Abattage rituel et risques sanitaires : lettre au directeur de la Caisse Nationale de l’assurance maladie

Monsieur le Médecin-Conseil National et cher confrère,

Comme vous le savez, une polémique se développe actuellement autour de la viande Halal et de la viande casher. Il semble que les  conditions de l’abattage rituel  (ou sans étourdissement puisque nous sommes là dans le même registre pratique) présentent des risques sanitaires sérieux en particulier vis-à-vis des enfants. Un certain nombre d’acteurs de santé, notamment les vétérinaires chargés de contrôler l’abattage, relient de plus en plus clairement la morbidité-mortalité due aux Gram-, notamment aux colibacilles, à la dispersion dans la viande, au moment de la saignée de l’animal non étourdi, d’un contenu gastrique potentiellement pathogène. 

Pédiatre libéral, confronté plusieurs fois, comme beaucoup de mes confrères, à des entérites à colibacilles demeurées sans étiologie précise,  j’ai fait écho de cette thèse au sein de la publication en ligne Riposte Laïque. Je pose donc la question de savoir si les pullulations microbiennes, pathologiques ou non, observées en pratique courante et demeurées à ce jour sans explication pathogénique, sont susceptibles d’être ainsi associées à un mode alimentaire de plus en plus répandu.

Au nom de la liberté d’expression, reconnue récemment comme attendu constitutionnel par le Conseil Constitutionnel dans son arrêt invalidant la loi sur la reconnaissance du génocide des Arméniens, Riposte Laïque a publié mes articles. Nous savons aujourd’hui qu’en Ile de France, pour ne citer que cette Région, il s’avère que la distribution de cette viande d’animaux abattus rituellement envahit largement le circuit classique de vente au détriment de la volonté des consommateurs ou, pour le moins, de leur droit à une information digne de ce nom.

L’opacité qui baigne le commerce de l’abattage dans notre pays, avec ses composantes financière, économique et religieuse, opacité dont nous commençons à appréhender l’étendue et l’importance dans notre pays,  ne peut à notre sens perdurer.

Nous sommes là face à un problème manifestement grave, dont les conséquences très récemment envisagées par nos collègues vétérinaires, ne sont, et pour cause, pas encore calculables. Il nous semble donc indispensable que ces observations encore empiriques pour une large part, faites cependant par des gens en contact étroit avec les filières d’abattage, soient expertisées, dans les plus brefs délais, par une étude scientifique rigoureuse.

Je sollicite aujourd’hui, avec l’accord de mes collègues de Riposte Laïque, votre concours afin de nous fournir ainsi qu’à l’ensemble du public français toute étude sur ce sujet à votre connaissance, et au cas il n’existerait pas de probante, afin d’en déclencher une selon les critères habituels de santé publique, et dans les meilleurs délais.

Nous souhaitons également que le protocole établi par vos soins, visant les conditions et les conséquences, en France, de l’abattage rituel, protocole appliqué ensuite par vos services,  soit rendu public avant la mise en œuvre de l’étude, ceci afin de répondre à  la transparence plus que jamais vitale dans un dossier aussi potentiellement lourd.

 Je vous remercie de l’attention que vous porterez à cette requête et, dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Médecin-Conseil National et cher confrère, à l’expression de mes sentiments respectueux et parfaitement dévoués.

Dr Alain Dubos

Pédiatre.

Ancien Attaché à l’Hôpital Saint Vincent de Paul.

Ancien Vice-Président de Médecins sans Frontières. 

 

 

 

 

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