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Accession au pouvoir de Macron : mêmes méthodes que celles d’Hitler

La chaîne BFM TV, autrement dit « la voix de son maître » a diffusé il y a quelques jours un documentaire très instructif intitulé « Macron à l’Elysée, le casse du siècle » (disponible sur internet) décrivant l’accession au pouvoir de Jupiter. Au risque d’en faire hurler certains, cette chronique présidentielle met en relief (involontairement) des similitudes troublantes entre l’arrivée au sommet de l’Etat de Macron, et celle, 84 ans plus tôt, de Hitler. Bien sûr, loin de nous l’idée de vouloir comparer la dictature nazie et ses dizaines de millions de morts avec la République française de l’ère Macron qui, malgré ses imperfections, conserve son ancrage démocratique.
Dans  les deux cas, nous avons pourtant une espèce de créature, sinon sortie de nulle part, du moins qui s’est appuyée sur d’autres leviers que ceux des champs politiques traditionnels pour accéder à la fonction suprême. Elle est parvenue à jeter les bases d’un mouvement (le NSDAP pour l’un, « En Marche » pour l’autre), puis à le faire passer d’un stade embryonnaire à celui de machine de guerre soumise à son maître, entièrement tournée vers la conquête du pouvoir…
Chez les deux protagonistes, on retrouve la même duplicité, le même discours de transgression des clivages, censé incarner la volonté du peuple, alors que dans la coulisse tout le monde s’active pour s’assurer du soutien des vieilles féodalités (armée, patronat, décideurs de tous horizons…). BFM décrit très bien l’ambiance complotiste qui a présidé à la création d' »En Marche », ponctuée de réunions secrètes rassemblant les plus proches conseillers de Macron, à l’abri des oreilles indiscrètes élyséennes. La tonalité ne devait pas être très différente en Allemagne, notamment avant le putsch raté de 1923. On assiste ensuite aux dîners organisés par les séides de Micron pour obtenir des fonds. L’idée est simple : réunir tout ce que la France, c’est à dire l’ouest parisien et Neuilly, compte de puissants et les faire cracher au bassinet, entre deux petits fours, en les rassurant sur les réelles intentions du candidat Macron.
Derrière les envolées lyriques et un programme fourre-tout, la feuille de route sera simple : « On ne change rien et En Marche vers l’Union européenne ».
Outre-Rhin, la musique des années 30 jouait la même partition, avec peut-être un côté moins glamour car il est plus sexy de compter parmi ses donateurs les millionnaires très sympas et décontractés de la nouvelle économie (« On se tutoie ? »avant le coup de couteau dans le dos) que des personnages costume trois pièces et teint cireux estampillés Krupp ou IG Farben.
Petite digression vestimentaire, le documentaire précise à l’attention des non lecteurs de « Voici » que le Président a été relooké par le tailleur de « Jonas et Cie », avec comme principal avantage de permettre une identification rapide des fayots voulant ressembler à leur idole, surtout dans les médias : costume bleu et cravate fine de la même couleur, pas de doute, c’en est un !
Hitler avait également eu du nez puisqu’il avait confié à Hugo Boss le soin de créer l’uniforme de l’armée allemande. Il faut dire à sa décharge qu’envahir l’Union soviétique habillé en H&M ça aurait eu moins de gueule.
Des similitudes dans la stratégie et les intrigues aussi, avec Hollande dans le rôle de Hindenburg, le vieux Président du Reich qui, comme son alter ego en scooter, donnera les clefs de la maison au Loup, sans avoir jamais vraiment compris le scénario qui se tramait dans son dos mais dont il avait été un des principaux auteurs. Hindenburg, à la différence de l’Etoile de la Corrèze, aura, lui, le bon goût de mourir peu après avoir commis son forfait. Autre acteur de cette tragédie présidentielle, Manuel Valls en Franz von Papen peu avisé, certain d’être le marionnettiste d’un pantin à croix gammée, dont il réalisera trop tard que c’était lui qui tirait les ficelles.

Il suffira ensuite aux deux Pitbulls d’abattre leurs cartes pour décrocher le plus légalement du monde leur ticket d’entrée pour le sommet du pouvoir. .

