Amiens : Le cancre du marxisme Mélenchon confond lumpen-prolétaire islamisé et travailleur…

Publié le 20 août 2012 - par - 1 951 vues

« Non ! Ce n’est pas la jeunesse qui est en cause. C’est le contraire. C’est quelques personnes. Et je vais dire à ceux qui foutent le feu à un gymnase ou une bibliothèque : ce sont des crétins. (…) nous les rejetons. Ils nous foutent la honte à tous. »

En quelques phrases, on n’aura jamais lu et entendu autant de confusionnisme mêlé à une sourde angoisse pour l’avenir proche.

Mélenchon relève, je le cite encore : « que la situation dans les quartiers est intenable. (…) c’est insupportable d’avoir concentré dans le même endroit autant de difficultés ».

Citant ensuite le Maire de Clichy-sous-Bois, l’ancien candidat à la présidence rajoute : « (qu’) il n’y aura pas de retour à la normale, parce que c’est la normale qui est anormale ».

La pirouette « dialectique » vient là pour tout embrouiller.

Elle sort du chapeau du bateleur de foire, du camelot jouant à l’homme politique : elle est destinée à faire « marxiste » et à renvoyer dos à dos les incendiaires, caillasseurs de CRS et de pompiers, agresseurs d’automobilistes tirés de force hors de leur voiture brûlée ensuite, ayant battu la campagne environnante pour y tomber à bras raccourcis, ou plutôt à barre de fer raccourcie, sur un paysan sur son tracteur, et les différentes victimes de ces sinistres personnages qu’on s’est efforcé – dans les médias et les communiqués taubiro-hollandistes – à faire passer pour des « jeunes », sans autre élément de détermination.

Parlons-en de la normale et de la concentration de situations de difficultés…

Ce n’est plus un secret pour personne : que la masse des salariés n’a plus accès au logement social. Elle n’est quasiment jamais prioritaire, et les systèmes de plafond l’écartent définitivement de l’accès à ces six pièces tous confort – livrés neufs, à la suite de démolitions de barres et de reconstructions financées par l’ANRU (l’agence nationale pour la rénovation urbaine, en d’autres termes, l’argent des impôts de tout un chacun) – dont le reste à charge, après action de l’APL, peut-être de quatre-vingts euros en région parisienne.

Qui accède au confort social à très, très bon marché ?

Il ne le sait pas notre bon ami Mélenchon ? Lui qui pousse une « gueulante » contre les effets de ce que ses amis et lui même ont instauré ?

C’est vrai, en évinçant la classe ouvrière classique, on n’a plus affaire à des « maisons » ou « cités ouvrières », on n’a plus affaire à des communes ouvrières.

Dans les cités ouvrières, dans les villes ouvrières, le capital avait concentré toutes les difficultés. Et elles étaient autre chose que celles de ces « jeunes » qui ne sont pas – ça j’en suis d’accord avec Jean Louis Mélenchon – Les « Jeunes », La Jeunesse, mais leur contraire.

Ces « quartiers », pour employer le nouveau terme convenu pour parler de ces zones d’anciennes villes ouvrières, deviennent des quartiers ethnico-religieux. Ce sont des « quartiers » où il devient malvenu, pour deux policiers, de contrôler et verbaliser une « jeune » roulant en sens interdit, surtout si une famille musulmane tient une cérémonie pour un défunt à l’endroit. Si c’est le cas, la loi doit impérativement être mise en chômage technique.

Ce sont aussi des quartiers où un élu, un député, ne peut plus faire la campagne électorale qui le fera réélire, sans risquer de se faire injurier et menacer s’il ne quitte pas immédiatement un lieu qui n’est plus la France, un lieu où n’est plus chez lui, l’élu français en campagne. Ici, t’es pas chez toi, t’es chez moi, s’est entendu affirmer haut et fort cet élu député des Yvelines, par un homme qui n’était cependant plus de la première jeunesse.

Notre ami Mélenchon ne s’inquiéterait-il pas, sous son propos volontiers provocateur ? « Y nous foutent la honte ».

Il fut une époque lointaine, qui vit l’ancien candidat du Front de gauche, se réclamer de la révolution russe de 1905-1917. Aurait-il tout oublié ?

En Russie, des chômeurs, ou des déclassés, voire des paysans sans terre, regroupés dans les faubourgs misérables des cités russes, se livreront à des actes furieux, à des violences assassines sur la personne des Juifs. Il y avait des jeunes, parfois et même souvent, parmi ce que Marx appelait le « lumpen prolétariat » ou prolétariat déclassé.

Que la raison du déclassement soit strictement économique, purement religieuse ou soit constituée par un mixte, le fait est là. La classe des travailleurs des villes et des campagnes n’a pas à avoir « la honte » pour les agissements du lumpen prolétariat. Elle doit les combattre.

Dans la révolution russe, les bolcheviks et leurs alliés, les « socialistes révolutionnaires » de gauche, les mencheviks de gauche comme de droite, les SR de droite ou du centre, les bundistes, les troudovik et la plupart des groupes anarchistes, approuveront ou comprendront que l’on envoie la garde-rouge armée ou l’armée rouge elle-même, contre les groupes makhnovistes qui confondaient érection de libres communes paysannes collectivistes et pogromes. Les uns et les autres souscriront aux mesures les plus énergiques contre la pègre des villes, tous ceux mettant le faux-nez rouge ou noir de l’anarchisme de la « récupération individuelle » pour dévaliser les passants ou cambrioler les pauvres voisins ou les riches des autres « quartiers ».

Aucun socialiste ni aucun anarchiste sérieux, ne sombra dans le ridicule mélenchiste trouvant qu’à Amiens « on lui fout la honte » en brûlant école, gymnase, voitures d’ouvrier et/ou de chômeur, en caillassant les pompiers, la police et les passants…

Néanmoins, je rajouterai que si Mélenchon doit tonitruer pour désavouer et ne pas approuver la pitoyable déclaration du Maire d’Amiens, c’est que les années de Mitterrandie n’ayant pas complètement  détruit les connexions entre ses neurones, il pense encore.

Il voit et il entend. Il marque une inquiétude

Ouvrons ici une parenthèse : la chute du nationalisme arabe socialisant, en la personne du parti Baath syrien, va alimenter en armes de combats les réseaux islamistes dont les figures « politiques » vont peut-être bien réussir à faire à Damas comme au Caire, comme à Tunis, comme à Tombouctou, comme à Bengazi. Elle va crédibiliser les prédicateurs qui ici appellent à plus d’audace pour en découdre en France même.

Mélenchon, quand il était un bébé politique, s’est nourri au biberon de l’internationalisme marxiste

Il regarde donc les choses avec une perspective globale. C’est pourquoi ce discours est à écouter et lire par ses deux bouts. Il est un discours de mise en garde encore discrète ; celle d’un homme qui voit lui aussi que les apprentis sorciers de la taubiritude, du hollandisme et des autres précédents gouvernements, ont ouvert des vannes – par leur lâche impuissance – dont se nourrit quelque chose qu’il faut appeler par son nom : une contre-révolution !

C’est une contre-révolution dont la base sociale active, comme toute contre-révolution, est constituée par le lumpen prolétariat, un lumpenprolétariat vivant ici, et dont les bailleurs de fonds n’est pas la classe dirigeant locale. La nouveauté qui déroute est que le capital financier concerné est présentement une fraction de classe dirigeante, aspirant à gouverner avec des moyens non-démocratiques, issue de ce nouveau capital purement impérialiste exporté depuis les émirats et l’Arabie wahhabite.

Alain Rubin

Print Friendly, PDF & Email

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi