Affaire Chafni, football et « racisme » : chronique d’une grossière manipulation médiatique

Publié le 23 décembre 2011 - par - 3 774 vues
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Les images ont tourné en boucle dans tous les médias…

C’était pendant le match de football entre Brest et Auxerre, ce samedi 17 décembre : on voit le joueur marocain auxerrois Kamel Chafni s’adresser avec violence à l’arbitre de touche qui vient de signaler une faute, puis se précipiter, de manière agressive tout en criant comme un forcené, vers l’arbitre « du centre » qui, rapidement, lui adressa un carton rouge, signe de son exclusion du terrain, hors duquel l’emportèrent ses coéquipiers et autres officiels auxerrois, le bonhomme continuant ses vociférations et ses gestes de menaces jusque dans le couloir menant aux vestiaires…

Qu’avait-il pu donc se passer pour justifier un tel « pétage de câble » ? L’affaire devait être infiniment grave et promettait forcément des suites …

On sut rapidement que le joueur accusait l’arbitre de touche de lui avoir crié « dégage, l’arabe »…et ajoutait, dans la foulée, vouloir demander raison de cette « injure raciste » et aux instances du football et à la Justice tout en affirmant « avoir des témoins »…(1)

Aussitôt, tout le Landerneau médiatique, garant de « l’antiracisme politiquement correct », fut en ébullition… Et, pour nous en tenir à un seul exemple, la chaîne du football (encore pour quelque temps avant qu’Al-Jezira ne lui ôte ce monopole) Canal+ et son appendice Canal-Sat se déchaînèrent…

Dès le dimanche 18, sur « Canal Football Club », on vit apparaître la victime Chafni (Kamel pour les « journalistes » compatissants) , indignée, coléreuse, déterminée, toute à sa volonté d’obtenir réparation d’une injure hautement raciste qui le diminuait, prête à aller au pénal pour faire respecter sa dignité bafouée…Faut-il ajouter ici que tous ceux qui étaient présents sur le plateau l’approuvèrent dans un seul élan de condamnation anticipée de l’arbitre, ce raciste qui touchait « aux valeurs essentielles » pour les nier ? Il n’y avait là que des procureurs nés du seul discours de la « victime »…Curieux comportement ! Étrange conception de l’idée de Justice ! Mais rien d’étonnant de la part d’un Pierre Ménès, boursouflé de suffisance et de bons sentiments, gonflé de certitudes sportives autant qu’idéologiques, lourd d’une bobocratie bienpensante qui ne sait que s’écouter parler tout en se croyant détentrice de « la » vérité…D’autant qu’il n’y avait rien à attendre d’un Hervé Mathoux, plus patelin et mielleux, mais tout aussi soumis à la « pensée unique» dominante (dame, il faut savoir « gagner son beefsteak ») qui lui interdit la moindre parcelle d’esprit critique et d’indépendance de raisonnement.

Le lendemain, rebelote aux « Spécialistes Ligue1 » : mêmes discours compassionnels pour le « pauvre Chafni », même condamnation anticipée des propos supposément tenus par l’arbitre, même dédouanement du footballeur dont personne ne mit en cause les affirmations ( Il avait des « témoins »!), « un gentil garçon tout simple et innocent de naissance » nous dira même un Guy Roux plus à l’aise dans les spots publicitaires que dans l’analyse des comportements…Bref, tout était déjà consommé, et l’horrible arbitre condamné ! Ah, si, une petite nuance : on apprendra que, suite à l’intervention du sieur Chafni la veille, l’arbitre accusé démentait tout propos « raciste », et allait porter plainte pour dénonciation calomnieuse et fournir les preuves adéquates, son altercation avec le joueur ayant été enregistrée par le biais des communications arbitrales inter-terrain…(2)

Cela n’avait pas dû venir à la connaissance de Mme Nathalie Ianetta, animatrice de la série « Les Spécimens », qui, le mercredi 21, nous gratifia, entre deux sourires béats et trois réflexions « people » témoignant de sa culture sportive, de la présence, sur « son plateau » de l’agent du joueur Chafni, venu en toute hâte justifier encore l’attitude de son protégé et affirmer sa volonté jusqu’au-boutiste… Passons, dans cette émission, sur l’hypocrisie suintante d’un Pape Diouf soufflant sur la braise d’un racisme supposé permanent… et sur le souci de dénoncer les écoutes arbitrales dont on nous apprit qu’elles n’étaient pas autorisées… Comme si cela les effaçait réellement !

