Amnesty International Akbar !

Publié le 27 avril 2012 - par - 3 112 vues
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Amnesty vient de publier un rapport (http://www.amnesty.org/fr/library/asset/EUR01/002/2012/fr/7e03b713-89d0-4134-818a-0cb003d42422/eur010022012fr.pdf) pour dénoncer les atteintes à la liberté religieuse. En Arabie Saoudite ? Aux Maldives ? En Chine ? Au Soudan ? En Algérie ? Non, en France, en Suisse, en Belgique et en Espagne !

« Au cours des dix dernières années, certains partis politiques européens ont donné une image négative des musulmans et de leurs pratiques religieuses et culturelles » (p. 2)

Ah tiens, et quand Amnesty s’est insurgé contre l’image négative des non-musulmans que donnent « certains imams » dans leurs prêche du Vendredi ?

« Toute personne a le droit de ne pas être soumise à des pressions visant à lui faire porter lesdits signes ou tenues » (p.3)

Cela inspire une petite devinette : y a-t-il plus de cas de femmes martyrisées pour les obliger à porter le voile ou bien pour les obliger à l’enlever ? Est-ce que cette noble organisation a des statistiques sur le sujet ? Dans certains pays musulmans, comme l’Arabie Saoudite, le voile est obligatoire, Amnesty s’active-t-elle contre cette « pression visant à faire porter aux saoudiennes lesdites signes ou tenues » ?

« Chaque individu doit être libre de décider s’il souhaite ou non porter des signes ou des vêtements particuliers du fait de ses convictions religieuses, de ses coutumes culturelles ou pour tout autre motif » (p.3)

Bien. Un individu dont les convictions le pousseraient à arborer en toutes circonstances une cape de templier, voire un brassard à croix gammée serait donc soutenu par Amnésie s’il subissait des pressions pour l’en empêcher, ou serait discriminé à cause de ce « vêtement particulier » ?

« Des femmes portant des signes et vêtements religieux et culturels se sont notamment vu refuser des emplois car leur apparence aurait « déplu aux clients », « nui à l’image de l’entreprise » ou n’aurait pas « respecté le principe de neutralité » (p. 5)

N’importe quel conseil en recherche d’emploi vous expliquera qu’il est préférable de ne pas venir avec des piercings pour être hôtesse d’accueil, en tenue punk pour être guichetier dans une banque, ou en drag queen pour postuler à un poste d’agent de sécurité : Amnésie a-t-elle publié un rapport pour dénoncer ces insupportables discriminations prêchées dans tous les « Pôle Emploi » ?

« La règle générale devrait être celle de la présomption du droit des élèves de porter des signes religieux à l’école » (p.6)

Ah bon ? N’importe quel signe religieux ? En vertu de quoi ? Et pourquoi pas des signes politiques, aussi ? Voire des slogans, ou bien des drapeaux ? Au nom de quoi Amnésie prétend-elle limiter la liberté du peuple français d’imposer la neutralité dans ses sanctuaires de la République ?

« La Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant dispose que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale dans toutes les actions concernant les enfants » (p.6)

Doit-on comprendre que, pour Amnésie, il est dans l’intérêt supérieur de l’enfant de se voir endoctriné, imposé l’idée qu’il y a un dieu qui lui a donné des cheveux mais ne veut pas qu’il les montre ?

Certains religieux prétendent qu’il faut exciser les filles, au nom de la liberté religieuse, Amnésie va-t-elle défendre cette coutume ? Que pense cette organisation de la circoncision imposée à des enfants : cette petite opération est-elle effectuée dans leur « intérêt supérieur » ?