Macron et Hitler ont en commun d’être des tueurs, le premier heureusement plus au figuré que le second. Le documentaire de BFM nous apprend que peu avant son départ de l’Elysée en 2014, où il était alors « simple » secrétaire général adjoint, Macron, amer de ne pas avoir été nommé ministre, aurait confié à Stéphane Le Foll « Je reviendrai et j’attaquerai tout le monde au pic à glace !! ». C’est un fait connu : les petites rancœurs minables font les grands destins.
La détermination de ces deux animaux à sang froid, chacun dans leur siècle, se doublerait d’un « magnétisme », d’une capacité littéralement extraordinaire à « hypnotiser » les foules. Cette forme d’emprise psychique, souvent mise en avant par les historiens pour expliquer, en partie du moins, l’avènement de Hitler, nous semble aujourd’hui difficilement compréhensible. Il faut dire que notre principale référence télévisuelle actuelle en matière de « moustachu » étant la pilosité faciale d’Edwy Plenel, imaginer le pote de Tariq Ramadan, affublé d’une mèche, et s’agiter devant nous pour nous promettre un Reich de 1000 ans (et pourquoi pas de 723 ans et demi ?) ne provoquerait certainement pas l’effet extatique souhaité.
Concernant Macron, BFM va jusqu’à parler de dons de quasi « mentaliste », confirmés par l’écrivain Philippe Besson qui nous livre quelques anecdotes pour étayer le propos. Plusieurs mois avant les primaires, le pas encore Président lui aurait assuré que Valls et Juppé ne sortiraient pas vainqueurs des scrutins de leurs camps respectifs, précisant même, une fois la grenade Fillon dégoupillée, que le mari de Pénélope ne se désisterait pas « car avec sa mentalité de bourgeois du 19ème siècle il n’avait rien compris ».
Autre illustration de la fascination exercée par le tueur au pic à glace, ses meetings en forme de prêches enflammés de télévangéliste américain, dont la simple évocation suffit encore aujourd’hui à mouiller les yeux d’un Gérard Collomb transi d’émotion. L’actuel ministre de l’Intérieur a-t-il versé la même « larmichette » en voyant les images d’un autre Lyonnais comme lui (c’est d’ailleurs leur seul point commun), jeune, courageux, prénommé « Marin », sérieusement blessé par une racaille en défendant un couple que cette Chance Pour la Capitale des Gaules agressait.
A une personnalisation excessive du pouvoir en œuvre dans les deux systèmes correspond un goût prononcé pour les grandes messes d’auto célébration collective, où les foules fusionnent avec le corps de l’orateur (au choix, un moustachu détraqué ou un premier de la classe œdipien) sur fond de théâtre antique de carton pâte (Nuremberg) ou de Pyramide mitterrandienne, nimbée d’une aura maçonnique à la sauce Illuminati. Le documentaire de BFM nous rappelle l’appétence de Macron pour les symboliques historiques un peu lourdingues. On le voit ainsi assister avec gourmandise à la fête de Jeanne d’Arc à Orléans, prêt à occire la pauvre intermittente du spectacle incarnant la Pucelle, car la vraie Jeanne d’Arc c’est lui !! Dans le même registre, le jouvenceau parade en compagnie du vicomte Philippe Marie Jean Joseph Le Jolis de Villiers de Saintignon, subissant pendant deux jours, au bras d’une Brigitte stoïque, les chouanneries de pacotille du Puy-du-Fou. C’est d’ailleurs le problème auquel ont été confrontés tant Hitler que Macron. Scénariser sa propre grandeur, pour un dirigeant politique, c’est prendre le risque de transformer une hagiographie visuelle à la Leni Riefenstahl en une pantalonnade signée Max Pecas (réalisateur du fameux « On se calme et on boit frais à Saint-Tropez »). Car on a beau nous certifier que Macron est avant tout un cerveau, il y a chez l’ex assistant de Paul Ricœur, comme chez le pygmalion d’Eva Braun, une désagréable impression de plate « beaufitude ». Il n’y pas tant de distance entre les hurlements hystériques d’un Macron, shooté à la fièvre des Grands Soirs, en point d’orgue d’un meeting, et les éclats de liesse d’un bataillon de commerciaux déchaînés au cours d’un séminaire de motivation célébrant les chiffres de vente d’un aspirateur. Le monde est petit.
 Jean-Christophe Comet