Agression policière contre les pompiers : la guerre civile a commencé

Publié le 17 octobre 2019 - par - 1 369 vues
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Bien qu’elle ait débuté avec la révolte des Gilets jaunes, lorsque ceux-ci sont entrés dans son ministère, faisant fuir Benjamin Griveaux à toutes jambes dans une course effrénée qui l’a conduit à Matignon, terrorisé, se réfugier dans les bras d’Édouard Philippe, ou alors lorsque la police a commencé à flinguer sans remords les manifestants pacifiques qui tiennent cependant bon, de la même manière qu’en 1905 et en 1917 le tsar avait fait tirer sur des foules innocentes avec le résultat qu’on sait, on peut assurer que la guerre civile a commencé véritablement ce 15 octobre 2019.

Car qu’est-ce qu’une guerre civile ? Une lutte armée qui, au sein d’un État, oppose ses forces vives : policiers, militaires, factions diverses du peuple. C’est le cas.

Il est ahurissant que la police s’en soit pris à l’armée représentée ce 15 octobre par les pompiers, car à Paris, Lyon et Marseille, les pompiers sont bel et bien des militaires de carrière. Ainsi donc avons-nous vu nos policiers équipés de leurs lanceurs de balles nouveau modèle tout à fait létales malgré ce qu’en dit le ministre, et de leurs sales engins à gaz lacrymogène, massacrer du pompier. Sur ordre venu d’en haut paraît-il, donc de Castaner, du préfet au nom et à l’attitude de Boche, et au-delà de ces deux individus, du président fantoche. Une honte mais un terrible révélateur des affrontements relatifs aux débuts d’une guerre civile.

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Et que le syndicat Unsa-police se dise « honteux » d’avoir gazé les pompiers et s’excuse d’avoir obéi aux ordres n’y changera rien : « Les collègues sont honteux d’avoir reçu des ordres aussi minables […] C’est le ressenti […] vis-à-vis des ordres reçus de nos hauts dirigeants. »  Et encore : « Les CRS honteux d’avoir gazé les pompiers alors que la manifestation était bon enfant. Unis dans le même combat pour défendre leurs conditions de travail. Aucune considération de nos décideurs. Mille excuses. ». À préciser : Twitter qui fait le jeu des puissants et s’est déclaré policier du Net a supprimé  les tweets des policiers concernés, afin de complaire au gouvernement que ces excuses dérangeaient.

Mais ceci également est une preuve du début de la guerre civile : les forces armées se divisent, et on est près du refus d’obéir. Ça vient, patience. Ça fait partie du jeu. Déjà les policiers coupables – car ils le sont bien, ces policiers qui ont malmené les pompiers – critiquent les ordres reçus et les taxent de « minables ». C’est énorme. Le dégoût est là, bien palpable. Mais là où j’adhère moins, c’est que depuis la fin de la Guerre mondiale, licence a été donnée aux fonctionnaires de refuser l’obéissance aux ordres lorsque ceux-ci heurtent leur conscience. Question : les policiers en ont-ils une ? Car jamais, ô grand jamais ils n’auraient dû accepter de tirer sur ceux qui, d’une certaine façon, sont leurs collègues, d’autant qu’ils appartiennent au même ministère dans la mesure où armée et police ont été regroupées sous la même bannière :  celle du ministère de l’Intérieur.

Et si l’on fait le point, on trouvera en présence un peuple en colère représenté entre autres par les Gilets jaunes, un peuple bobo-gaucho-collabo qui a des œillères et est représenté par un nombre restreint de pétasses et péteux investis de pouvoir politique et médiatique, un peuple musulman qui se dit modéré – mais on a vu ce que signifie modéré en écoutant Sifaoui s’en prendre à Zemmour, des ex-musulmans luttant contre les ravages de l’Islam, des policiers s’en prenant à des militaires, des policiers se scindant en groupes pour et (timidement pour l’instant mais ça va s’amplifier) contre le gouvernement, des militaires qui en font autant –  il n’y a qu’à voir l’appel des généraux et colonels, et des gens qui ne savent où se situer mais que les événements à venir forceront à prendre position. Tous les ingrédients y sont.

Et face à tout cela, on a un gouvernement qui continue à faire comme si rien ne se passait, à augmenter les impôts et à se moquer du peuple, à faire le jeu des oligarques et des grands groupes de pression, à lécher les babouches, à vouloir faire taire le peuple, ignorant que plus on bâillonne celui-ci et plus il l’ouvre grand.

Il ignore aussi, ce gouvernement de prétentieux psychorigides, qu’une guerre civile, ou une révolution, c’est loin de se faire en une seule journée. Elles progressent toujours par à-coups, par étapes, laissant enfler les colères, les rancœurs, les oppositions, et que lorsqu’elles deviennent d’une grande brutalité, cela ne s’est pas fait comme par un coup de baguette magique mais par une suite d’événements qui progressent selon une courbe en croissance, un peu comme l’augmentation démographique. 

Alors oui, la guerre civile a bien commencé.

Louise Guersan

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