Allah dénoncé par les siens : 6. Maloum Abou Raghif et le tandem Allah-Satan

Publié le 31 janvier 2015 - par - 1 756 vues
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Allah-Mahomet-islamiste sodomieLa conception d’Allah et de Satan dans le Coran n’a pas échappé  à de nombreux auteurs musulmans ou issus de l’islam. Certains d’entre eux ont exhumé de ce livre des fonctions drôlement étranges, mais communes, attribuées à l’un comme à l’autre. De nombreuses similitudes s’en dégagent, permettant de constater l’existence d’une association, d’une collaboration, d’une complicité entre les deux, d’une coaction, comme s’il s’agissait d’un binôme qui gère en parfaite cacophonie les adeptes de l’islam.[1]

L’écrivain irakien Maloum Abou Raghif est l’un de ces auteurs ayant abordé cette question. Il contribue, depuis une dizaine d’années, aux travaux du Centre des Études et des Recherches laïques dans le Monde arabe (www.ssrcaw.org/ar/) et publie régulièrement des essais critiques axés sur l’islam, sa divinité et son prophète.

Sur son blog http://www.ahewar.org/m.asp?i=144, il s’est intéressé le 5 janvier 2014 à la conception d’Allah dans le Coran et s’est demandé, à l’instar d’autres chercheurs en islamologie, si cet Allah, dit akbar, n’est pas un véritable associé de Satan. Voici son analyse traduite de l’arabe :

« Le croyant musulman commence sa journée en se rappelant du tandem Allah et Satan. Il glorifie le premier et maudit le second, comme si l’hommage ne peut être rendu à l’un sans l’accompagner de la malédiction de l’autre. Or, c’est Allah lui-même qui a octroyé à Satan que maudissent les fidèles et les gens ordinaires à tout moment, des fonctions et des compétences jamais attribuées auparavant à l’un de ses grands prophètes ou apôtres, comme Abraham, Moïse ou Mahomet. 

« Dans l’imaginaire de tous les croyants musulmans, Satan n’est qu’un être affreux, éhonté, maléfique, horrible. Pourtant,  il demeure, selon le Coran, celui qui, parmi toutes les autres créatures, ressemble le plus à Allah, pas en image mais en qualités et compétences. Le Coran le décrit comme un être tout puissant, connaisseur du monde invisible, calé en tout, contraignant, présent partout et en tout temps. Il n’échappe jamais à l’attention et à la vigilance d’Allah. Celui-ci ne l’oublie pas, ne l’abandonne pas. Il rappelle en permanence, à l’intention des fidèles, la force de Satan et ses actions. Son Coran fuse de versets qui évoquent sa puissance. Alors comment un être ayant les qualités d’un dieu peut-il être affreux ? L’apparence ne reflète-t-elle pas ses traits essentiels ?

« Satan se distingue de tous les prophètes par sa puissance, son hégémonie et sa présence éternelle. Comme Allah, il n’est pas soumis à des règles. Il ne dort jamais. Il est omniprésent. Là où apparait le visage d’Allah, celui de Satan émerge aussitôt. Il n’est pas l’écho de la voix d’Allah, ni son esclave. Il est plutôt libre, audacieux, défiant. Il ne représente pas une réaction, mais une entité d’action équivalente en puissance et en contradiction à celle de l’action divine. Il ne s’agit pas non plus d’une réaction instantanée émergeant accidentellement face à une action divine, mais d’un acte volontaire, indépendant de la volonté d’Allah. Il est animé par un esprit de défiance et de confiance en sa puissance.

« Dans la mythologie religieuse islamique, Allah a créé Satan d’une flamme de feu. Or, cette création divine s’est arrêtée au seuil de l’incarnation identitaire, puisque Satan s’est vite libéré de l’autorité d’Allah comme de toutes les contraintes imposées aux prophètes, aux anges et aux croyants. Il s’est libéré, par sa propre force, de l’esclavage éternel qui provoque la souffrance des hommes et les conflits belliqueux entre eux. Ses actes ne sont pas prédestinés ni créés ni préfabriqués comme les actes et la destinée des hommes. Satan est créateur de ses actes comme de ses actions. Il ne tombe jamais malade. Il est infatigable et jamais soumis à la dualité destinée-chance. Il ne craint non plus la dualité punition-récompense. Il se punit et se récompense lui-même.

« Satan est libre de toute crainte, peur, phobie ou intimidation. Il n’a jamais manifesté de la peur, de l’obséquiosité, de la soumission. Il n’est l’ombre de personne sur terre, mais son propre ombre. Il ne représente pas l’image négative d’Allah, mais son antithèse, équivalente en tout à la thèse. Sinon, elle devient caduque.

