Allemagne : Une ministre musulmane veut interdire à la presse toute critique de l’islam

Publié le 2 août 2010 - par - 211 vues
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La première musulmane occupant un poste ministériel en Allemagne vient de soulever un tollé.

Aygul Ozkan, ministre des Affaires sociales du Land de Basse-Saxe, a demandé aux médias de signer une charte les engageant à s’abstenir de reportages « racistes ». Le projet de charte stipule que les signataires devront utiliser un « langage sensible aux différences culturelles » ; qu’ils devront éduquer les lecteurs à la pensée « interculturelle » et traiter des « défis de l’intégration ». Elle a invité les grands médias à une réunion en août pour une signature publique de la charte.

Ces demandes méritent analyse. Le lecteur observera qu’elles font franchir un pas supplémentaire par rapport aux désormais classiques législations dites « antiracistes », qui « se contentent » d’interdire. Ce qui est demandé par Mme Ozkan va encore plus loin : c’est un véritable plan d’endoctrinement de la population qui est recherché. Les medias sont invités à « éduquer » leurs lecteurs (mieux vaudrait dire « rééduquer » puisqu’on parle d’adultes). Ils doivent leur dire que penser pour bien s’adapter aux particularités culturelles de populations auxquelles il n’est pas demandé de s’adapter à l’occident. Les cultures minoritaires devront recevoir comme un dû de la compréhension, de la sensibilité, sans considération pour la liberté de conscience de citoyens qui en réprouveraient certains aspects, comme la condition de la femme.

Les patrons de presse de Basse-Saxe ont accueilli par un tollé le plan de Mme Ozkan.

«C’est la tentative la plus crasse faite depuis longtemps par un politique pour dicter leur ligne éditoriale aux journaux et aux médias électroniques», a déclaré Rolf Seelheim, rédacteur en chef du Nordwest Zeitung à Oldenbourg.

Martin Gartzke, porte-parole de la radio publique NDR, a déclaré pour sa part : « Elle était peut-être bien intentionnée, mais cela nous pose problème qu’un ministre rédige un engagement et invite les medias à le signer. »

A Hanovre, Matthias Koch, rédacteur en chef adjoint du quotidien Allegemeine Zeitung s’indigne : «Nous avons déjà fait paraître une série sur l’intégration l’an dernier. Elle a remporté un prix d’une organisation turque. »

Face au tollé croissant, Mme Ozkan a lancé un appel au calme, affirmant que le texte n’est « rien de plus qu’une première ébauche pour discussion ». «Je peux comprendre la colère des gens, a-t-elle dit, mais je tiens à préciser que mon intention n’a jamais été d’empiéter sur l’indépendance des médias ».

Mme Ozkan a-t-elle simplement été maladroite ?

A mon avis, non. Elle a plutôt essayé de gagner encore un peu de terrain, de pousser le bouchon de l’islamisation obligatoire encore plus loin qu’il n’est déjà. Et elle continue d’ailleurs d’essayer, puisque son texte n’est pas retiré, mais présenté comme une ébauche.

Le problème est bien plus grave qu’une simple gaffe, car les exigences qu’elle formule vont dans le même sens que des exigences similaires formulées dans d’autres enceintes, mais à peu près au même moment, c’est à dire maintenant. Il y a donc une action concertée, une offensive décidée loin de nos regards, mais dont nous observons les manifestations quand elles se concrétisent,un jour ici, un jour là.

On peut rapprocher, car la démarche est la même, le projet de charte-média de Mme Ozkan d’un projet de résolution que le Pakistan, au nom des pays de l’Organisation de la Conférence islamique, a déposé le 16 juin devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU (les-états-musulmans-veulent-des-mesures-énergiques-de-lonu-contre-lislamophobie-en-occident.html) pour dénoncer la prétendue islamophobie de l’occident.

