiez, qui tente de ratisser à droite, est un modèle d’insincérité et de fausseté, qui finira par se recentrer pour rassembler son camp.

Le clivage  droite-gauche a vécu, Macron l’a enterré.

Le combat politique se situe désormais entre nationaux et mondialistes.

Sur ce point, elle a raison. Elle mise sur le patriotisme des électeurs qui refusent d’assister à l’effondrement de la nation orchestré par l’UE et par les illuminés de la société multiculturelle.

Elle estime que les classes populaires et moyennes ont compris qu’elles “ne feront pas partie des gagnants”.

Enfin, elle aimerait bâtir un programme commun avec les autres partis populistes européens.

Pas simple, étant donné qu’au plan économique les eurosceptiques étrangers n’ont guère de points commun avec le FN. Les uns sont libéraux, d’autres veulent conserver l’euro…

Quant à NDA, il  a d’ores et déjà refusé toute alliance avec le FN pour les européennes.

Les patriotes iront donc au combat en ordre dispersé, comme les tribus gauloises.

Bref, on est loin de la Marine flamboyante du premier tour des présidentielles.

La remontée sera longue et difficile et il serait bien hasardeux de prédire à ce jour ce que sera la FN dans 1 ou 2 ans.

Mais souhaitons lui bonne chance, car elle est bien la seule à défendre la France.

Jacques Guillemain