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En mettant en avant le voile islamique, à quoi donc joue l’Onu ?

Onuvoile

 

Tandis que réuni la semaine dernière à Paris, le Conseil exécutif de l’UNESCO entérinait une résolution lancée à l’initiative de l’Algérie, du Maroc, de l’Égypte, du Liban, du Soudan et des royaumes d’Oman et du Qatar et niant définitivement tout lien religieux entre le peuple juif et le Mont du Temple, condamnant par ailleurs « les agressions israéliennes et les mesures illégales contre la liberté et l’accès des Musulmans au site Al-Aqsa « , l’ONU vient d’afficher le choix d’une nouvelle identité visuelle sur le média social Twitter. Le résultat hésite entre le consternant et le grotesque, lequel eût pu s’intituler : »Femme voilée éclairant les Nations du monde ». L’autre figure, vierge Marie symbolique de la paysanne occidentale du moyen-âge semble subjuguée. Pourtant, le caractère malhabile de cette campagne n’évite pas l’imbécillité qu’il y a à opposer tant de blancheur bleutée angélique, face au drap noir de l’obscurantisme islamiste.

Qu’une organisation née de la prise de conscience d’un monde basculé dans l’atroce à visage humain au XXe siècle veuille lutter contre la hiérarchisation des races et des sexes, l’ambition est louable. En revanche, la tentative d’utilisation du visage féminin voilé tenant le sombre flambeau illuminant un monde meilleur est l’œuvre machiavélique d’un mauvais génie caressant des lunes hégémoniques, tant le projet d’un Islam politique mal dissimulé derrière cette intention délibérée est une insulte aux valeurs démocratiques. Serait-il temps de rappeler à l’ONU sa mission originelle ?

Il y a quelques jours, c’était une campagne lancée à l’échelle internationale invitant notamment les étudiantes de l’une de nos plus grandes écoles républicaines à se livrer au spectacle affligeant de jeunes filles portant fièrement le Hijab. Quelques jours plus tôt, des multinationales de l’industrie du prêt-à-porter présentaient leurs gammes de vêtements islamiques destinés à la femme moderne du XXIe millénaire.

Or, qu’il s’agisse de la décision de l’UNESCO ou de ce nouveau logo onusien navrant, le décryptage est limpide sans éviter le grossier. Car, si l’on admet avec l’indépassable philosophe Emmanuel Lévinas que le Judaïsme est le plus vieil humanisme monothéiste, si l’on convient encore qu’au moins à cet égard, le peuple juif est la lumière des Nations, l’ambition politique de ce genre de campagnes est aussitôt démasqué.

Pourtant, chaque fois que le monde civilisé devra s’indigner, l’Islam politique trouvera ce petit peuple sans ambition prosélyte sur sa route, lui rappelant qu’il n’est de grand qu’un projet de fraternité entre les hommes. La conquête de l’Occident est en marche. Nul ne peut plus feindre l’ignorer. Or, il est du devoir de chacun, et avant tout de l’institution onusienne de s’en préoccuper, tant d’effarants desseins conduiraient au pire destin anthropologique. L’État d’Israël est l’unique démocratie du Moyen-Orient. Sans doute, ce fait intangible est-il insupportable à toutes les visions obscurantistes prônées par l’Islam radical. Vouloir défendre les droits de la femme musulmane ne peut commencer par un visage voilé éclairant le monde. Au-delà d’être une absurdité, il s’agit d’un paradoxe imbécile.

Enfin, il faudra se souvenir d’une seule certitude au sommet de cette tribune que gouverne l’esprit : Si l’art est difficile, la perversion ultime d’un art engagé est celle qui poursuit des finalités assassines en faveur de toute autre forme de régime contre celui de la démocratie. Que l’on cesse les hypocrisies et les manœuvres perpétuelles qui entendent placer l’Occident entre la soumission et le tombeau.

Mylene Doublet-O’Kane