Ce projet de résolution mérite une attention particulière, car il fait encore un pas de plus dans la dénonciation de la liberté d’expression. Oui, vous avez bien lu : c’est bien la liberté d’expression qui est dénoncée dans ce projet de résolution. Les signataires se plaignent que « l’islamophobie » soit en train de se répandre dans les médias : c’est donc bien la teneur des idées, et leur expression, qui les gêne. Les occidentaux critiquent trop l’islam.

Le projet de résolution demande des actions positives d’endoctrinement : l’ONU se devrait « de collaborer étroitement avec les grands médias pour faire en sorte qu’ils instaurent et promeuvent un climat de respect et de tolérance envers la diversité religieuse et culturelle ». Exactement ce que Mme Aygul Lagaffe projetait de faire avec sa charte-médias.

Ce que le projet de résolution veut promouvoir, remarquez le bien, ce n’est pas la liberté de conscience, c’est la « diversité religieuse et culturelle » : toujours ces doubles fonds ! toujours ces expressions piégées !

Prenons ici le temps de l’analyse, car chaque mot compte. Mettre en avant la diversité religieuse, c’est déjà oublier les incroyants. C’est aussi éviter d’employer les expressions « liberté de conscience », ou même « liberté religieuse », qui impliqueraient le droit de n’avoir pas de religion ou d’en changer. Mais ce n’est pas tout, puisque le projet de résolution parle de diversité religieuse ET CULTURELLE. Donc, ici, la religion et la protection dont elle jouit sert à tirer derrière elle des arrières-plans culturels sans limites précises, ayant pour seul mérite d’être « divers » par rapport à l’occident, c’est à dire non occidentaux, sans que soit posée la question du droit d’inventaire que le citoyen occidental pourrait vouloir exercer par rapport à ces importations exotiques.

Pour ceux qui penseraient que ce serait une bonne idée de promouvoir, partout dans le monde, l’idée de respect de la diversité religieuse (mieux vaudrait dire : de la liberté de conscience, mais passons, provisoirement) on fera remarquer que tel n’est pas le but du projet de résolution. Les seul pays visés sont les pays occidentaux . Le Pakistan, s’exprimant au nom des 57 nations de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), a déclaré que le rapporteur spécial du Conseil en matière de liberté religieuse doit rechercher ce type de racisme « tout particulièrement dans les sociétés occidentales ».

Le projet de résolution, demande par ailleurs au rapporteur spécial de faire des recommandations au Conseil des droits de l’homme quant à la manière dont les mesures coercitives pourraient être mises en œuvre, toujours contre les occidentaux et eux seuls..

Cette intensification de la police de la pensée s’observe également dans l’inadmissible résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe intitulée Islam, islamisme et islamophobie (Islam-islamisme-et-islamophobie-au.html). Cette résolution demandait déjà la mise en oeuvre de tout un travail de réécriture de l’histoire pour faire attribuer à l’islam une supposée contribution à la naissance de l’humanisme européen moderne :

« Les États membres devraient favoriser l’enseignement des religions, de manière à sensibiliser l’opinion publique à l’origine et aux valeurs communes du judaïsme, du christianisme et de l’islam, ainsi qu’à leur incidence sur l’humanisme européen moderne. Les établissements d’enseignement supérieur et de recherche en Europe devraient faire de l’islam une matière d’enseignement afin de former les universitaires, enseignants et responsables religieux et d’établir une distinction entre islam et islamisme. »

Nous sommes donc bien devant une offensive concertée que nous voyons se déployer sur plusieurs terrains, et non devant une maladresse individuelle.

Qui est notre « gaffeuse » ?

Aygul Ozkan est âgée de 38 ans, elle est avocate et mère d’un petit garçon.. Elle est entrée en politique en 2004 et appartient au parti chrétien-démocrate, qui lui a confié ce poste il y a trois mois, à l’occasion du remaniement ministériel du 27 avril 2010. Elle est en charge des affaires relatives aux femmes, à la vie de famille, à la santé et à l’intégration.

