Algérie : Gilles Manceron (LDH) somme le gouvernement français de s’excuser, pour le plus grand bonheur du FLN

J’ai observé les 4 et 11 février 2012, Gilles Manceron lors de deux colloques  consacrés à PARIS et à NICE, cinquantenaire oblige, à la « fin »de la tragédie algérienne. C’est un homme d’apparence affable, qui n’enfle jamais la voix.

Il ne faut jamais se fier aux apparences. Gilles Manceron est un vrai »tueur »; il assène sous des airs patelins des « vérités » terribles.

La preuve: voici ce qu’il a déclaré à Alger lors d’un colloque (un de plus!) organisé du 5 au 7 juillet 2012 par le quotidien algérien El Watan : « Il faudrait que les hommes politiques (NDLR : français bien sûr!)mettent fin à leur dépendance vis-à-vis des lobbys nostalgiques de l’Algérie française »

Dans la ligne de mire de Manceron, en particulier MITTERRAND « qui, au début de son mandat, en 1980 , commence par offrir des faveurs à d’anciens officiers français impliqués avec l’OAS ».

Qu’en termes galants ces choses-là sont dites!

Deux simples observations:

1) Le début du mandat de Mitterand c’est 1981 et non 1980. Mais quelqu’un qui selon Wikipédia »n’a pas de formation historique universitaire »a bien le droit d’être fâché avec la chronologie, n’est-ce pas?

2) Gilles Manceron crache ostensiblement dans la soupe, oubliant que son oncle Claude Manceron, signataire du manifeste des 121, a été chargé de mission  auprès de François MITTERRAND de 1981 à 1995!

Mais revenons à la question essentielle que prétend poser Gilles Manceron : les hommes politiques français seraient-ils donc dépendants des lobbys colonialistes?

Dépendants de la drogue »Algérie française »comme d’autres citoyens subissent une addiction à l’alcool, aux jeux ou au sexe?

Voilà de quoi inquiéter, non?

Heureusement que le brave docteur Gilles Manceron, historien, journaliste,militant engagé de la LDH et à présent addictologue hors-pair est là et avec sa vigilance nous met en garde contre le danger qui nous guette!

Diantre ! L’alerte est chaude!

« Au lendemain de l’indépendance (dixit Manceron) l’extrême-droite a pu obtenir 5% des suffrages aux élections de France alors qu’aujourd’hui, elle atteint des niveaux de 19 à 20% »

Pour mieux se faire comprendre (toujours selon le compte-rendu du colloque d’El Watan) Gilles Manceron n’hésite pas à proclamer:

« En dehors de De Gaulle, les lobbys colonialistes ont toujours imposé leurs idées après l’indépendance et les politiques ne comprennent pas qu’il y a danger de résurgence de ces faits coloniaux ».

Conclusion de tout cela : notre « historien »se déclare contre la repentance (le millier de manifestants du 30 juin 2012 au TROCADERO, selon l’édition du journal PRESENT du 3 juillet 2012 dénonçant l’éventualité d’une repentance seraient dans l’erreur!) mais pour la reconnaissance (des crimes coloniaux).

Manceron somme notre président d’aller plus loin. Il faut que François Hollande qui déjà a rendu hommage aux victimes du 17 octobre 1961 au pont de Clichy et qui a dénoncé des propos de Jules Ferry s’oriente vers une reconnaissance forte et nette.

Et pour être tout-à-fait clair (Manceron en père sévère, persévère) « La reconnaissance doit être imposée. »

Par une nouvelle loi mémorielle?

Avec à la clef des sanctions pour les récalcitrants comme pour la loi GAYSSOT?

Ce genre de propos constitue une musique qui ne peut être que très douce aux oreilles des barbus-FLN  qui dirigent l’Algérie depuis cinquante années avec les résultats que l’on connait. L’Algérie, où, Gilles Manceron se rend très fréquemment sans jamais un regard critique sur l’épouvantable saleté qui règne à l’Alger-la-Blanche d’antan, vous savez du temps de l’horrible « époque coloniale », sur la situation de la femme algérienne, aujourd’hui mineure à vie de par le code de la famille du FLN, le code de l’infamie, sur le désespoir de la jeunesse, sur l’inexistence de la liberté de l’expression (liberté d’expression qu’il convient dorénavant de museler en France métropolitaine), sur la corruption, sur l’humiliation imposée aux Kabyles et aux Bebères, sur le terrorisme dit résiduel et sur plein d’autres choses….

Le même Manceron s’est distingué par un inénarrable morceau de bravoure; une contribution  « historique »dans le numéro  des Temps Modernes  récemment consacré aux HARKIS. Dans son texte, il ose porter une grande partie de la responsabilité de l’abandon et des massacres des harkis sur les chefs d’état-major Salan et Challe, coupables (je cite) » de poursuivre le recrutement massif de harkis ».

A ce compte-là , les irresponsables de la Quatrième République ne sont-ils pas coupables d’avoir exposé les Français d’Algérie aux représailles du FLN pour ne pas les avoir »rapatrier » avant le 1er novembre 1954? Ne sont-ils pas eux également responsables de l’abandon et du massacre des harkis puisqu’eux-mêmes ont initié leur recrutement.

Et Luther et Calvin ne sont-ils pas eux aussi coupables des morts tragiques de la Saint-Barthélémy? Après tout sans eux, pas de protestants et donc pas de guerres de religion!

Qu’un individu, comme Gilles Manceron puisse depuis des années se répandre de façon aussi extravagante dans la presse algérienne, « colloquer » un peu partout   et élucubrer dans l’édition française, atteste bien d’un certain délitement de ce qu’il est convenu d’appeler encore l’intelligentsia française (N’est-ce pas LENINE , l’auteur de l’expression « idiots utiles » qui disait que le poisson pourrit par la tête?).

Que l’on y prenne garde par la « reconnaissance », les socialistes nous imposeront demain, sans le dire, la repentance, tout comme par l’effort, ils nous imposent déjà l’austérité!

Par la même occasion, ils donneront, bien entendu un nouveau ballon d’oxygène à Bouteflika et à sa clique, sans compter l’arrivée inéluctable de nouveaux immigrants algériens, réfugiés politiques ou pas…

A qui veut-on faire croire que cela augure d’un avenir commun « serein » entre Alger et Paris?

Jean-Michel WEISSGERBER

image_pdfimage_print