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Algériens, la France ne vous doit rien, au contraire !

Lettre ouverte aux Algériens

À vous tous, merci de considérer ce qui suit :

Pendant des années, vous fûtes français, et la mère patrie ne vous a quand même pas totalement négligés. D’un désert peuplé de barbaresques, de pirates et autres aventuriers, la mère patrie vous a grandement aidés à devenir un pays plus civilisé, avec des productions industrielles et agricoles, elle vous a apporté l’école pour faire en sorte que vos enfants apprennent à lire, le français, certes, mais cette langue est quand même assez pratiquée. Elle a construit des ports, des chemins de fer, des routes ; des hôpitaux  ou des centres de soins ont été installés pour au moins vous permettre de guérir ou soulager une partie de vos maux. Et comme vous n’aviez pas vraiment une hiérarchie spécialement moderne dans vos contrées, ni de personnes rompues à la mise en œuvre des projets, des étrangers sont arrivés pour mener à bien toutes ces réalisations d’intérêt général. Il est possible que certaines de ces personnes n’aient pas été toujours compréhensives à votre endroit, mais vous pouvez aussi vous demander si vous-mêmes fûtes toujours compréhensifs vis-à-vis d’elles. Il est certain que la culture ancestrale dont vous êtes les héritiers n’était pas forcément compatible avec celle des nouveaux arrivants. Soit, la vérité, la justice, l’équilibre, sont des choses tout à fait incertaines, aléatoires ou éphémères, la vie est ainsi faite, mais au bilan, vous n’avez pas forcément été lésés, loin de là.

Puis un jour vous avez décidé que « vous étiez grands », et que vous pouviez vous débrouiller tout seuls, comme des grands, justement. Bien sûr, vous avez été aidés d’une manière fort significative par des pays étrangers – et là, vous n’avez pas dénigré ces autres venus d’ailleurs, et même, comble de l’ironie, aidés par certaines personnes de la mère patrie, celle que vous vouliez quitter justement.

On ne peut pas vous reprocher d’avoir voulu une certaine autonomie,  cela dit, vous n’étiez pas dans une prison, et vous étiez traités avec un minimum d’égards, ne serait-ce que dans le respect de vos choix alimentaires qui sont assez déterminés.

Cela fait déjà bien longtemps que vous êtes « indépendants », et vous avez eu largement le temps de faire vos preuves. Veuillez noter que toutes les infrastructures créées chez vous sont bien restées, vous n’aviez plus qu’à en profiter, à les exploiter à votre aise, tout comme si vous les aviez construites de toutes pièces.

Il est tout de même curieux de constater que depuis si longtemps, vous continuez à pleurnicher, à geindre et à mépriser celle qui vous a tant apporté, alors que vous aviez tous les atouts en mains : ne serait-ce pas un fallacieux prétexte pour camoufler une « réussite » qui tarde un peu à s’exprimer, surtout après tant d’années ?… Vous devriez y réfléchir. Réfléchir est indispensable quand on fait quelque chose qui ne marche pas, ne serait-ce que pour changer de méthode. Après, quand on n’a pas de résultats,  mais que l’on ne fait rien pour en avoir, à part accuser les autres, ce n’est pas très glorieux, et généralement, assez inefficace : là encore, vous devriez y réfléchir… Et plutôt deux fois qu’une… Accuser ceux qui vous ont tout apporté et les taxer de génocide est une insulte inadmissible et insupportable, qui ne devrait même pas être tolérée. Vos guerriers n’étaient certainement pas des héros, leurs méthodes et leur cruauté sont connues, et si certains ont été malmenés après capture, ce n’est pas forcément louable, mais a permis d’éviter des massacres. Qu’on le veuille ou non, la guerre comporte hélas son lot considérable de bassesses, les vôtres n’étaient pas forcément les moins féroces.

Vous devez considérer que votre ancienne mère patrie ne vous doit plus rien. Déjà, elle ne vous devait rien au départ, elle vous a quand même beaucoup apporté. Certes, quelques-uns se sont enrichis à titre personnel, mais pas le pays colonisateur sur l’ensemble : vous avez reçu beaucoup plus que le peu que vous avez donné. Et vous avez encore le culot de vous plaindre. Mais il est vrai que, comme tous les gosses capricieux, quand on leur donne une friandise, ils en veulent une seconde, puis une troisième, etc.

Il n’y a jamais eu de génocide, jamais d’esclavage de la part de la mère patrie, par contre, en matière d’esclavage, c’était bien la règle chez vous avant ! Et c’était même une plaque tournante de cet odieux commerce. Au fond, vous regrettez peut-être qu’il ait été supprimé ?…

Votre ancienne patrie comprend de nombreuses personnes qui désapprouvent totalement cette attitude aussi mesquine que malhonnête. Ce n’est pas parce que ses dirigeants ont usurpé un pouvoir qui ne leur appartient pas que vous devez croire que vous allez vous imposer. Les dirigeants qui viennent vous faire des courbettes, vous caresser dans le sens du poil, vous distiller des paroles qu’ils supposent apaisantes – alors qu’elles ont l’effet inverse, ne sont pas les valeurs de la Nation profonde qui refuse vos prétentions. Dans la plupart des pays, les dirigeants ne représentent qu’eux-mêmes, ils ne représentent pas les peuples qui les supportent encore, pour l’instant.

Vous vous montreriez assurément un peu plus intelligents et responsables en mettant à la poubelle vos revendications imbéciles et en vous prenant en main pour construire un pays prospère et sans avoir besoin de justifier votre absence de résultat en accusant les autres.

Il paraît qu’un farfelu est allé s’agenouiller et se recueillir sur le monument dédié à vos tueurs : sachez que sa conduite inqualifiable n’engage que lui, et surtout pas le peuple qu’il est censé représenter.

Avant de prétendre être grand, il faut déjà commencer par mûrir un peu…

Alain Bonvin