Alain Juppé en 2015, c'est Edouard Daladier en 1938

Ri7juppe et Feltesse, concours de lèche baboucheJe cherchais depuis quelque temps une référence historique applicable à Alain Juppé. À le voir parfaitement lucide, conscient, acceptant par avance l’inéluctable, j’ai trouvé : Alain Juppé en 2015, c’est Edouard Daladier en 1938. En vérité, Alain Juppé n’est pas un traître, mais simplement un homme fatigué, incapable d’assumer l’histoire de son pays, prêt, de ce fait, à changer sa patrie pour une autre à condition que des volontaires, un peu plus vaillants que lui, prennent d’urgence ce relais.
http://www.lepoint.fr/politique/arretons-de-nous-focaliser-sur-le-foulard-islamique-dit-juppe-29-05-2015-1932229_20.php
Dans l’immense foutoir qu’est notre malheureux pays aujourd’hui, les gens comme Alain Juppé se reproduisent par une espèce de parthénogenèse débridée ressemblant à un appel au secours déguisé en dérisoires certitudes. Le moindre mot de ces satrapes usés par les excès du pouvoir évoque l’incantation aux Dieux des miracles, la supplique au puissant du moment pour que soient pris en charge leurs insuffisances, leurs reculs, leurs terreurs, leurs cliniques impuissances. Hier, l’Angleterre, aujourd’hui, l’Amérique, demain, le Qatar ou l’Egypte. La France dans tout ça ? Un outil, une clé de 12 ou de 20 pour boulonner l’opinion à la vis sans fin des ambitions personnelles. À ce jeu millénaire, les faibles finissent avec leurs rêves dans la fosse aux lions, et tant pis pour le peuple condamné qui, innocent et repu, baisse le pouce sur les gradins.


Le peuple, Juppé s’en moque comme de son premier « paquito »*. Il peut bien crever, le peuple, on va en fabriquer un nouveau avec les débris de l’ancien et les apports exogènes. Le grand métissage, un Honduras à la mesure du génie français, dont le fantôme du Bordelais sans cheveux sera un jour l’ange tutélaire. Lui, se sera retiré depuis longtemps. Ce que ses successeurs à la tête de ce désastre en auront fait l’amusera, un temps. Fossoyeur de la médecine de terroir, passant pressé de rentrer chez lui, sa dure journée de compagnon de route des Frères Musulmans terminée, il en termine pour le moment avec sa mission. Encore quelques pelletées de glaise et il prendra le vol Doha-Paris sans escale comme d’autres, un sale jour de 1938, rentrèrent en France par le Munich-Le Bourget de 13h40.
Jean Sobieski
*Paquito : rituel chanté et dansé lors des Fêtes du Sud-Ouest.

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