Aimer la France, c’est aimer sa géographie, son histoire… et ses valeurs.

La France est magnifique par l’équilibre de sa forme hexagonale, la variété de ses régions, les douceurs et les rigueurs de son climat, la splendeur de ses rivages…

Mais aussi beau que soit un paysage, il ne saurait être plus beau que la beauté des mots qui le célèbrent et des regards qui le contemplent : la France est un pays de mots et de regards !

Ainsi de son peuple, qui a mis au monde des hommes d’exception – souverains, empereurs, chefs d’ État, écrivains, penseurs, philosophes, artistes, savants… – et des femmes de même facture, comme Olympe de Gouges, Louise Michel, Marie Curie, Sophie Germain, Simone Weil, Charlotte Delbo, Simone de Beauvoir, et, tout près de nous, Anne Zelensky.

Cette profusion d’intelligences et de talents n’est pas notre diversité : c’est notre unité ! Sans ce socle, que vaudraient l’intelligence et le talent ? Que vaudraient nos efforts passés et présents ? Que vaudraient nos valeurs ?

Pour être nées sur les chemins mouvementés de l’Histoire, les valeurs de la France sont sa jeunesse même. Quelle jeunesse ? Celle du mouvement, bien sûr, c’est-à-dire de la pensée et de l’action, des luttes ouvrières et syndicales, de la bataille pour la laïcité… en un mot celle que nous envient ceux qui souffrent de n’être pas libres !

Ne pas être libre, c’est aller sans rien dire, les yeux toujours baissés. C’est donc être blessure, et se taire.

La France sait ce que sont les blessures. Elle sait surtout que les taire est pire que les dire, car ne pas les dire porte atteinte à l’universel. La véritable grandeur de la France, c’est de dire ses blessures au nom même de l’universel !

Cela ne signifie pas que la France bâillonne les particularismes : en France, chaque particularisme a sa place, mais la France ne saurait laisser la place à aucun d’entre eux.

Donnons la France à tel particularisme, et il n’y aura plus de place pour la France, c’est-à-dire pour une «République indivisible, démocratique, laïque et sociale» (Article premier de la Constitution) ! Car enfin, quel particularisme assurerait l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de religion ?

Or, n’y a-t-il pas aujourd’hui, en France, de plus en plus de Français qui contestent cette égalité, notamment en ce qui concerne la femme ? Cela ne se vérifie-t-il pas physiquement et psychiquement, comme le montre, entre autres, le voile islamique ?

Il ne s’agit pas ici d’une illusion, mais d’une réalité qui doit être dénoncée pour ce qu’elle est. Cette dénonciation, c’est encore la tâche de la France, et cette tâche passe par la liberté d’expression.

Il n’y a de liberté d’expression, en effet, que si l’on peut dire ce qu’il ne faut pas dire ! Et que faut-il ne pas dire ? Qu’il y a, en France, des valeurs qui ne sont plus celles de la République ? Que la femme doit avoir les mêmes droits que l’homme ? Qu’on ne peut accepter d’enfermer telle Française ou tel Français dans des carcans vestimentaires, alimentaires, matrimoniaux, sexuels ou communautaires ? Que le halal offense la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal (1) ? Qu’il n’y a pas d’animal impur ? Que toute personne désireuse de vivre en France doit vivre à la française, car en France, il n’y a qu’une loi et, par suite, qu’une loyauté ? Que la liberté d’expression est, avec la liberté de disposer de son corps, la première des libertés ?

Ce que d’aucuns ne veulent pas qu’on dise et qui, pourtant, ne cesse de se dire dans toute la France, relève de l’évidence. Et cette évidence, la voici : en France, les Français veulent pouvoir reconnaître partout la France !

Maurice Vidal

(1) Déclaration proclamée solennellement le 15 octobre 1978 à la Maison de l’UNESCO, à Paris.

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