Affaire Dieudonné, la clé iranienne, par Arnaud Dotezac

Publié le 17 février 2014 - par - 1 841 vues
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Un article de fond, écrit par Arnaud Dotezac, pour le numéro 114 de la revue suisse Market  www.market.ch

Télécharger ici : dieudonné complet

L’article est passionnant, de très haut niveau, comme on peut en juger aux quelques extraits ci-dessous, et il éclaire les décisions de Valls, le rôle de Soral, Chatillon etc…

Le mécanisme psychologique autorisant cette orientation agressive, générale et impersonnelle, est parfaitement connu. Il consiste notamment à transférer les causes de ses propres maux psychologiques sur une source unique et qualifiée, qui devient par là même sacrificielle ou ordalique et donc potentiellement rédemptrice lorsqu’on l’élimine. C’est là qu’un ressort particulier s’active : celui de l’obsession. En s’obsédant, le sujet génère une contrainte intérieure qui se traduit par une irritation irrépressible, dont le seul remède est finalement celui de la violence à l’encontre de tout membre, indifférencié, du peuple en question. Afin de légitimer cette violence, le sujet n’aura de cesse de trouver un espace de complainte à partager avec le plus grand nombre. La propagation de l’obsession pourra dès lors s’animer, « se libérer » comme le dit Dieudonné, notamment dans les espaces qu’il dédie à cette fin: théâtre de la Main d’or, sites Internet, salles de tournée, médias-relais, caricatures, pamphlets, promotion d’études pseudo-scientifiques, etc. Il s’emploie à n’y omettre aucune des racines de l’antisémitisme énumérées plus haut, ce qui constitue l’une des clés de sa performance médiatique.

Au passage, on constatera que ce n’est pas une « liberté d’expression »que Dieudonné revendique en fait, mais une « liberté d’obsession », la sienne propre, autant que celle de ses nombreux clients, puisqu’il en fait commerce. Or, il va de soi que l’exercice d’une quelconque « liberté  d’obsession », liberté de développer et promouvoir une pathologie donc, ne saurait être garantie par aucune loi. Sauf en Iran peut-être.

 

On lira également avec profit l’édito du même Arnaud Dotezac pour ce numéro 114 de Market Edito Arnaud Dotezac   dans lequel il précise son projet avec notamment ce passage :

« Tout et son contraire ayant été dit sur la liberté d’expression, nous avons tenté d’y voir un peu plus clair sous l’angle géopolitique. Comme Dieudonné ne cache point son jeu, il nous a suffi de réunir quelques infos éparses, des « signaux faibles » comme on dit dans le jargon, pour dresser la carte de son projet politique. Elle se révèle écrite en pur persan. Car la république islamique d’Iran ne fait pas que financer telle campagne électorale, tel autobus-symbole, tel voyage ou tel film à petit budget de l’amuseur ; elle ne se contente pas non plus d’encadrer son réseau politique, situé à l’extrême droite : elle harnache l’influence de son joueur des rues pour un dressage en bon ordre de ses milliers de fans, à la sangle de ses propres intérêts. Et eux, n’y verraient que du jeu. Vraiment ? »

Christine Tasin

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