Abstention, votes blancs, votes nuls pour le second tour, attention à l’interprétation de vos intentions !

Publié le 30 avril 2012 - par - 1 591 vues
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Il reste deux candidats en lice pour le second tour, et cependant cinq choix possibles pour l’électeur inscrit.

1. Voter François Hollande. Vos raisons sont multiples : politique du pire pour précipiter la chute, réelles convictions de gauche, sanction de Nicolas Sarkozy, etc.

2. Voter Nicolas Sarkozy : là encore plusieurs raisons exprimées dans les colonnes de Riposte laïque : moindre mal par rapport au candidat de gauche, proximité de certaines promesses avec celles de Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan, convictions de droite, etc.

3. Abstention : on ne va pas se déplacer au bureau de vote.

4. Bulletin blanc : enveloppe vide ou comportant un papier blanc.

5. Bulletin  nul : deux bulletins différents, bulletin Hollande et/ou Sarkozy raturé ou commenté, bulletin qui ne correspond à rien (coupure de presse, commentaires personnels), etc.

Signalons tout d’abord qu’un bulletin où serait seulement portée une mention manuscrite « François Hollande » ou « Nicolas Sarkozy » sans autre indication devrait être considéré comme valable. Hélas les présidents de bureau connaissent mal cette règle électorale.

Signalons aussi (et c’est l’objet de mon article) que dans la comptabilité officielle du ministère de l’Intérieur et du Conseil constitutionnel, les pourcentages des candidats sont donnés par rapport aux « suffrages exprimés » (c’est-à-dire les gens qui sont allés voter mais sans compter les bulletins blancs et nuls), alors que la « participation » concerne autant les « suffrages exprimés » que les blancs et nuls.

C’est ainsi que le Conseil constitutionnel a donné les chiffres suivants pour le premier tour :
– Électeurs inscrits : 46 028 542
-Votants : 36 584 399
– Suffrages exprimés : 35 883 209

Donc une « participation » de 79,5% mais des suffrages exprimés de seulement 78% par rapport aux inscrits. La différence est minime (1,5%), sans doute principalement due à des erreurs de manipulation des électeurs et donc peu significative.

Or pour le second tour, des gens comme Louis Aliot, Florian Philippot ou Gérard Collard ont déclaré qu’ils voteront « blanc », pour marquer leur désapprobation « blanc bonnet et bonnet blanc » entre François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Sur Facebook, de nombreux « marinistes » disent vouloir glisser un bulletin « Marine Le Pen » soit pré-imprimé et conservé du premier tour, soit manuscrit. Ce bulletin sera évidemment considéré comme nul.

D’autres montreront leur mécontentement en glissant à la fois un bulletin Hollande et un bulletin Sarkozy pour signifier « blanc bonnet et bonnet blanc », ou ne mettrons rien dans l’enveloppe pour montrer qu’ils ne se retrouvent pas dans les deux finalistes.

Les plus audacieux glisseront dans l’enveloppe bleue des slogans du genre « ni tchador ni charia » ou « ni halal ni Allah ».

Ça peut être satisfaisant pour l’esprit de signifier ainsi aux gens qui opéreront le dépouillement une opinion tranchée, avec d’autant plus d’effet que tous les bulletins nuls doivent être décrits et lus à haute voix à la table de dépouillement.

Cette démarche militante a tout de même un risque : comme ces bulletins ne seront ni comptabilisés ni commentés par les médias, on pourrait annoncer dimanche soir un succès de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy avec une énorme participation alors que peut-être des centaines de milliers voire des millions de citoyens les auront condamnés par leurs votes blancs ou nuls.

C’est pourquoi j’invite les « ni ni » à beaucoup de prudence, et pour ma part je préfèrerais m’abstenir que de voir ma protestation disparaître dans les statistiques biaisées du ministère de l’Intérieur et du Conseil constitutionnel.

Mais chacun est libre de faire comme il veut…

Djamila GERARD

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