Affaire Breivik-Millet : le véritable assassin c’est l’écrivaillon nobelisé Jean-Marie Le Clézio

Jean-Marie Gustave Le Clézio, l’auteur fétiche de la bienpensance gaucho-boboïste, l’écrivain des cours de récréation, livre dans une tribune intitulée « Lugubre élucubrations » (Nouvel Obs du 6 au 12 septembre), sa réaction à la non-lecture du livre de Richard Millet « Eloge littéraire d’Anders Breivik ». Le texte de M. Le Clézio, écrivaillon nobélisé, est d’une indigence rare. Une voix de plus dans le braillomètre déclenché contre M. Millet.

M. Le Clézio commence par refuser, avec sa bonne conscience d’épurateur contemporain à l’assurance morale sans faille, que l’on puisse invoquer la liberté d’expression en ce qui concerne Richard Millet. On retrouve là un des poncifs de la gauche supposée intellectuelle, la liberté d’expression ne concerne que ses « idées », leurs opposants doivent être condamnés à se taire.

Au nom de quelle liberté d’expression, à quelles fins, en vue de quel profit peut-on écrire un texte aussi « répugnant » ? s’interroge notre concierge de la bienpensance. Comment peut-on bafouer ainsi les parents de victimes ? M. Le Clézio, par de tels propos, se doute-t-il un instant, qu’il cerne parfaitement pourquoi il restera toujours un tâcheron (célèbre et très bien rémunéré) du monde des lettres : les bons sentiments ne font jamais de la grande littérature. Ils créent seulement un univers fade, puéril, très… « développement durable ». Un bourrage de crâne pour collégien, un des vecteurs de l’éducation des masses tel que les adorent la majorité des enseignants pour soigner les jeunes populations européennes déclarées malades parce qu’elles voient la réalité en face et non depuis les beaux quartiers.

M. Le Clézio reprend le refrain sur les nouveaux réacs désignés comme responsables de la « corruption de la pensée contemporaine » et à l’origine de « la propagation du racisme et de la xénophobie ». Mais Richard Millet lui a répondu antérieurement (si j’ose dire) : « Il n’y a pas plus de racisme en France qu’il n’y a de fruits d’or aux branches des arbres, et l’idéologie antiraciste a besoin d’en inventer pour justifier la terreur permanente qu’elle exerce sur tout le monde à commencer par les écrivains. (…) S’opposer à cette idéologie dominante revient à endosser un habit d’infamie (…) dans un monde aux valeurs entièrement inversées et où me mot « race » devient l’obsessionnelle métaphore de la femme, de l’homosexuel, de l’obèse, du jeune, de l’animal… »

M. Le Clézio ne peut tolérer que certains  écrivains, trop rares, sortent de son catalogue d’idées formatées, alors il enfile sans vergogne toutes les petites crottes lexicales habituelles : « texte répugnant », « idéologie nauséabonde », « le visage de l’antisémitisme est aujourd’hui celui de l’islamophobie », « les mêmes obsessions : l’invasion des étrangers, la perte des repères chrétiens, la pureté de la race », « théories fumeuses dont l’auteur le plus connu est Samuel Huntington » (Référence bien sûr au si détesté « Choc des civilisations »), « l’identité nationale est un leurre ». Collier de perles puantes comme seules peuvent se le permettre ceux qui cachetonnent à plus de dix mille euros par mois.

Pour ceux qui vivent avec beaucoup moins chaque mois, le résumé du texte de Richard Millet écrit Dans Causeur par Roland Jaccard, doit bien davantage parler :

« 1. Une guerre des civilisations se déroule en Europe, guerre dont l’islamisation est le symptôme majeur.

2. Les immigrés ne font pas l’effort nécessaire d’assimiler la culture française, la fragilisent en la rendant plus vulnérable encore à la sous-culture américaine ou à son éradication par l’islam.

3. Les mouvements antiracistes n’ont pas compris que le racisme s’exerce aujourd’hui autant contre les Français qui se revendiquent comme tels qu’entre les diverses communautés ethniques.

4. Au nom d’idéaux devenus obsolètes en Europe du fait de nouveaux rapports de force, il est presque impossible d’exercer une critique, voire un contrôle ou des mesures de rétorsion à l’encontre des nouveaux barbares.

Bref, pour reprendre la formule assez pertinente de Richard Millet : le Français est devenu l’absolu loser de l’Histoire jusque dans sa version posthistorique et multiculturaliste, puisque c’est le pire de l’ancien empire colonial qui lui revient comme un cauchemar ethnico-politique. »

M. Le Clézio pensant qualifier le texte de Richard Millet trouve les mots justes en ce qui concerne sa propre œuvre : « une considérable quantité d’insignifiances », « une idéologie vide de sens qui véhicule la pensée la plus banale ».

Evidemment pour ce Mondo de salon, le multiculturalisme est une question déjà caduque. « Nous vivons dans un monde de rencontres, de mélanges (…). Les mélanges et les flux migratoires existent depuis toujours, ils sont même à l’origine de la race humaine (une seule race », précise-t-il pour ceux qui oseraient penser qu’il y a d’autres explications aux races humaines que l’unique « sortie d’Afrique » conceptualisée dans les années 80).

Pour M. Le Clézio, le multiculturalisme doit faire place à l’interculturel. Toujours le même procédé : si l’Europe ne fonctionne pas, c’est parce qu’il n’y a pas assez d’Europe, si le multiculturalisme est rejeté par tous ceux qui ne font pas partie de la jet-set intellectuelle, c’est parce qu’on n’est pas allé assez loin, passons à l’interculturel. Un creuset où certainement comme le préconisait récemment un idiot utile parmi les idiots utiles, Martin Hirsch, les chrétiens devraient appeler leur garçon Mohammed (c’est-à-dire Mahomet) pour montrer l’acceptation de l’islam. Une façon de dissoudre la culture européenne, de résilier son identité, d’interdire qu’elle vive à l’aise sur son sol.

M. Le Clézio prévient : ce genre de texte peut conduire « certains esprits faibles à l’assassinat ». Ce serait tellement jouissif n’est-ce pas ? Rappelons-nous qu’avant que l’on découvre que Merah était Merah, comment les beaux esprits espéraient que ce soit un tondu fascisant.

En attendant, c’est M. Le Clézio l’assassin. Il assassine avec sa morale à quat’sous l’esprit critique. C’est aussi en cela que son texte est intéressant. Il est à faire étudier en classe comme exemple de ce qu’il faut absolument éviter en écriture : une litanie de poncifs post-intellectuels.

Marcus Graven

 

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