A tous les Charlies qui marchaient main dans la main vers l’abattoir du multiculturalisme

Publié le 22 janvier 2015 - par
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Manifestants-11-janv-2015Il aura fallu des morts pour que la popularité de l’accident Hollande retrouve des couleurs. Si la guerre civile éclatait sous son mandat, je suppose alors qu’elle serait alors au zénith, sa popularité. Aux anges, le Hollande, son élection, une tragi-comédie, son regain de popularité, une éphémère conséquence d’une tragédie de plus. «Ha on les a bien eus, tous ces veaux avec l’épisode Charlie Hebdo», au conseil des sinistres, «Il faut l’avouer, notre numéro à nous aussi a bien marché. Bien rodé. Succès populaire garanti».  Clap clap clap acquiesceraient lesdits sinistres collégialement. La République, oyé oyé, la République est sauvée. Merci qui? Merci Charlie. De Gaulle révoqué, Martel dégommé, c’est Hebdo le Roi des Francs, des franchouillards et des beaufs. Grandeur, déchéance et humiliation d’une nation désunie, mutilée aujourd’hui jusque dans un semblant ébahi d’une ultime légitime défense mal placée.

Mais vous les avez vu, tous ces Charlies, qui marchaient main dans la main, presque étourdis, droit vers l’abattoir du multiculturalisme. Pas un mot sur l’islam. Rien. Le pitch de cette série Z c’était parler terrorisme. Tous ensembles, terrorisme, liberté d’expression, vivre – et accessoirement mourir – ensemble, mais surtout terrorisme et pas un mot sur ce qui aurait pu inciter des citoyens pur souche de cette République déséquilibrée à en trucider d’autres aux cris de vous savez quoi pour venger l’honneur de vous devinez qui.  Même nos imams du terroir, pur jus, se sont pris à ce jeu du ni oui ni non version islamo-républicaine. Ni islam, ni jihad. Blague à part, mauvaise, à la Hebdo, entre nous, c’est vrai que l’islam ne considère pas le jihad comme étant du terrorisme; le jihad étant en soit le plus grand commandement d’Allah. Et le Miséricordieux en question, il ne peut pas être un terroriste. Que nenni. Puisqu’il est par  définition, miséricordieux. Alors, tautologiquement parlant, quand les musulmans, fussent-ils modérés ou immodérés dénoncent d’une même voix le terrorisme islamique, ce n’est donc jamais du jihad dont il s’agit. Mais chut ne le dites à personne, sinon ça fera de vous des islamoföbes de la pire espèce des pégidoïdes. Vous l’auriez remarqué, tout est dans la subtilité des mots, le raffinement casuistique, le choix calculé de l’opportune définition.

Et en parlant d’islamophobes, chers Charlies, saviez-vous qu’à l’insu de votre plein gré vous êtes, malgré votre élan, quand bien même des nauséabonds islamophobes. Réfléchissez un peu. Jeter l’opprobre sur Coulibaly et ses frères est un acte éminemment islamophobe à l’encontre de citoyens de la République qui n’ont somme toute fait que retranscrire par le sang, au verset près, les agissements de celui dont ils ont lavé, toujours avec le sang, l’honneur, le prophète de l’islam qui, pour tous les Charlies qui l’ignorent, réservait systématiquement le même sort à tous ses détracteurs, à tous ses contemporains qui ont eu le malheur de se moquer de sa parfaite personne, fussent-ils vieux, homme ou femme. Historique. Véridique.

La situation est gravissime, non pas parce que les musulmans passent à l’attaque, ce que nous avions déjà prévu depuis bien longtemps, les immodérés par leur violence consubstantielle, les modérés par leur silence habituel, mais parce que nos dirigeants refusent toujours d’admettre l’exactitude de notre diagnostic initial. Pour quelle raison ? Allah seul le sait.

Pierre Myslestin

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