Allemagne : Agressée par des musulmans, une écrivain refuse tout amalgame…

Publié le 25 mars 2015 - par - 2 611 vues
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Musulman-extremiste-et-musulman-modereLes douleurs, en particulier à l’estomac, s’estompent petit à petit. Ca s’améliore. Astrid Korten prend des analgésiques qui la soulagent. Bien plus difficile est le rétablissement psychique, suite au choc et à la terreur qu’elle a dû subir il y a une dizaine de jours.

A la veille de l’ouverture du Salon du Livre de Leipzig, l’auteur fut agressé par deux hommes, peu après qu’elle a tenu lecture de quelques passages de son nouveau livre, qui traitent du crime d’honneur. Au cours de l’attaque, l’un des deux hommes hurle « qu’elle est l’ennemie d’Allah ». Astrid Korten a dissimulée son agression durant une semaine. « Je voulais passer ça sous silence » déclare-t-elle, « afin de me protéger, ainsi que mes proches. » Après longue réflexion, des jours de doutes, elle s’est enfin décidée de rendre public cette agression. « Je refuse de me laisser bâillonner » lance-t-elle. Elle sort désormais du silence et raconte pour la toute première fois ce qui s’est passé ce 11 mars 2015.

Lorsque la fiction devient réalité.

Astrid Korten, 53 ans, est née aux Pays Bas à Heerlen et vit désormais à Essen. C’est à 13 ans, qu’elle écrit son premier roman policier : « Die Leiche im Brunnen » -Le cadavre dans le puits -. L’écriture devient alors une passion. Durant des années, elle travaille dans le marketing et fonde sa propre entreprise. C’est en 2004, qu’elle change radicalement sa vie, pour se consacrer à sa passion. Elle publie des romans, romans policiers, dont les plus récents sont : « Tödliche Perfektion » -Perfection mortelle-, « Eiskalter Schlaf » -Sommeil glacé- … Son dernier ouvrage, parut en février : « Plan glacé, dans les filets de la vengeance ».

« Jamais je n’aurai cru devenir victime à cause d’un thriller » confie-t-elle. Le personnage principal s’appelle Alma. Alma, au creux de sa vie se remet en question. Son travail, son mari et tout ce qui représentait sa vie privée. Alma ne veut plus être la bonne fille. Elle veut changer et rencontre, sur un chat internet, quatre femmes qui partagent ses instincts empreints de colères débridées.

Jusqu’à présent « le crime d’honneur » ne l’effrayait pas.

Les cinq protagonistes du livre perdent tout sens légal et se positionnent en tant que vengeresses des femmes. La vengeance atteint son point culminant, lorsqu’elles planifient un meurtre de sang froid, contre un Afghan, Farid Azraq, qui refuse la culture occidentale et décide un « crime d’honneur » contre sa fille. Ce passage estime Korten, est la mise en situation de deux systèmes. D’un côté, la violence absolue masculine contre les femmes et de l’autre, la vengeance féminine de sang froid qui s’affrontent. En thématisant le « crime d’honneur » aucun doute ne l’effleurait. Depuis quelques semaines, Astrid Korten, tient ses lectures, à partir de son livre, en particulier le passage sur le crime d’honneur, à Eschwege et Schweinfurt, les 9 et 10 mars. Puis, elle se rend à la Foire du Livre de Leipzig qui commence le 12 mars. Au soir du 11 mars, l’incroyable arrive. Astrid Korten, qui se rend à son hôtel se trouve soudain pressée par deux jeunes. « Ils ont d’abord commencé par m’insulter », raconte-t-elle. « Je n’ai pas réagi et continuais mon chemin vers l’hôtel, lorsque l’un d’entre eux me lance que je suis une ennemie d’Allah. Il m’était alors devenu clair qu’ils en voulaient à mon nouveau roman. »

Il a « le droit » de l’assaillir de coups de pieds

Astrid Korten appelle à l’aide et se trouve jetée au sol par un troisième agresseur qui la frappe violemment à coups de pieds dans l’estomac en criant : « Chaque homme a le droit de vous frapper à coups de pieds, puisque vous affirmez que les musulmans tuent leurs filles ! ». « Puis, ces hommes ont pris soudain la fuite. L’écrivain titubant, rencontre un couple, les prie de l’aider, mais ils passèrent leur chemin sans aucun commentaire. Dans un premier temps, Astrid Korten, renonce à appeler la police et rentre à l’hôtel. « Je n’ai rien dit à personne. J’étais comme paralysée, ne voulais pas faire d’histoires et j’avais peur. J’ai essayé d’évacuer tout ça et n’ai pas changé mon programme de lectures. » Le 14 mars, elle inscrit un post sur sa page Facebook : « Malgré mon état nauséeux, brûlante de fièvre, bourrée de médicaments, je me suis remise en état et ai pu me rendre à la Mädlervilla, aujourd’hui chez Victor. J’ai fait le plein. Un public fantastique et une très bonne ambiance. » Elle ne dit mot sur l’agression subie. Jusqu’à maintenant. « Une telle agression laisse des traces » estime Korten « et me laisse stupéfaite, car j’ai dû vivre dans ma propre chair les idées qui animent de jeunes hommes, dont l’esprit est empoisonné par l’extrémisme. Cela me laisse profondément marquée en tant qu’être humain, mais aussi en tant qu’écrivain, d’un livre, dont le ‘crime d’honneur’ n’est même pas le sujet principal, mais un des sujets. »

Terminée, l’innocence !

Elle ne peut plus passer sous silence cette affaire. Jeudi soir, huit jours après l’attaque, elle se prononce pour la première fois publiquement : « Il me paraît aujourd’hui totalement inapproprié de garder le silence, car l’intimidation aurait eu de l’effet. Je méprise cette lâcheté à laquelle j’ai été confrontée et la condamne profondément. Personne n’arrivera à me bâillonner. Je respecte la loi fondamentale, ainsi que mes concitoyens et leur droit d’expression, c’est ce en quoi l’écrivain que je suis croit. » Astrid Korten se soigne et prend des tranquillisants. Entretemps elle a enfin porté plainte, mais les agresseurs n’ont toujours pas été arrêtés. « Je ne pourrai plus me rendre à des lectures en toute innocence » dit-elle. « Désormais je me sentirai mal ». Ses prochaines lectures doivent se tenir en avril et mai. Malgré la terreur éprouvée, Astrid Korten déclare : « J’espère que cette agression ne sera pas montée en épingle pour criminaliser globalement les concitoyens musulmans. Cela me tient beaucoup à cœur, que l’on rapporte les faits objectivement et non de manière tendancieuse. » Astrid Korten travaille à un nouvel ouvrage qui traite de la criminalité économique. Cela va durer quelques temps jusqu’à ce que le livre soit terminé, comme le travail sur elle-même, qu’elle doit mener sur son agression du 11 mars.

A sa place, j’aurais eu la haine, je n’hésite pas à le dire. Que de bons sentiments …, dont je suis incapable  ! Surtout contre ce couple de passants indifférents.

Sylvia Bourdon

Traduction à partir du reportage du journal DIE WELT :

http://www.welt.de/vermischtes/article138616999/Autorin-als-Feind-Allahs-beschimpft-und-verpruegelt.html?ref=555601-skim27759X986909X521f584a145fdf3dcc5efa8b81175af0&affmt=2&affmn=1

 

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