Patatras ! Ce matin du jeudi 22 décembre, un communiqué du club d’Auxerre mettait fin à l’affaire, reconnaissant in fine que l’arbitre n’avait jamais eu la moindre injure raciste à la bouche, que le joueur acceptait ses explications arbitrales, qu’il n’était plus question de plainte devant qui que ce soit…et que tout ce ramdam médiatique était regrettable! Comme ce communiqué intervenait après contact des avocats des intéressés, on peut légitimement penser que les enregistrements de l’altercation avaient été pertinents ! Et que si le joueur véhément du dimanche se couchait lamentaleblement le mercredi, c’est qu’il n’avait plus de biscuits et encore moins de « témoins », personne ne s’étant manifesté !!! En avait-il eu vraiment ?(3 et 4)

Car toute suite aurait pu être dommageable…

Dommageable pour qui ? Sûrement pas pour l’arbitre, dont les dires ont, sans aucun doute, été confirmés par les preuves matérielles enregistrées…

Mais dommageable pour un joueur qui s’est répandu dans les médias pour raconter une fable qu’il savait pouvoir lui être favorable (eu égard à la grande complaisance bobo-bien pensante des médias envers les « pauvres petits faibles issus des pays sous développés » soumis à la force terrible des « grands méchants blancs ») afin d’éviter les lourdes sanctions qui lui étaient dues.

Dommageable aussi pour le club qui évite ainsi à son joueur une procédure judiciaire qui, si elle avait été menée, aurait conduit à montrer le mensonge et, aussi, à prendre à l’encontre du joueur des mesures pénales bien plus sévères que la suspension de quelques matchs qui l’attend.

Dommageable pour les apôtres de la pensée unique humanitariste qui auraient dû mettre pavillon en berne et montrer combien leur façon de brandir à tout moment les « droits de l’Homme » ou l’antiracisme à propos de tout et de n’importe quoi permet aux vrais manipulateurs de se construire des postures protectrices tout en culpabilisant de manière injuste et indigne les honnêtes gens.

Dommageable encore pour ces médias manipulateurs, organisant le battage public en brassant « du vent », transformant à l’envi l’information pour la rendre compatible avec leurs présupposés, enfumant en permanence le public avec leurs fausses valeurs et leurs professions de foi qui sont autant de serments d’hypocrites…Ces médias peuplés de pseudo journalistes, souvent incultes, rarement compétents, dont les critères d’embauche semblent se mesurer à la perfidie du sourire et à la souplesse d’échine…

Nous savons depuis longtemps ce que sont, dans leur grande majorité, les médias de notre pays : des structures possédées par les oligarchies financières et mises en fonctionnement par les tenants de l’idéologie dominante bien pensante, formatés à l’identique hors de tout esprit d’analyse, hors de toute indépendance de pensée, hors de toute velléité de confrontation des idées…Que ce soit dans le domaine du politique, du géopolitique, ou du sport, ce sont les mêmes clones qui nous imposent, avec le sourire et des mines chafouines, les mêmes fausses valeurs et les mêmes manipulations du réel…

A propos, auront-ils, ces pseudo journalistes, ces soit disant « consultants », le simple courage de s’excuser auprès d’un public qu’ils ont manipulé , maintenant que le réel est affirmé? Je prends le pari que non, déontologie et respect de l’information authentique sont des mots dont ils ignorent le sens.

Il reste qu’il n’y aura pas procédure judiciaire: dommage! Les voyous et les menteurs auraient été confondus, mais les dirigeants de La Ligue qui gèrent le football professionnel préfèrent le « pas de vague » qui conforte leur pouvoir et leurs prébendes (leur « humanitarisme » de façade qui les valorise aux yeux de leurs semblables aussi) et ont su faire comprendre à l’arbitre où était son « intérêt immédiat », la morale publique et le respect des valeurs n’étant d’aucun rapport « palpable ». 

Pour être  » second » en un moment où d’importantes questions taraudent notre société, notre pays, notre République laïque et démocratique (et mettent à mal ses valeurs et ses principes essentiels), cet événement « footbalistique » est révélateur des méfaits de la pensée unique imposée par la « globalisation » que nous subissons…

Elle est aussi témoignage de l’état de délabrement moral et de veulerie de notre société soumise au multiculturalisme, au détournement du sens des valeurs essentielles et à la censure permanente de la parole vraie.

Empédoclatès

1- Football, Ligue 1 : Chafni victime de racisme ?
2 -Foot L1Perruaux «nie» et va porter plainte
3 – Ligue 1 : Chafni et l’arbitre assistant Perruaux se réconcilient
4-Foot – L1Chafni et Perruaux font la paix

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