Affaire Mila : Michel Onfray dénonce les soumis annoncés par Houellebecq !

Affaire Mila : Michel Onfray dénonce ceux qui appellent à la soumission annoncée par Houellebecq !

Michel Onfray, sur son site, épingle une bonne brochette d’islamos modérés et d’islamo-collabos s’affichant au grand jour pour condamner d’une façon ou d’une autre Mila et ses propos.
Par égard pour Michel Onfray, je ne paraphraserai pas le Syndicat de la magistrature pour dénommer la liste qu’il en fait, pourtant elle le justifierait…
Dans un article daté du 5 février, cela lui donne encore l’occasion de démontrer les dégâts de la disparition de la culture, de cet abandon qui caractérisait le génie et le patrimoine français.
Mérite d’être lu…
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Jour après jour, l’affaire Mila agit comme un révélateur photographique : à cette heure-ci, elle fournit une magnifique photo de famille grand format des premiers acteurs de la France soumise – pour reprendre le vocabulaire de Michel Houellebecq.
Rappelons les mots de la jeune fille.
Précisons d’abord qu’elle répondait sur son réseau Instagram à des interlocuteurs musulmans qui, après l’avoir draguée et essuyé un refus, lui reprochaient son homosexualité affichée. Elle leur dit : « Je déteste la religion. » Puis : « Le Coran, il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam, c’est de la merde, c’est ce que je pense. Je ne suis pas raciste, pas du tout. On ne peut pas être raciste envers une religion. J’ai dit ce que j’en pensais, vous n’allez pas me le faire regretter. Il y a encore des gens qui vont s’exciter, j’en ai clairement rien à foutre, je dis ce que je veux, ce que je pense. Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci, au revoir. »
Certes la jeune fille a été grossière et vulgaire, et l’on peut déplorer, comme moi, qu’elle ait eu recours à ce registre-là, mais il est de son âge et de son époque, c’est tout simplement celui de la progéniture post-républicaine de la génération Cohn-Bendit et de ses amis. En plusieurs décennies, le libéralisme maastrichtien est parvenu à abolir le citoyen fabriqué à l’école républicaine (il était fascistoïde) au profit d’un consommateur formaté par les pédagogistes (il est progressiste) : ces énergumènes ainsi produits en chaîne débouchent sur le marché des idées !
Il n’empêche : cette vulgarité sert à tous les acteurs de cette soumission pour se désolidariser de la jeune fille. La forme n’est pas exquise, on jette donc le fond, la bouteille n’est pas jolie, on déverse son contenu au caniveau, la photo est floue, on la déchire : la chose est mal dite, donc haro sur la chose dite.