« La restriction concernant le port de tenues et de signes religieux et culturels dans certaines écoles peut s’avérer légitime si elle permet de lutter contre les actes d’intimidation sexistes à l’égard des filles qui ne portent pas le voile, là où le phénomène est observé. Toutefois, il est peu probable qu’une interdiction totale soit une mesure proportionnée, surtout si elle conduit des filles à abandonner toute scolarisation » (p.7)

La position d’Amnésie est ici claire comme de l’eau de Zam-zam : l’organisation subodore que des pressions existent pour forcer des filles à porter le voile, mais cependant considère qu’il faut quand même autoriser son port. Elle devrait se pencher sur les minutes de la commission Stasi, dont certains membres, réticents à légiférer au départ, ont changé d’avis tant les témoignages de pression étaient nombreux ! Les rédacteurs de ce rapport n’ont visiblement pas passé autant de temps à étudier la question…

« En Espagne, par exemple, une adolescente musulmane de 16 ans s’est vue interdire d’assister aux cours du lycée public de Pozuelo de Alarcon, en banlieue de Madrid, parce qu’elle portait le voile. »

Belle inversion du discours ! Pourquoi le rédacteur n’a-t-il pas plutôt écrit :

« En Espagne, par exemple, une adolescente musulmane de 16 ans s’est vue obligée d’enlever son voile pour assister aux cours du lycée public de Pozuelo de Alarcon, en banlieue de Madrid » ?

Il ne l’a pas écrit parce que pour lui, comme pour les islamistes, il n’est pas concevable qu’une fille enlève son voile, comme si celui-ci faisait partie de son essence : en écrivant sa phrase comme il l’a tournée ne légitime-t-il pas les violences faites aux femmes qui refusent le port de ce voile ?

« Les États doivent veiller à ce que les groupes religieux aient véritablement la possibilité de construire des lieux de culte. » (p.8)

Et, bien entendu, c’est en Espagne, en Suisse, en Belgique et en France que cette possibilité n’est pas véritable ? Aveuglement International ne voit pas d’autres pays (un peu plus au sud-est, voire au sud tout court…) ou cette possibilité n’est même pas évoquée ?

« Dans le cadre de l’élaboration de ces plans, les autorités doivent garantir que des dispositions prévoient des espaces pouvant être dédiés, si nécessaire, à la construction de nouveaux lieux de culte, tout comme des dispositions prévoient des espaces pour les autres équipements nécessaires aux habitants »

Selon Amnésie, les plans d’urbanisme doivent donc prévoir la construction de mosquées au même titre que les hôpitaux, les écoles ou les bibliothèques…  Or, tous ceux qui s’intéressent à ces questions savent que ce qui pose problème, ce n’est pas le manque de mosquées, c’est la volonté communautariste des musulmans d’avoir une mosquée pour « les Algériens », différente de celle « des Marocains », qui elle-même doit être distincte de celle « des Comoriens ». Qu’est-ce qu’Amnésie prévoit pour les plans d’urbanisme ? Un recensement préalable des différentes « communautés » ? Une mosquée par musulman, pour plus de sûreté ?

Sur le voile intégral, Amnésie n’hésite pas : « Toutefois, en l’absence de tout lien tangible entre menace à l’ordre public et port du voile intégral, une interdiction de celui-ci risque de constituer une violation du droit à la liberté d’expression, et du droit à la liberté de religion ou de conviction. »

Puis, plus loin, grand écart : « Les États doivent donc prendre des mesures pour protéger les femmes face à toute tentative de les contraindre à porter le voile intégral contre leur gré ou d’exercer des pressions sur elles dans ce sens. » (p. 10)

Le rédacteur est-il naïf au point de penser que si la burqa ou le niqab sont autorisés, l’État pourra prendre des mesures pour protéger de leur barbu celles qui ne voudront pas le porter ? En ouvrant un numéro vert ? En faisant des campagnes de pub à la télé ou en distribuant des tracts devant les écoles ? Qui aurait cru qu’en 2012, Amnésie ferait campagne pour défendre l’enfermement des femmes, la considération que tous les hommes sont des mouches qui ne pensent qu’à fondre sur les sucettes que sont les femmes ?


