Adresse du citoyen Danton au citoyen Reynié : qui te paye pour mettre à bas la France ?

Dominique Reynié est un de ces innombrables « experts », par ailleurs professeur à Sciences Po, qui pérorent régulièrement sur les plateaux de télévision. Il dirige la Fondation pour l’innovation politique, un réservoir d’idées créé en 2004, fonctionnant depuis cette date grâce à des subventions massives de Matignon (2,15 millions d’euros annuels selon le rapport d’activité 2007/08).

Fédéraliste européen, libéral, il multiplie les interventions médiatiques stigmatisant tout ce qui ose encore défendre la Nation, le patriotisme et l’idée de frontières. Ulcéré par des propos aussi ouvertement hostiles à la France, Danton a décidé de reprendre du service, et de démontrer ce qu’était réellement le citoyen Reynié : un ennemi du peuple, un agent de l’étranger !

Citoyen Reynié,

Cette assemblée te connaît pour ton zèle à tenter de lui démontrer, libelle après discours, qu’elle n’est après tout que le visage d’un monde obsolète appelé à disparaître bientôt et je crois en vérité que tu appelles sincèrement cette disparition de tous tes voeux. Le fait que tous ici ou presque appartenions à cet univers-là décidé par le peuple ne semble guère t’émouvoir, aussi devrai-je à cette heure te rappeler deux ou trois choses et aussi te poser un certain nombre de questions.

Tu te répands dans les gazettes avec la complicité de stipendieurs payés pour bonne part sur les deniers de l’étranger. À ce titre, tu te crois obligé de délivrer au peuple une parole organisée loin de France, dont tu te fais le fidèle et scrupuleux messager. Aujourd’hui, tu travailles ouvertement à la fin rapide, voire expéditive, d’une société qui mit des siècles à se constituer. Comme à la comédie, ton outrance te conduit à tomber le masque. Pour ma part, je trouve que c’est là une bonne chose car il est sain qu’une fois la guerre commencée, les acteurs se montrent à face découverte. De cela, je te remercie.

Lorsque tu nous dis que le populisme est une pente fatale lorsqu’il prétend réagir à la dislocation même du peuple, je veux bien croire que comme quelques autres, tu redoutes que les gens, une fois accompli leur devoir citoyen, se mettent à réfléchir sur le fond des questions dont ils sont l’écho. En cela, tu rejoins la longue cohorte de ceux pour qui le suffrage dont ils sont les débiteurs devient, à peine ont-ils été distingués de la masse, un poids difficilement supportable. À leurs côtés, une fois le peuple rentré chez lui, tu accapares la faculté de comprendre du plus grand nombre, tu la fais tienne pour la passer au tamis de tes ambitions et, la besogne étant ainsi initiée, tu t’ériges en maîtres des consciences avec pour premier souci de t’essuyer les pieds sur celle des autres.

C’est là un procédé vieux comme le monde, mis en oeuvre depuis la nuit des temps par les fossoyeurs de nations, de cultures et de mémoires, que tu me décevrais fort, dans ta situation, de ne pas employer.

La méthode étant brièvement posée, j’en reviens à mon propos de fond. Tu nous martèles que la chose dont tu es pourtant un fils n’est en vérité rien d’autre qu’un accident de l’Histoire, une conjonction d’événements dont elle ne fut jamais maîtresse, une fiction dont rien, ni les luttes pour le territoire, ni les révoltes contre l’arbitraire, ni même les sursauts pour sa simple survie, ne valent qu’elle porte le nom de patrie. Une chose, répètes-tu à l’envi et comme telle, sans âme et donc négociable au jour le jour par quiconque désirera assez fort en devenir propriétaire. N’as-tu pas le sentiment, citoyen, de dépasser là, quelque peu, les bornes? Ne penses-tu pas prendre le risque, en prétendant que venant toi et moi de nulle part, il est juste que nous y retournions par la force au besoin, que je te réponde qu’à cela je ne me sens nullement disposé? Ferais-tu tienne, si tu daignes m’écouter avec attention, l’hypothèse selon laquelle je peux, par le passé des miens, me sentir partie intégrante d’un tout qui se nomme France et à qui, moi, Danton, je donne en supplément le nom de patrie?