Or, elle dit tout haut et dans un langage vert (mais pas le vert bobo…) ce que beaucoup pensent tout bas: « Se pourrait-il que cesse enfin en France cette complaisance pour une religion qui, son Livre le dit, n’aime ni les homosexuels, ni les juifs, ni les femmes, ni les autres croyants ? » Elle n’aurait pas dû le dire ainsi ? Entendu. Mais aurait-elle pu le dire autrement ? Sûrement pas. Si elle n’avait pas eu recours à la langue de Charlie, mais à celle de Jean d’Ormesson pour dire la même chose, elle aurait certes été moins visible, mais tout de même attaquée.
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Cette affaire permet d’effectuer un cliché très net de ceux qui travaillent non sans ardeur à cette fameuse Soumission analysée de façon romanesque par Michel Houellebecq.
Qui trouve-t-on sur cette belle photo de famille?
Bien sûr, Nicole Belloubet, ministre de… la justice du gouvernement Macron, roi de ce seul monde-là. Tirant la première, elle dit que Mila s’est rendue coupable  « d’insulte à la religion » et « d’atteinte à la liberté de conscience ». Le parquet a d’abord ouvert une enquête pour « provocation à la haine à l’égard d’un groupe de personnes, en raison de leur appartenance à une race ou une religion déterminée », avant de se décider à ne pas poursuivre, probablement après consultation des plus hautes autorités… La ministre de ladite Justice a fait marche arrière, mais la chose a été dite et l’on sait qu’ainsi elle réagissait au tollé.
Bien sûr, Edwy Plenel qui, en bon compagnon de route des macroniens sur ce sujet, affirme dans « C est à vous », et en tant que patron de Mediapart, il sait de quoi il parle : « Il y a beaucoup de haine sur internet » ! Ensuite, il convient que le langage de la jeune fille était inapproprié mais c’est pour mieux botter en touche pour parler de Mennel, cette chanteuse musulmane de l’émission « The Voice » qui avait été attaquée… pour avoir porté un voile !  La dialectique trotskiste casse des briques, mais elles sont en papier.
Bien sûr, Abdallah Zekri, le délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui, poète, a proclamé sur Sud-Radio : « Qui sème le vent récolte la tempête. » Et puis ceci, qui sent le sang : « Elle l’a cherché, elle assume.  » Autrement dit quelque chose qui ressemble à ceci : « Elle aura fait ce qu’il fallait pour se faire égorger et si la chose devait arriver, je ne m’en formaliserais pas ! » Je parie sans trop risquer de me tromper que cet homme ne sera pas poursuivi, lui, pour incitation à la haine ou pour provocation au crime.
Bien sûr Ségolène Royal qui, partie en campagne pour les prochaines élections présidentielles parce qu’elle ne s’est pas trouvée assez adoubée par Macron, ménage l’électorat dit « de gauche » en affirmant sur France 3 que « critiquer une religion, ça n’empêche pas d’avoir du respect, de l’éducation, de la connaissance, de l’intelligence par rapport à ce qu’on dit ». Cette dame qui, le soir de son échec aux présidentielles, promettait au peuple de gauche « d’autres victoires » dit également refuser « d’ériger une adolescente qui manque de respect comme le parangon de la liberté d’expression » – ce qui ne l’empêche pas de trouver l’adolescente Greta Thunberg « formidable » et « extrêmement brillante » sur RTL (14.IX.2019). Il est vrai que la haine de Greta est froide et propre comme un funérarium scandinave et non pas rabelaisienne et chaude comme une taverne tourangelle.
Bien sûr le maire de Nice, Christian Estrosi (LR), qui en profite, sur BFM TV pour estimer qu’il faut légiférer sur les réseaux sociaux. De la sorte, il envoie un message positif à LREM, via un éloge de la loi Avia, du nom de la députée de ce parti, et ce quelques semaines avant les élections municipales. Car légiférer contre qui ? Mila d’abord, bien sûr, pas contre ceux qui veulent sa mort… L’appel du pied est lourd comme une démonstration dans un éditorial de Laurent Joffrin.
Bien sûr Martine Aubry, la dame des créneaux réservés pour les femmes musulmanes à la piscine [1], elle aussi en campagne pour sa trois centième élection à Lille, qui dit ceci : « Dans une période où beaucoup se sentent attaqués, je pense à l’augmentation de l’attaque contre les musulmans. (…). Peut-être que chacun peut se dire (…) qu’il vaut mieux éviter ce type de propos. » Certes, il vaut mieux se taire si l’on n’a pas prévu d’ânonner le catéchisme politiquement correct…
Bien sûr le trompettiste Ibrahim Maalouf qui estime que les défenseurs de Mila sont aussi coupables que les défenseurs de Gabriel Matzneff. Il fustige les propos de l’excellente Zineb El Rhazoui qui défend la jeune fille. Pour ce monsieur, « encourager l’immoral au prétexte que c’est légal, c’est de la démagogie dangereuse ». Puis : « C’est ce qu’ont fait certains à l’époque de Matzneff ou ce que défendent les exilés fiscaux, pour prendre deux exemples différents », dit ce monsieur qui est en effet très habilité à donner des leçons de morale, à traquer l’immoral, et à solliciter Matzneff puisqu’il a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour agression sexuelle sur mineure en 2014 mais qu’il a également été condamné à payer 20 000 euros d’amende pour « geste inapproprié », comme on dit désormais, à l’endroit d’une collégienne en stage dans son studio d’enregistrement.
Bien sûr l’association « Osez le féminisme » qui, via son porte-parole, affirme clairement: « C’est un sujet sur lequel on a choisi de ne pas se prononcer. » Pour quelle raison ? On n’en saura rien…
Bien sûr, Caroline de Haas, qui, rappelons-le, estime que, pour lutter contre les agressions sexuelles dans des quartiers perdus de la République, il n’y a qu’une seule solution, élargir les trottoirs. Elle n’a pas eu un seul mot de soutien pour cette jeune fille menacée de mort, déscolarisée, protégée par la police pour avoir dit qu’elle récusait l’islam qui la récuse elle-même en tant que lesbienne, ce qui, au-delà du langage et de la forme, est tout de même le fond du problème… C’est cette même Caroline de Haas qui, lors des viols commis par des migrants un soir de 31 décembre, avait écrit : « Ceux qui me disent que les agressions sexuelles en Allemagne sont dues à l’arrivée des migrants : allez déverser votre merde raciste ailleurs. »
Bien sûr Marie Kirschen, la rédactrice en chef du web des Inrockuptibles qui justifie le silence de son magazine si prompt à donner des leçons boboïdes en expliquant : « On s’est vraiment recentrés sur la culture il y a un peu plus d’un an. » Et puis, sans craindre le ridicule : « Les quelques personnes qui pouvaient écrire sur cette affaire-là étaient déjà occupées à d’autres choses. » En effet, on imagine bien qu’il n’est pas possible de passer commande d’un papier à un journaliste de la rédaction sur ce sujet…
Bien sûr, l’inénarrable Yassine Belattar, l’ami gênant d’Emmanuel Macron, que certains présentent encore comme humoriste, qui a dit, lors de l’émission « Touche pas à mon poste » que la jeune fille avait créé le buzz exprès pour lancer sa carrière. Si elle devait en mourir, elle aurait ainsi réussi son coup : tout le monde connaîtrait son nom, n’est-ce pas ?
Bien sûr, Cyril Hanouna qui dit ceci : « C’est juste une jeune fille de 16 ans qui a dit, pour moi, des mots qui sont inadmissibles (…). Après, c’est vrai que c’est le droit au blasphème, mais elle ferait mieux de se calmer et de rester dans son coin » ! Rester dans son coin, comme un chien – ou une chienne, calme dans sa niche, n’est-ce pas, in fine, c’est ce que l’on attend d’une jeune fille lesbienne qui a le malheur de trouver que le Coran et sa vie sexuelle ne font pas bon ménage…
Voilà pour l’heure à quoi ressemble la famille des précurseurs de la Soumission, une petite douzaine, et ce dès les premiers temps. C’est l’avant-garde éclairée des Barbares, ceux avec lesquels tombent des civilisations. Ce sont les loups entrés dans Paris.
Michel Onfray