Traduction : “Vous ne les arrêterez pas, mais vous pouvez vous protéger. Votre Créateur connait votre intérêt mieux que vous”

(http://nawaat.org/portail/2008/06/30/pour-eloigner-les-hommes-couvre-ton-corps/)

 

« Les musulmans sont victimes de discrimination sur le marché du travail, même dans les pays où la discrimination fondée sur la religion ou les convictions est illégale. On refuse aux femmes musulmanes des emplois uniquement parce qu’elles manifestent leur appartenance à une religion, une culture ou des coutumes en portant des tenues couramment associées à l’islam »(p.11)

On sait que l’islamisme violent s’appuie volontiers sur la victimisation pour pousser ses activistes à l’action : les « Forsane Alizza », les Mohammed Merah et autres Khaled Kelkal, n’ont-ils pas justifié  leur violence par le fait que les islamistes seraient prétendument victimes, que tant que leurs revendications communautaristes ne seraient pas pleinement satisfaites ils seraient fondés à les appuyer par la force ? A quand le prochain fanatique antisémite sponsorisé par Amnésie ?

Les recommandations, en p.12, ne devraient pas être désavouées par Qaradawi lui-même (en ce qui concerne l’islam, évidemment, parce que les autres religions c’est de la « mécréance ») :

« Les gouvernements doivent garantir que les entreprises du secteur privé n’interdisent pas le port de tenues et de signes religieux et culturels »

Bon, on va pouvoir travailler en minijupe dans les restaurants hallal alors ? Comme serveuse à la grande mosquée ? Pionne au « lycée Averroès » ?

« La Commission européenne doit surveiller l’impact de la discrimination en matière d’emploi à l’égard des femmes appartenant à des minorités ethniques et religieuses »

D’ailleurs une autre source de discrimination sournoise consiste de la part des employeurs à exiger souvent que leurs employés parlent la langue du pays: c’est insupportable ! Faisons cesser cette source de discrimination, au moins pour les arabophones qui devraient pouvoir travailler n’importe où en Europe, à n’importe quel poste, sans avoir besoin de parler une autre langue.

« Les gouvernements doivent éviter de mettre en place des interdictions totales du port de tenues et de signes religieux et culturels dans le cadre scolaire »

Donc des interdictions partielles, on a le droit ? C’est trop gentil, merci Amnésie ! Le rédacteur a-t-il lu le rapport Obin ? (ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/rapports/rapport_obin.pdf)

« Les autorités gouvernementales doivent engager une véritable consultation des groupes religieux et des autres associations locales afin d’évaluer leurs besoins lorsqu’elles élaborent ou révisent les plans locaux d’urbanisme »

Et qu’est-ce qu’un « groupe religieux » ? J’ai un ami qui a monté une petite secte : « les joyeux adorateurs du lumignon sacré (bénie soit sa lumière éternelle) ». Pourra-t-il lui aussi exprimer ses revendications en matière de besoin de lieux de culte ? Son livre saint préconise pour le culte bisannuel un hectare par adepte, de façon à ce que le saint lumignon (bssle) puisse s’épanouir.

« Les autorités ne doivent pas refuser la création d’un nouveau lieu de culte uniquement au motif que certains habitants du quartier concerné s’y opposent »

Ah oui, quels salauds, ces « certains habitants » ! Et même si les « certains » deviennent « la majorité », il faut quand même passer outre. Créons de nouveaux lieux de culte, ce sera toujours ça que les islamophobes n’auront pas !

« Les autorités doivent faire comprendre que la création de lieux de culte est un composant essentiel du droit à la liberté de religion ou de conviction, et elles doivent lutter contre les stéréotypes relatifs aux mosquées »

Ah tiens ? Et en consacrant quel budget à cette salutaire œuvre de propagande ?

Je croyais ne plus m’étonner de rien : merci à cette organisation autrefois admirable de m’avoir prouvé le contraire… Espérons que tous les républicains qui finançaient jusqu’alors cette association  versent dorénavant leur obole à des œuvres moins orientées…

François Lahab

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