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Affaire Benalla : grosse ou petite commission ?

Suivre les débats de la commission parlementaire sur l’affaire Benalla a été comme regarder un film d’horreur sur Netflix. D’abord la composition truquée par la majorité à l’Assemblée nationale avec une forte participation LREM et surtout une présidente en dessous de toute déontologie. Il apparut dés les premières paroles de cette députée, Yael  Braun Pivet que l’affaire était dans le sac pour Macron. Il n’y avait rien à voir, que c’était une broutille et ce le fut jusqu’à la sortie de l’article du Monde, pourtant toujours favorable jusque là à Macron. On voyait qu’elle avait reçu des consignes strictes de restreindre la liste des personnalités à interroger et à limiter les questions de l’opposition.

D’ailleurs cette grosse commission avait été créée dans un climat de merde : d’abord refus de confronter les LREM à des responsables qui pourraient démolir les explications de l’Elysée. En ne pouvant pas quand même planter un poignard dans le dos de la démocratie, la présidente et ses sbires acceptèrent mais avec des conditions intolérables. Puis peu à peu, poussée dans ses derniers retranchements, elle fournit une liste de gens à interroger, évitant ceux qui aggraveraient par leur vérité la situation.

Son autorité déplacée qu’elle imposa à l’opposition donna lieu à de cinglantes confrontations entre les LR, les LFI, les PS et les RN. Autant dire que l’on retrouvait l’atmosphère de l’hémicycle mais avec une opposition plus virulente grâce à cette « bêtise » du conseiller du président de la République.

Cette femme assez imposante physiquement a un parcours qui lui permettait de se distinguer : avocate de formation et mariée à un dirigeant important de l’Oréal, elle avait, dans sa carrière, pris l’habitude de commander et de diriger des équipes. Son ton impérieux n’admettait pas la discussion. Cependant elle était obligée de l’accepter mais en des termes qui ne pouvaient que favoriser le thème « de la tempête dans un verre d’eau ». C’était parler toujours, ça ne nous intéresse pas. Elle s’exprima ensuite selon cette ligne de défense : à quoi bon ces réunions qui n’enthousiasment personne dans le milieu classe moyenne ou populaire ? D’après elle, les Français étaient rassasiés des émissions de télévision : après la coupe du monde, le défilé du 14 juillet, l’arrivée des Bleus et enfin le Tour de France, il était temps d’éteindre l’écran et de partir en vacances, ce que font la grande majorité des Français. Puis l’Assemblée nationale fermait ses portes et chacun pensait plus à avoir les doigts de pieds en éventail que d’avoir le poing serré de colère.

Heureusement que le Sénat a encore une majorité hostile aux projets de Macron ( jusqu’à quel point est encore à démontrer !) et que leur commission poursuit ses interrogations. Mais l’été, juillet et août, sont des mois précieux qui voient l’apathie générale et l’oubli de tout problème. Benalla aide aussi à ce détournement d’intérêt en courant les plateaux comme un jeune homme respectable, sans barbe et lunettes de petit notaire de Province, un gendre que toute mère accepterait pour sa fille. La charge contre lui de brutalité s’efface peu à peu. Interrogé par TF1, la chaîne au service des riches et du pouvoir, il a bafouillé des raisons de son acte qu’il a jugé non répréhensible car incité par la vue de terribles manifestants, des délinquants, dit-il, prêts à en découdre avec les CRS. Il juge qu’il n’a fait que son devoir et s’interroge sur le pourquoi de ce cirque médiatique. La présidente de la commission, Yael Braun Pivet le soutient à fond en barrant le chemin des témoins et personnalités importantes.

Tout, sans aucun doute, vient de consignes strictes délivrées par les disciples de la secte Macroniste, prosternés devant le nouveau Prophète.

André Girod