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17 Commentaires

  1. « I have à dream » disait Martin, un discourt universel aussi pour ceux qui sont nés où vivent pas au bon endroit en France, un rêve, une société où l’on a le droit de vivre ou l’on veut, où l’on a le droit de s’exprimer sans risquer la censure,l’intimidation, la condamnation judiciaire, la mort, là où le simple droit de vivre dignement n’existe plus de part sa couleur de peau. On ne demande certainement pas la fierté, simplement la restitution du droit de vivre que les politiques nous ont ôté.

  2. Houellebecque aussi, depuis que BHL l’a aidé financièrement après ses échecs cinématographiques, et pour avoir le Goncourt, la légion d’honneur en prime, il fait profil bas, il peut se rincer le gosier au Mouton Rotschild tous les soirs en faisant des courbettes aux pourris.

  3. Un philosophe ? Il a suffit que l’état lui supprime ses subventions pour que cela lui ouvre les yeux, avant il ne s’en rendait pas compte, il est comme les autres, le fric le fric…

    • Que nenni ,pas de panne de coran ,les  » zumanistes  » gardent les manettes .LOL

  4. Il a mis du temps à aborder la question. Preuve que ce n’est pas anodin. Ce temps lui a permis de constater, comme nous, que Mila s’est montrée digne chez l’islamo-collabo de service. Quand dans ce texte il fait référence à la prose de Rabelais il repêche Mila, et c’est drôle. Quant aux loups qui sont entrés dans Paris c’est tellement impertinent… Merci M Saint-Marc

  5. IL porte la « Poisse Onfray » ? Pas un vieux maquereau à l’huile sacerdotale !
    Quand, à Caen il combat les Can Cans…. à cris d’Orfraies !
    FOZ ! Finkie, Onfray, Zemmour !
    Triplé gagnant !

