Aïd, tueries et bigoterie

Publié le 26 octobre 2012 - par - 2 546 vues
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Après la lapidation du diable dans le bienheureux pays des décapitations et de l’asservissement des femmes, voici venu le jour de l’Aïd el Kébir. Dans les deux cas, le pèlerinage et la fête, d’innombrables moutons passent de vie à trépas pour le bonheur d’Allah. Et à l’heure où la bigoterie islamique atteint des sommets, nos médias observent une fois encore avec un regard ému ce rituel.

Abdelwahab Meddeb disait sur France culture : «Ce rite nous vient de Rome, de la Grèce, du paganisme. Celui qui continue de sacrifier ne peut pas évoluer. Il faut vivre aujourd’hui un sacrifice symbolique

L’Aïd implique d’égorger un mouton à la manière halal. En principe, l’homme sacrifie au rite en présence de la famille. Les jeunes garçons sont initiés à leur tour à cet art du coupe-gorge. Dans nos sociétés, pour des raisons sanitaires, c’est heureusement un boucher qui doit tuer les bêtes. La méthode n’en reste pas moins cruelle.

Outre l’aspect effrayant de cette gigantesque tuerie, ce rituel comprend quelque chose de plus angoissant: «Déjà lorsque j’étais enfant, se souvient Meddeb, je vivais le cauchemar de ma propre identification au bélier lorsque le couteau aiguisé lui tranchait la gorge. Comment ne pas penser que ce cérémonial autour du sang versé incline au geste qui coupe le cou de l’homme…» *

Difficile en effet de ne pas revoir ces terroristes qui égorgent des otages, leur kalachnikov à l’épaule. Ou ces faits divers où l’on tue par égorgement.

Il existe aujourd’hui dans les communautés musulmanes une affolante course aux prescriptions : foulard, halal, Aïd, ramadan, prières quotidiennes, rejet fanatique du porc, de l’alcool. Non seulement les rituels se multiplient, mais ils sont appliqués avec une rigueur croissante. Le « droit au ramadan » malgré ses conséquences dans le milieu du travail s’impose chaque année davantage.

Les conséquences de cette bigoterie sont connues, et particulièrement graves dans la religion islamique.  Le doute est totalement absent, la fermeture à l’autre complète. Les fidèles sont prêts à se battre pour imposer leurs vues. Dans la communauté unie autour de son imam, la liberté de pratiquer n’existe plus.

La soumission n’a jamais autant mérité son nom.

Mireille Vallette 

* Sortir de la malédiction, p. 128

 

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