Abolition du Concordat d’Alsace Moselle : une diversion de Mélenchon ?

Mélenchon propose-t-il d’abolir le Concordat d’Alsace Moselle simplement pour ne pas avoir à se prononcer sur le financement des mosquées avec l’argent public, ou est-ce un vrai combat qu’il veut mener ?

Avec JLM on a toujours des surprises…. On a toujours des entourloupettes ! Il est malin le bougre ! Plutôt que d’oser affirmer : « Il faut respecter la loi de 1905 et ne pas financer les mosquées, ni aucun autre lieu de culte d’ailleurs, avec l’argent public », il vient de décider de construire une usine à gaz !
Il a toujours été dans cette démarche Jean-Luc, bouffeur de curés  de bouddhistes, les pauvres ! Il clame haut et fort, il sait parler fort Jean-Luc : « Sarkozy ? Rappelez vous Latran »… Mais, il oublie de signaler le discours de  Ryad sur l’islam devant les princes polygames de la charia, pétrole oblige…. Bizarre !
Oui Sarkozy n’est plus un président laïque nous le savons tous… Lui veut nous ramener à l’église, à la synagogue, à la mosquée, au temple, à l’église des témoins de Jéhovah, dans l’église de scientologie de son ami Tom Cruise, des adventistes du 7ème jour, des Pentecôtistes, et j’en passe, il faut revenir aux vraies valeurs celles qui donnent un sens à la vie, les vraies valeurs, religieuses, supérieures, bien supérieures aux autres (sic)…. Tout pour le retour au religieux. Nous calmer, voilà ce qu’il veut  face à la crise économique contre laquelle il ne peut rien, car, en plus, il a choisi définitivement le parti des nantis. Il est aujourd’hui l’image d’un homme acculé qui aura été le fossoyeur de la laïcité :  « vous voyez Messieurs,  je n’en peux plus vous ne pourriez pas vous occuper d’eux et leur parler du paradis afin qu’ils ne contestent pas trop les inégalités sociales! »  Discours qui ravit tous ceux dont  l’endoctrinement à la foi et à la prière est le business ou l’idéologie politico- religieuse.
Alors certes, les croyants ont le droit de croire en Dieu et la  liberté de conscience est une valeur fondamentale de notre constitution. On peut dans notre pays prier le dieu de son choix, il n’y aurait même rien à redire à l’animisme à la pratique du vaudou, du chamanisme, de la sorcellerie, de la magie, de la  religion zoroastrienne, mais la laïcité doit justement nous permettre de ne pas mettre tout cela sur la place publique, de ne pas sur-dimensionner la foi, ce que font aujourd’hui les partis politiques dans leur grande majorité. Nous ne devons pas  décider, par exemple, que les monothéismes sont mieux et supérieurs à tout autre croyance ou pratique religieuse. La croyance en Dieu n’est pas une obligation devant se traduire par un service public financé par l’Etat, et les non- croyants n’ont pas à payer pour la croyance des autres, que les croyants se débrouillent !
Nous devons organiser et financer, dans notre République, une solidarité sociale, qui s’adresse à tous les citoyens français quelle que soit leur religion, un système de retraite auquel chaque travailleur  contribuera, mais nous ne sommes pas soumis à une obligation de solidarité financière dans le domaine du  religieux, sauf à admettre que notre République n’est plus laïque. Or avec le financement des mosquées par le contournement de la loi de 1905 qui se prépare, tant à l’UMP qu’au PS, c’est ce qu’on va nous obliger à faire.
C’est sans doute pour s’opposer à ce financement, sans vraiment l’avouer,  que  Mélenchon nous annonce maintenant qu’ il veut s’attaquer au Concordat d’Alsace Moselle. Ce Concordat a été institué après le retour de l’Alsace Lorraine dans le giron de la France, on a continué d’appliquer le modèle allemand (où les gens payent un impôt pour financer le culte de leur choix). Il ne faut pas confondre ce Concordat là, avec le Concordat de Bonaparte qui a contraint  l’Eglise à se soumettre aux lois françaises de l’époque, en allant chercher le Pape pour le garder bien au chaud à Fontainebleau entouré de grenadiers, en imposant au rabbinat, comme  condition impérative de la citoyenneté française, la mise en conformité de la « halakha » avec les Lois de la République française et non l’adaptation de ces dernières aux croyances et rites religieux, ce que souhaite faire l’islam aujourd’hui, (l’offensive burqa  un des exemples  typique de dérive inadmissible!)

Les évêques prêtant le serment civil exigé par le Concordat

La démarche au lieu d’être frontale et affirmative : « on ne finance pas de lieu de culte », est détournée. Cela lui permet de laisser penser  : «  Finalement, pourquoi ne financerait-on pas les lieux de culte musulman puisqu’en Alsace Moselle on les finance bien et on paye même les pasteurs  les prêtres  et les rabbins?». C’est exactement ce que veulent les imams. L’exemple de l’Alsace Moselle est  exactement ce qu’ils veulent imposer partout, et sans doute vont-ils y réussir. D’abord faire reconnaître le financement de l’islam, des lieux de cultes et des imams, puis promouvoir la formation des imams à Strasbourg financée par les impôts. Cette première étape franchie, il n’y aura plus qu’à étendre le système à toute la France à la plus  grande  joie  de toutes les autres confessions auxquelles l’islam redonne un petit coup de jeunesse et d’enthousiasme. On mettrait ainsi le doigt dans un terrible engrenage, car pourquoi ensuite refuser aux Témoins de Jéhovah  aux adventistes et tutti quanti… la construction d’un temple et le financement de leurs pasteurs? En se réveillant,aujourd’hui seulement, alors que le député François Gros Didier a déposé, depuis juin 2006, un projet de loi pour étendre à l’islam les droits concordataires dans cette région, Mélenchon ne va-t-il pas aboutir à l’accélération des choses dans un sens opposé à ses idées ? Veut-il vraiment entreprendre ce combat ou est-ce une fanfaronnade dont il est coutumier ? N’est-ce pas, au fond,  qu’une dérobade facile sur le sujet ? Face à la volonté de Sarkozy de ramener dans des délais brefs, la France du XXIème siècle dans une ère de bigoterie dépassée,   l’urgence eût été de réaffirmer : «  le financement des mosquées avec l’argent public c’est non !». De même qu’un vrai débat sur la laïcité devrait aussi remettre en question  le financement des établissements confessionnels. Le délabrement de l’école publique ne mériterait-il pas ce petit coup de pouce et un engagement des vrais laïques sur le sujet?
Donc si Jean-Luc   était prêt, en qualité de candidat du Parti de gauche, à mettre cette question de la laïcité au coeur de son projet pour la présidentielle avec force, afin qu’on en finisse avec les financements détournés  des cultes en Alsace Moselle ou partout ailleurs, il redeviendrait un vrai défenseur de la laïcité, et là chapeau!
Chantal Crabère
 

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