  6. M. Onfray, comme M. Zemmour, ont un grand talent. Ils mettent des mots et donc des arguments sur un sentiment très répandu: le ras-le- bol du peuple qui risque de perdre son « odeur » et de ce fait sa force. Merci ça donne envie de ne pas baisser les bras.

  7. Au lieu de dire  » je déteste la religion, le coran, l’islam c’est de la merde » etc, Mila aurait dû le CHANTER façon rap. Dès lors,ce n’était plus une critique, mais de l’art comme pour les rapeurs des bantoustans.

  8. Vous dites : « Par égard pour Michel Onfray, je ne paraphraserai pas le Syndicat de la magistrature « . Ce n’est pas la première fois que je remarque l’usage du verbe « paraphraser » dans un sens différent que celui de « reprendre un propos avec ses propres mots au lieu de les expliciter et d’en extraire la substantifique moëlle ». Quand un prof écrivait en marge d’un paragraphe « paraphrase », ce n’était pas du tout un compliment. Je n’ai donc pas compris ce que vous vouliez dire par cette phrase . Quelque chose comme : pour ne pas faire comme le syndicat de la magistrature ?

  9. Sans parler de tous ceux qui n’ont pas pris position et dont le silence n’est pas d’or mais complice selon l’adage : qui ne dit mot consent. Je suis allée sur le site d’Onfray mais comme il faut payer, du moins c’est ce que j’ai cru comprendre, je n’ai pas poursuivi ma lecture. Il défend « le petit peuple » paraît-il. Mais avec lui, la pensée n’est pas gratuite, il faut bien qu’il gagne sa vie, sa notoriété lui suffisant pas. Mais comme je le trouve très (trop) prudent et très partial je me contente de ses prises de position médiatiques.

  10. Question à l’intention des connards de tout poil, qu’est ce qui est plus grave chanter « pendez les bébés blancs » ou dire « l’islam c’est de la merde et votre dieu je lui mets un doigt dans le fion ».
    Je suis MILA.

    • ça dépend , si tu le dis en chantant c’est « de l’art’ !
      j’encourage donc Mila et quiconque désormais de dire « l’islam c’est de la merde » en annonant le rap et en secouant la tête d’avant en arrière suivi de tchhh tchhh et avec des mouvements de bassin d’avant en arrière…;-)

    • Je pense que chanter que  » l’islam, c’est de la merde  » ou déclamer que  » faire un toucher rectal à Allah ou Akbar  » , c’est de l’art ; n’en déplaise à Nique Con Rad et aux juges dumurdescons.

  11. Le 28 septembre fut notre Stalingrad :
    – Avant, nous étions marée descendante, collectionnant les défaites et les replis
    – Depuis, nous sommes marée montante.
    Avant nous devions toujours être moins offensif le lendemain que la veille. Koutouzov devant les armées napoléoniennes était notre modèle
    Maintenant et depuis, au contraire, nous devons être toujours plus offensif le lendemain que la veille. Guderian et sa blitzkrieg doivent être notre modèle
    Nous devons toujours être plus odieux le lendemain que la veille envers tout ce qui n’est pas nous : blanc et chrétien.
    A Milla; nous faisons écho :
    Allah est le sobriquet de Satan
    Mahomet est son prophète sanguinaire
    Tous les musulmans leurs suppôts !
    Et la Justice française leur milice.

  12. j’ai entendu sur michelonfray.com cette magistrale mise en cause! vocabulaire choisi d’un vrai intellectuel, un philosophe qu’on a plaisir à entendre (contrairement au prof de philo raphael eindoven qui annonait lundi dernier sur Z&N (paris prenière )

  13. Onfray a cette exquise manière de dire les choses comme on aimerait pouvoir les dire. Il est clair, concis, structuré et courageux contrairement à beaucoup d’intellos soi-disant philosophes . Finky n’est pas trop mal dans le registre non-plus, plus agité et moins concis néamoins. Merci à vous Jean-Paul Saint Marc.

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