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Accords et désaccords avec l’excellent Eric Zemmour

Eric Zemmour dans C à vous

Face à Jean-Jacques Bourdin, Eric Zemmour a été excellent, comme toujours, ne se laissant jamais désarçonner par un journaliste vicieux, davantage porté sur le lancer de peaux de banane que sur l’information objective.

Zemmour fait partie du dernier carré de journalistes, possédant assez de courage et d’honneur pour ne pas céder à la dictature du politiquement correct. Au pays de la liberté d’expression bâillonnée, il est l’un des derniers samouraïs de l’information sans langue de bois.

Cela dit, sa belle prestation mérite une ou deux remarques, notamment sur Marine et sur les femmes au pouvoir. Résumons :

Quand il dit que Marine a des réflexes de gauche et un tempérament de gauche, en ce qui concerne l’économie et le social, il n’a pas tort.

Mais dire qu’elle a 25 ans de retard, parce que son combat légitime pour la souveraineté de la France n’est plus l’urgence du moment, est une erreur.

D’accord avec Zemmour pour dire que le combat majeur est de se battre pour ne pas perdre notre identité. Mais comment se battre si on reste dans une Europe immigrationniste, qui veut nous imposer des quotas démentiels de migrants ?

Marine a donc raison. Il faut d’abord se débarrasser du carcan européen qui nous paralyse, pour fermer les frontières et défendre notre identité. On ne peut rien faire si on reste aux ordres de Bruxelles. Souveraineté d’abord.

OK avec Zemmour quand il dit que Sarkozy a perdu définitivement l’électorat populaire. Les cocus de 2007 n’y reviendront plus.

OK avec la reconquête des banlieues et les plans dans les cartons de l’état major.

OK avec lui quand il dit qu’un immigré qui adopte notre mode de vie est un Français à part entière. Et que celui qui s’habille “comme le prophète” et veut nous imposer son mode vie est un colonisateur.

OK avec le couplet sur les Corses qui ne cèderont jamais à la pression islamique.

OK avec son explication sur les droits de l’homme et du citoyen. Ne défendre que les droits de l’homme comme le font les instances judiciaires, mène à la désintégration de la société. C’est “l’arme atomique” de l’islam qui impose sa propre vision en invoquant systématiquement la liberté. Ce que veut Zemmour, c’est abolir la “religion” des droits de l’homme et non pas la “déclaration”…

OK avec sa réponse claire à Bourdin. On peut être Français sans être blanc.

OK avec lui quand il cite de Gaulle :

“ C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France . Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne.”

OK avec le passage sur les prénoms français. Un prénom étranger signe le refus d’appartenance au groupe. Il cite une directive de 1983 ( sous la gauche ) qui invitait les officiers d’état civil à inciter les familles à renoncer aux prénoms “coraniques”, pour faciliter “l’assimilation”.

OK avec sa réponse à Bourdin quand celui ci lui reproche de faire toujours référence au passé. Quand le passé est meilleur que le présent il est normal de s’y référer. la France des années 70 était plus heureuse. “Elle n’avait pas l’angoisse de l’invasion, du grand remplacement et de la guerre civile”.

Et pour finir Bourdin lui balance sournoisement une phrase de 2014 sur les femmes au pouvoir.

Là, je n’ai pas trouvé Zemmour très convaincant quand il dit qu’une femme n’assume pas complètement le pouvoir ou l’assume trop. Exemple ?

Golda Meir assuma parfaitement ses fonctions lors de la guerre du Kippour en 1973, malgré la défaillance des services de renseignement israéliens.
Margaret Thatcher fut un modèle de courage et de volonté lors de la guerre des malouines en 1982.

Par conséquent cette flèche contre les femmes au pouvoir est plutôt surprenante de la part d’un homme de bon sens. Dommage, c’était presque un sans faute face à un Bourdin spécialiste du traquenard.

Jacques Guillemain