Accepter les démonstrations de supporters algériens est une attitude de vaincu

Publié le 29 juin 2014 - par - 1 419 vues
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Capture d'une vidéo montrant un rodéo avec au milieu un homme faisant sa prière sur son tapis

Capture d’une vidéo montrant un rodéo avec au milieu un homme faisant sa prière sur son tapis

Non il n’y a pas eu d’incidents, de débordements, de tentatives d’incendie d’église. C’est une invention de l’extrême-droite.

Voilà ce que l’on a pu lire et entendre en substance dans toute la presse lors du match Algérie/Corée du Sud,

Cependant, après une première phase de déni, il n’a plus été possible de camoufler caillassages, accidents de circulation, et autres incivilités commises par des supporters algériens. Et hommes politiques et journalistes de condamner ces débordements. Encore, n’a t-on pas  manqué d’établir des comparaisons avec d’autres faits passés de hooliganisme, de relativiser le nombre des casseurs. vous avez dit culture de l’excuse?

Si l’on finit donc par condamner avec plus ou moins de fermeté les violences et la casse, on admet  qu’une présence massive  de supporters d’une équipe étrangère manifeste son allégresse, on tient ce fait là pour acquis, on le considère comme une situation normale et il serait mal venu de jouer les rabat-joie.

Haro donc sur les casseurs et indulgence, voire admiration, pour des supporters aussi patriotes que festifs. Ce serait plutôt les supporters de l’équipe de France qui apparaîtraient comme des tièdes et  des pisse-froid!

Hé bien non! Ces scènes de liesse, tout à fait naturelles en Algérie, n’ont, en France, rien de normal ni de bon enfant. Les Portugais qui vivent en France sont de fervents  supporters  de leurs clubs et de leur équipe nationale, et si l’on peut voir ça et là des drapeaux nationaux dans des restaurants portugais, jamais on ne les a vus envahir les rues ou accrochés sur nos monuments symboliques. Et l’on pourrait élargir ce constat aux autres descendants de l’immigration européenne.

De la même manière, on ne voit rien de tel dans des pays étrangers. La Grande-Bretagne, qui compte bon nombre d’immigrés, ne voit jamais ses rues et monuments envahis de drapeaux jamaïcains, indiens ou pakistanais. Et là encore, on pourrait multiplier les exemples avec d’autres pays pays à forte présence immigrée.

Nous sommes donc bien là devant une situation spécifique à la France et à la présence d’Algériens en France ou qui se revendiquent comme tels.

En ne condamnant que le seul fait des incivilités, dégradations et autres débordements, on légitime implicitement la présence de drapeaux étrangers dans nos rues comme si ce fait-là était courant et anodin.

Or même sans débordement, cette présence en nombre aussi important dans l’espace public et  à travers tout le pays peut être vécue comme une agression et une humiliation.

Nous semblons nous résigner à la politique du moindre mal. C’est déjà une attitude de  vaincus.

 

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