« Satan dans le Coran représente le mal absolu qui fait peur aux croyants qui prient Allah en permanence afin de les protéger de ce mal. Ils croient que Satan est en mesure de mobiliser à tout moment ses soldats et ses adeptes contre eux. Il serait capable de les torturer, de les faire souffrir, de les induire dans la tentation, les péchés, l’obsession. Ils vivent davantage en état d’hallucination face à Satan que de crainte face à Allah. Tous les croyants sont obsédés et énergumènes. Dans leur imaginaire pathologique, ils prévoient le mal de Satan, nuit et jour, voire dans les rêves. Les musulmans ont peur que Satan vienne copuler avec leurs femmes, puisqu’il est  capable de coucher avec toutes les femmes de façon simultanée.      

« Satan est comme Allah. Il occupe leur cerveau et vit en permanence dans leur mémoire. Il est présent dans les mosquées et les lieux saints, comme dans les bars, les dancings et les lupanars. Il est l’associé d’Allah dans ses actes et ses actions. Si la volonté d’Allah est un acte, celle de Satan l’est aussi. 

« Si Allah souhaite une belle action, Satan s’y oppose par une autre maléfique, et vice versa. Si Allah décide d’anéantir une cité, Satan lui barre la route. Si Allah promet de châtier les gens, Satan cherche à l’empêcher. Satan n’est pas totalement rancunier, tandis qu’Allah est loin d’être aussi totalement clément. Ce phénomène semble évident, puisque la concordance des deux volontés, divine et satanique, ne s’affiche pas de façon simultanée. Il s’agit en réalité d’une unité, mais aussi d’un conflit sans intercession entre les deux.

« Satan dans la mythologie islamique n’approuve pas la volonté ni les décisions d’Allah. Il n’est non plus une suite de ses actions. Il s’oppose carrément à la volonté d’Allah. A ce niveau, on ne peut que condamner toute raison qui justifie le principe de vengeance, de torture ou de châtiment décidé par le dieu Allah. En effet, tout châtiment, quelque soit ses justificatifs aux yeux des hommes, demeure injuste, même s’il est décidé par Allah, par Satan, par un homme, par un gouvernement, par un groupe extrémiste ou par une révolution confessionnelle.

« Bien que les croyants musulmans et leurs religieux maudissent Satan, ils reconnaissent implicitement sa supériorité sur Allah dans son emprise sur les hommes. Allah apparait dans leurs prêches, leurs discours et leurs livres un dieu défait, n’ayant aucun pouvoir pour guider les gens face à la grande puissance de tentation dont jouit Satan. A l’exception du « groupe délivré » (al-firqa al-najiya) qui aurait la chance d’entrer au paradis, – bien que les religieux musulmans ne parviennent pas à trouver un consensus à ce propos – tous les habitants de la terre iront en enfer. Car, pour Allah, la vraie religion c’est l’islam.

« Pour quelle raison le dieu Allah accepte-t-il que l’homme faible soit un objet de défiance ?

« Pourquoi met-il l’homme dans une situation de défi, perdu d’avance, et lui demande de ne pas se soumettre à Satan, alors qu’il a équipé ce dernier d’armes puissantes et lui a octroyé l’éternité ?

Le pauvre être humain occupe tout son temps dans l’adoration du dieu Alah, et sollicite son aide, alors que ce dernier ne l’exauce et ne vient jamais à son secours, surtout lorsqu’il est victime de la faim, des catastrophes naturelles, des maladies contagieuses, etc. Pire encore, Allah envoie ses adeptes pour égorger les gens comme on égorge les moutons !

« Ce défi ressemble au jeu de poker où le perdant (Allah) ne reconnait jamais sa perte ?

« Pourquoi Allah persiste-t-il donc dans ce défi ? Depuis l’émergence de la vie humaine, il s’avère que Satan domine les esprits et les cœurs des hommes, de telle sorte qu’il soit devenu l’associé d’Allah, si ce n’est dans son royaume, du moins dans son emprise sur les adeptes d’Allah?…

« L’étrange dans le comportement des musulmans, c’est qu’ils ne demandent jamais à Allah de tuer Satan, ni de le faire disparaître, ni de les délivrer définitivement de ce monstre, mais uniquement de les protéger loin de ses maux !

« C’est ainsi qu’il s’avère que l’action et la création divines font partie de ce jeu de poker entre Allah et Satan. Pauvres croyants ! Ils ignorent qu’ils ne sont que des marionnettes entre les mains de ce tandem. »

Malek Sibali

[1] Dans l’une de mes publications, Allah qui es-tu ?, tant d’interrogations, faites à la lumière du texte coranique, ont été soulevées sur Allah et Satan : les deux manigancent, trompent, incitent à la sédition et à la tentation, dictent les versets et les abrogent, égarent et guident qui ils veulent, embellissent les mauvais actes, ourdissent des stratagèmes, etc. Cette interférence dans l’action de l’un et de l’autre s’avère surprenante voire sidérante.

 

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