Adresse à mon amie Josiane, qui jeûne avec Béatrice Bourges devant l’Assemblée nationale

Pourquoi n’ai-je pas été étonné quand je t’ai aperçue, frigorifiée, aux côtés de Béatrice Bourges,  l’accompagnant dans son « jeûne » protestataire et militant, souhaitant par cet acte extrême pousser jusqu’au bout la légitime demande de démission du Président en place qui a failli dans tous les domaines?

Tout simplement parce que je connais  la fermeté de tes pensées, la rigueur de tes analyses, la force de ton engagement… Ne pas s’en tenir aux mots, mais les allier aux actes reste la constante de tes attitudes et fixe le cap de ton combat quotidien, qu’il soit politique, idéologique ou  sociétal…

Il faut du courage pour aller jusqu’ à cette extrémité…

Mais l’admirable de cette conviction ne doit pas effacer la réflexion, et la sympathie affective qu’elle suscite ne peut gommer l’esprit critique.

Le combat contre l’hydre (mondialiste) économique, social, sociétal qui étouffe peu à peu ce que nous sommes et efface notre Histoire comme nos valeurs essentielles ne peut se satisfaire de l’ingénuité la plus fraîche comme de la spontanéité la plus innocente.

C’est se leurrer que de croire que le système politique actif depuis plus de quarante ans laissera sa place en respectant ce qu’il a lui même créé, et c’est ne pas voir la réalité que d’espérer que suffisamment d’élus nationaux, enfermés dans leurs indemnités, prébendes, privilèges individuels, familiaux, claniques, oseront demander l’application d’un texte constitutionnel les effaçant eux-mêmes…

Et le choix d’action fait par Béatrice Bourges, comme par toi-même, pour relever d’une force de caractère réelle, reste à l’opposé de notre culture politique tout en ne pouvant déboucher sur le  rassemblement susceptible de devenir majoritaire afin de triompher.

Les forces que vous dispersez aujourd’hui vont manquer au véritable terrain de la lutte, celui que toi tu connais dans ta bonne ville d’Aix en Provence et qui s’enracine dans les quartiers et les immeubles, combat de tous les jours au contact de chacun, combat de la conviction à transmettre aux autres, combat du rassemblement autour d’un projet politique cohérent et porteur d’espoir… Ce combat là a besoin de toi comme il a besoin de Béatrice Bourges, parce qu’il demande la réunion de toutes les meilleures volontés, même si celles-ci, parfois, restent trop fixées sur la simple expression de la colère, alors qu’il faut rendre majoritaire la rupture politique et le projet novateur.

Je ne peux que vous saluer, vous qui bravez l’autoritarisme politique qui s’instaure et les cordons de policiers qui le portent, comme si ces gens n’étaient pas aussi des citoyens qui pourraient avoir l’honnêteté intellectuelle de se  demander ce qu’ils font devant ces deux femmes agissant de manière pacifique.

Mais je dois aussi vous demander de réfléchir au choix politique le plus performant pour permettre la venue de ce que vous souhaitez, qui est ce que nous souhaitons avec vous, mais dont nous savons qu’il n’adviendra qu’à travers le mouvement majoritaire que nous pourrons créer en rassemblant, par delà les pulsions de la colère, les convictions fortes , transformatrices , novatrices, de rupture de ce qui est dominant aujourd’hui.

Courage à toi et à Béatrice… Nous saurons vous soutenir, mais nous espérons aussi que vous saurez éviter l’enfermement dans une impasse.

Robert Albarèdes

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