Qui es-tu, citoyen Reynié, pour me dire les yeux dans les yeux que je suis né d’une abstraction, d’un mensonge deux fois millénaire, d’une vague matrice ouverte à tous les vents et, partant, que n’importe qui est en droit de féconder selon son humeur du moment?

Qui es-tu pour me susurrer à l’oreille, avec ton sourire cynique de crâne d’oeuf dénonçant un camarade, que je suis un être sans culture ni racine, sans ascendance ni réel statut dans le présent, sans autre rôle en ce bas monde que de vieillir, inutile, au milieu des étrangers dont tu réclames ouvertement qu’ils me conduisent le plus rapidement possible au cimetière des civilisations périmées?

Pour qui te prends-tu, eh, toi, quand tu décides, du haut de ta chaire, que j’ai fait mon temps à représenter une petite mort qui te dégoûte, quand, du trait d’une plume ressemblant à une faux, tu m’amputes de ce que j’ai de plus précieux au monde, quand tu pousses les puissants à accélérer le désordre sanglant qu’au fond de toi, tu souhaites comme on souhaite que le jour se lève?

Qui es-tu, citoyen Reynié, pour t’honorer de l’amitié d’hommes dont l’intense, profond, âpre et brûlant désir est de mettre à bas tout ce que des générations ont bâti entre Rhin et océan, tout ce pour quoi elles ont lutté, souffert, espéré, péri sur cent champs de bataille? Et dans la guerre qui nous est désormais faite, qui es-tu pour désigner par avance vainqueurs les pires ennemis de cette mémoire-là? Est-ce pour qu’on crucifie les cadavres exhumés de tes parents que tu t’allies avec les spadassins prêts à nous égorger?

Pour qui oeuvres-tu lorsque, publiquement et à l’heure où le Patrie est en grand danger, tu appelles au secours de ton projet ceux-là mêmes qui attendent, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières de la République, l’ordre de déclencher les tueries? Qui te paye pour ce travail de misère? Quelle puissance d’argent te commande de mettre à bas, d’une aussi répugnante manière, les principes dont à l’évidence, ayant réduit le peuple à l’état de mendiants, elle a décidé de se passer? Et qui, dans cette assemblée, a déjà suffisamment trahi en sa faveur pour t’associer aux yeux de tous à l’achèvement de ton pays?

Dis moi enfin, citoyen Reynié, aies ce courage parce que là il s’agit de la tripe et du coeur, quelle haine portes-tu à ta propre mère pour lui promettre la servitude, car c’est bien de cela qu’il s’agit? Quel atavisme du renoncement et de la collaboration portes-tu dans ta chair pour avertir tes enfants qu’ils devront à leur tour se soumettre ou s’évanouir dans les vapeurs de l’Histoire? De quel incommensurable orgueil es-tu habité pour rêver que l’on traite ton propre peuple plus durement qu’un oriental traite son chien?

Le peuple, c’est vrai, est las des guerres, du passé, de lui-même peut-être bien. Il subit. Mais prends garde. Ce dormeur a parfois des réveils que l’on n’attendait pas. À l’instant où tu le berces pour mieux le trucider ensuite, il est capable de se dresser pour refuser le sommeil. Je l’y engage, moi, de toutes mes forces, comme je l’engage à renvoyer sans tarder à son expéditeur le cheval que tu fais, à ta manière de reître, entrer dans la cité.

Tu t’es désormais rangé dans le camp de son ennemi. Et tu l’annonces. De cela, citoyen Reynié, il faudra un jour où l’autre rendre compte, que tu m’aies ou non répondu et, ma foi, je dis que le plus tôt sera le mieux.

Danton.
P/O Alain Dubos

Source : http://www.islamisation.fr/archive/2012/08/31/la-fondapol-de-dominique-reynier-noue-un-partenariat-avec-un.html

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