Ses parents avaient immigré de Turquie en Allemagne avant sa naissance.
Malgré sa carrière fulgurante, elle n’oublie pas de se plaindre de xénophobie :

« Si je fais du shopping dans une épicerie fine de Blankenese (un quartier riche de Hambourg – Note de l’éditeur), je suis toujours traitée différemment des clients de type allemand classique », a-t-elle déclaré au Hamburger Abendblatt, un journal local, il y a quelques années.

Elle est la première personne d’origine turque à accéder à des responsabilités gouvernementales en Allemagne. Et elle n’a pas mis longtemps à montrer où était sa vraie patrie de coeur et où se situaient ses vraies loyautés !

Trois mois plus tôt, et avant même la prise d’effet de sa nomination, Mme Ozkan avait déjà provoqué un premier esclandre en prônant le retrait des crucifix des écoles publiques.

« Les symboles chrétiens n’ont pas leur place dans les écoles publiques », a-t-elle déclaré dans un entretien paru dans l’hebdomadaire « Focus ». « L’école doit être un lieu neutre », a-t-elle ajouté, précisant que le voile n’avait « rien à faire » non plus dans une salle de classe.

A priori, de telles demandes nous seraient sympathiques, à nous laïcs, à condition toutefois qu’elles ne recèlent pas de double fond. Or, tel semble bien être le cas. Leur but, tel qu’on peut l’analyser avec trois mois de recul, semble bien être de promouvoir l’islam et non la laïcité. L’affirmation de Mme Ozkan selon laquelle elle rechercherait la neutralité, est bien peu crédible quand celle-ci, à peine trois mois après sa nomination, envisage un véritable programme de rééducation de la population.

En tous cas, la lutte contre la présence de crucifix n’ayant pas vocation à être la priorité la plus absolue d’un parti chrétien, les réactions au sein du parti chrétien-démocrate furent vives.

« Les symboles religieux, en particulier la croix, sont considérés par l’exécutif régional comme le signe d’une éducation empreinte de tolérance, sur fond de valeurs chrétiennes », a réagi le ministre-président de Basse-Saxe, Christian Wulff, qui était pourtant à l’origine de la nomination de Mme Lagaffe.

D’autres réactions ont été beaucoup plus virulentes. Le responsable des questions d’intégration du groupe parlementaire des Unions chrétiennes, Stefan Müller, issu de la CSU, la frange bavaroise et conservatrice de la CDU, a qualifié les positions de Mme Lagaffe de « tellement aberrantes que c’en est effrayant ».

« Des responsables politiques qui voudraient bannir les crucifix des écoles devraient se demander s’ils ont vraiment leur place dans un parti chrétien-démocrate », a-t-il ajouté.

Le « cercle des chrétiens engagés » du parti de la chancelière Angela Merkel a été encore plus catégorique en affirmant que « l’expérience consistant à faire d’une femme musulmane une ministre de la CDU en Basse-Saxe semble avoir échoué avant même d’avoir débuté ». Selon les médias allemands, la future ministre a reçu des menaces de mort et a été placée sous protection policière.

Mme Özkan a toutefois reçu également quelques soutiens au sein de la CDU. Le ministre en charge de l’intégration en Rhénanie du Nord-Westphalie, Armin Laschet, a salué, dans sa nomination, un signe augmentant « la crédibilité de la CDU » dans ce domaine.

La nomination de Mme Lagaffe précédait de peu les élections du 9 mai, à l’issue très incertaine pour les conservateurs dans cet État régional qui compte une forte population d’origine turque.

Questions : quand on se débrouille pour provoquer deux esclandres en trois mois de fonctions, est-on véritablement qualifié pour un poste ministériel ? un Allemand de souche qui gafferait au même rythme resterait-il ministre ?

Comment ça se dit, en allemand, « discrimination positive » ?

Martine Chapoton

allemagne-une-ministre-demande-aux-médias-dagir-en-bons-dhimmis.html

Muslim-minister-s-media-manners-plan-triggers-German-storm
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/04/26/97001-20100426FILWWW00382-allemagnecdu-tolle-contre-une-ministre.php

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